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Prévention des infections à pneumocoque et à méningocoque

Sans la vaccination, l’impact risque d’être très lourd

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le 26.11.17 | 12h00 Réagissez

De notre envoyée spéciale à Rabat (Maroc)

Le sommet maghrébin de pédiatrie, qui s’est tenu les 11 et 12 novembre à Rabat, au Maroc, sous le thème «La prévention des infections à pneumocoque et à méningocoque», a relancé le débat sur la problématique de la réticence à la vaccination dans les pays du Maghreb.

Les pédiatres tunisiens, marocains et algériens sont unanimes à souligner l’importance de la vaccination, qui, selon eux, est une arme fatale contre certaines maladies contagieuses qu’on voit malheureusement revenir dans les pays développés, ou, pour  quelques-unes, qui ont été éradiquées depuis des années, signale Pr Abdelatif Bensnousi, président de la Société algérienne de pédiatrie. Il estime que des efforts restent encore à fournir pour assurer une couverture mondiale contre certaines maladies, dont l’impact est foudroyant.

La couverture vaccinale mondiale contre la rougeole est seulement de 64% et les infections à pneumocoque de 42%, regrette-t-il, tout en s’interrogeant sur la situation des populations dont les pays sont en guerre. Il revient ainsi sur les ravages de l’épidémie de grippe de 1918, où on a enregistré près de cent millions de morts, a-t-il précisé. Pour lui, il est interdit de baisser la garde face à des infections que l’on peut prévenir par la vaccination pour justement éviter leur propagation, les handicaps et la mortalité, tout en revenant sur les maladies éradiquées en Algérie par la vaccination, dont la poliomyélite, grâce à un calendrier national de vaccination qui comporte 12 vaccins et l’obligation de la vaccination qui est instituée depuis 1963. Un programme national de santé publique qui a le plus de succès.

Le professeur Bensnousi redoute la réapparition des maladies déjà éradiquées, comme la rougeole et autres affections si l’on continue à hésiter et à rejeter la vaccination.

En France, 24 000 cas de rougeole et 10 décès ont été enregistrés en 2016, a-t-il indiqué. «Il s’agit d’un réel problème de santé publique qu’il ne faut pas négliger. Face au refus et à l’hésitation des populations de se faire vacciner, on risque de plonger dans des situations catastrophiques en matière de santé publique, voire des coûts élevés pour la prise en charge des conséquences de ces maladies évitables. L’impact risque d’être très lourd», prévient-il.

Et d'ajouter : «La maladie est plus grave que les incidents vaccinaux.». Il a ainsi appelé à la sensibilisation des populations et des personnels médicaux sur les bienfaits de la vaccination.

«C’est important de communiquer, d’informer et de dire vrai. Il faut parler sans hésitation ni gêne de la vaccination et de ses effets secondaires», a-t-il insisté. Pour Pr Robert Cohen, pédiatre et infectiologue du CHI Créteil et professeur associé à l’université Paris-Est à Créteil, en France, il n’y a pas de démocratie sanitaire.

«La vaccination a montré incontestablement ses bienfaits contre des maladies redoutables. Il y a des questions sur lesquelles les scientifiques sont aujourd’hui d’accord, à savoir que la vaccination est le meilleur moyen d’éradiquer des maladies et réduit considérablement la fréquence de certains germes, comme le pneumocoque. Tout cela est démontré et il ne faut pas prendre en compte les rumeurs qui circulent sur internet», a-t-il souligné, et de relever qu’il y a peu d’ opposants aux vaccins, ils ne représentent que 1 à 2% de la population, «ce qui est insignifiant».

Professeur Cohen signale qu’il y a, par contre, des personnes hésitantes et qui se posent beaucoup de questions, car il y a des rumeurs amplifiées sur internet qui imputent l’apparition de certaines maladies à la vaccination, comme les maladies auto-immunes, l’autisme, la sclérose en plaques et la mort subite du nourrisson.

«Ceci ne repose sur aucune étude scientifique sérieuse, car lorsqu’on compare le nombre de cas de ces maladies apparues chez les personnes vaccinées et non vaccinées, on retrouve le même nombre. C’est pareil lorsqu’on compare à quel moment apparaît  la maladie, à savoir juste après ou pas, le résultat est le même.

J’affirme que les vaccins ne provoquent pas ces maladies», a-t-il affirmé. Docteur Corine Levy, médecin attaché au centre de recherche clinique du CHI de Créteil et directrice médicale du groupe Activ (Association clinique et thérapeutique infantile du Val-de-Marne) estime que «les réticences à la vaccination ne sont portées que par très peu de gens qui sèment le doute. Beaucoup de parents arrivent chez le médecin avec plein de questions effectivement, mais cela n’empêche pas de faire vacciner leurs enfants une fois que les explications leur sont fournies. C’est pourquoi, le ministre de la Santé a instauré l’obligation de la vaccination, qui était plutôt un choix raisonné, car les parents n’ont pas les compétences pour décider, on ne peut pas leur laisser le choix.

Il s’agit d’un problème de santé publique qui relève des experts et la décision leur revient», a-t-elle souligné, en faisant référence à la vaccination contre le pneumococique, dont la réduction des méningites, des septicémies et autres infections invasives est considérable. Ainsi, les experts sont unanimes à dire que la morbidité et la mortalité causées par les infections à pneumocoque et méningocoque, thème du sommet maghrébin, ont considérablement baissé depuis l’introduction de la vaccination dans plusieurs pays en développement et depuis une année en Algérie et au Maroc en 2010.

Une stratégie préventive menée par les vaccins, conjuguée à un impact certain sur les populations, a-t-on encore précisé. Professeur Smaïl Mesbah, infectiologue et ex-directeur de la prévention au ministère de la Santé, a souligné qu’un suivi de l’impact de cette vaccination est instauré. Il consiste en la notification obligatoire de toutes les maladies répertoriées dans le calendrier vaccinal, et disposer d’un plateau de référence au niveau de l’Institut Pasteur pour le diagnostic microbiologique. Le challenge aujourd’hui, a-t-il souligné, est de savoir comment asseoir de façon performante le dispositif de surveillance dans une approche réseau. 

Djamila Kourta
 
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