Micro-finance et développement socio-économique : Une équation réussie

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le 24.06.16 | 21h00 Réagissez

En trois ans, l’ONG a accordé quelque 4567 microcrédits et 2629 prêts d’honneur et a accompagné 3161 jeunes dans la création de leurs projets.

 

La transition démocratique, en Tunisie, a permis de focaliser davantage l’intérêt sur l’apport de la société civile dans la promotion du développement socio-économique et dans la lutte contre le chômage, la précarité et la disparité régionale. Les organisations non gouvernementales ont été enfin reconnues, non plus comme étant des mécanismes facultatifs mais plutôt en tant qu’alternative à même de compenser les innombrables défaillances des institutions gouvernementales et de puiser de la proximité et du bénévolat pour épauler les communautés les moins averties et les plus vulnérables à surmonter le cap de la marginalisation et de la discrimination régionale et sociale.

Taysir microfinance Sa et Taysir Conseil sont les fruits d’un projet mis en place, en 2014, suite à l’initiative d’un homme d’affaires tunisiens et de l’ONG française « Aide Internationale ». Ces deux ONGs disposent les petits acteurs économiques, notamment les petits entrepreneurs, des moyens financiers et autres, d’accompagnement technique nécessaires à la création de leurs projets et au développement de leurs régions respectives. Il s’agit, en effet, de venir en aide aux personnes qui ont du mal - faute de formation professionnelle et de maîtrise des abc de l’entrepreneuriat - afin qu’ils puissent intégrer la vie active, réaliser leurs rêves, gagner en autonomie et contribuer à la dynamique socio-économique de leurs régions. 

 

Redonner de l’espoir à ceux qui l’ont perdu

Implantées dans six régions jugées prioritaires, soit en raison du déficit de développement à savoir le Kef, Siliana, Beni Khalled et Kairouan, soit en raison de l’importante population précaire, installée dans les quartiers défavorisés du gouvernorat de Tunis et celui de Ben Arous, Taysir s’active depuis sa création à substituer la disparité régionale et de développement par des opportunités nouvelles, rentables et applicables, tout en veillant sur la valorisation du savoir-faire typique à chaque région.

Aussi, use-t-elle d’une discrimination positive en faveur de trois catégories de bénéficiaires-cibles : les jeunes âgés de moins de 35 ans et qui ont du mal à accéder à la vie professionnelle faute de moyens ou de CV hors paire, les femmes qui veillent sur l’harmonie familiale et sur la sécurité alimentaire de leurs ménages et qui, travailleuses et appliquées, gagnent la confiance des sources de financement, et enfin la population vivant dans les zones rurales ; des zones qui manquent dans la majorité des cas des facteurs élémentaires à une vie digne, notamment l’eau potable, l’électricité, l’infrastructure de base et tout ce qui est susceptible de garantir les besoins rudimentaires d’une communauté.

 

Les résultats de trois ans d’activisme

Des pas considérables ont été franchis depuis trois ans, au profit d’une population qui ne demande qu’un coup de pouce pour mettre le pied à l’étrier. Selon les données fournies par Taysir et arrêtées le 30 avril 2016, quelque 4567 microcrédits et 2629 prêts d’honneur ont été octroyés. Ces derniers représentent des crédits complémentaires dont le taux d’intérêt est nul. Outre ses prestations financières, elle a réussi à accompagner quelque 3161 futurs entrepreneurs. Notons que 53% des bénéficiaires de ces services appartiennent à la gent féminine. Par ailleurs, 46% des clients de Taysir sont des jeunes âgés de moins de 35 ans. Quant à la population rurale, elle représente 47% des prospects.

Parallèlement, et en vue de mieux lutter contre le chômage tout en répondant aux exigences du marché de l’emploi et acclimater l’implantation des nouveaux projets aux ressources naturelles spécifiques aux régions prioritaires, Taysir s’engage dans l’amélioration de la production locale de certains produits alimentaires à forte valeur ajoutée. Les filières laitière apicole font l’objet deux projets : le projet  «  Hlibna » et le projet «  Asalna ».

 

 

Dorra BEN SALEM, La Presse, Tunisie