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Au cœur de l’usine de stylos à insuline de Sanofi à Francfort

Plus d’un million d’unités sont fabriqués chaque jour

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le 30.04.17 | 12h00 Réagissez

 
	Cette chaîne de production travaille d’arrache-pied, H24, 7 jours sur 7, y compris les jours de fête.
Cette chaîne de production travaille d’arrache-pied, H24, 7...

Le diabète est assurément le mal du siècle, une maladie qui touche de plus en plus d’êtres humains.

D’ailleurs, à en croire les dernières statistiques de l’OMS, ils seraient, aujourd’hui, quelque 415 millions de diabétiques de par le monde. Un chiffre plus qu’alarmant et qui promet, au fil des décennies qui viennent, d’aller crescendo. Pour se soigner, les diabétiques sont généralement traités par les antidiabétiques oraux ou à l’insuline. Laquelle est vendue sous forme de stylos injecteurs.

C’est donc dans cette optique que le géant pharmaceutique Sanofi a organisé un voyage-média, à Francfort (Allemagne), au profit de journalistes venus de plusieurs pays. Le but de ce voyage est de faire découvrir au grand public, par le biais des médias, le rôle de Sanofi dans la lutte contre le diabète. Sanofi, en effet, passe pour être le leader mondial dans le traitement du diabète, et c’est justement dans l’immense parc industriel de Francfort qu’est implantée l’usine de Sanofi, la plus grande au monde, qui produit de l’insuline.

En effet, plus d’un million de stylos à insuline sont fabriqués quotidiennement dans cette usine, répartis entre deux types : le Lantus et le Toujeo, et cela à partir seulement d’un kilo de poudre blanche (ou poudre d’insuline), extraite d’une bactérie traitée et nourrie au glucose. Ces stylos, en plus de satisfaire la consommation locale, sont exportés vers plus d’une centaine de pays. Aussi, ce n’est pas un hasard si ce gigantesque parc industriel, appelé à la base Frankfurt-Höchst, a choisi de se donner pour nom Insulin City.

Quand on le visite, on se rend compte très vite qu’il s’agit bel et bien d’une ville à l’intérieur de la ville. Une véritable fourmilière au service de la santé, qui emploie pas moins de 7750 travailleurs, répartis entre les services de  recherche, de développement, de production et de fabrication, sans oublier le secteur administratif.
A Insuline City, des allées sont aménagées, des constructions, identiques à  celles qui constituent une «vraie ville», sont érigées, et on trouve même des abribus, laissant à penser que pour se déplacer de tel endroit à tel autre, il faut emprunter des transports en commun internes, tant le site est étendu sur plusieurs dizaines d’hectares.

Toutefois, pour peu que nous ne fassions pas partie de la maison, ce n’est pas une sinécure pour pénétrer dans cette ville de l’insuline. Ici la rigueur est de mise. Bien que réunis au sein de la même usine, le Lantus et le Toujeo sont fabriqués dans deux sites de production différents. (A titre de comparaison, le Lantus est le produit le plus distribué et demandé par les consommateurs, alors que Toujeo, lancé seulement depuis deux ans, se veut un produit «haut de gamme», de forte concentration et beaucoup moins répandu de par le monde que le Lantus). Quand nous avons visité les deux sites de production, nous nous sommes rendu compte à quel point il était difficile d’accéder dans le lieu où ces fameux stylos sont fabriqués.

En effet, comme on doit pénétrer dans un espace hautement sensible, il est nécessaire, en guise de protection, d’endosser une blouse et de porter un casque pour protéger ses cheveux. Des lunettes protectrices sont aussi de rigueur, et pour ceux qui ont une barbe, ne serait-ce qu’une petite barbichette, on leur impose de porter, là encore, à cet effet, une protection. A l’intérieur, le montage d’un stylo insuline comporte 14 procédures. Nos accompagnateurs allemands, qui nous ont servi de guides, nous ont expliqué que cette chaîne de production travaille à pied d’œuvre, 24h sur 24, 7 jours sur 7, y compris les jours de fête. Avant que le stylo à insuline ne soit mis sur le marché, son conditionnement passe par 14 étapes de montage.

Cela va du traitement d’une bactérie, à l’aboutage dans les stylos, avant d’être mis en boîte et étiqueté. «Nous achetons du glucose et nous le faisons manger à une bactérie», explique notre accompagnateur, non sans humour. Cette bactérie se transforme alors en poudre blanche avec laquelle est fabriquée l’insuline. Il suffit d’un seul kilo de cette poudre pour produire 1 million de stylos. Plus précisément, ce sont 400 stylos à insuline qui sont fabriqués par minute.

Rien que ça ! Il faut relever qu’il y a un peu plus d’une décennie, soit en 2006, lorsque le groupe Sanofi ambitionnait, à Francfort, d’atteindre une telle performance à long terme avec sa nouvelle usine, onraillait et on se moquait de ses responsables , qu’on prenait même pour des fous. Aujourd’hui, le temps leur a donné raison, et c’est avec fierté qu’ils se targuent d’avoir conçu une usine ultra-sophistiqué, qui parvient à un volume de production de plus de 44 tonnes d’insuline journellement, soit plus d’un million d’unités. Parce que moderne et ultra-sophistiqué, c’est le moins que l’on puisse dire de cette usine, sachez que pour ce qui est de l’assemblage, ce sont des chariots robotisés, -des robots en somme-, qui s’y collent.

Le recours à ces robots pour assurer l’assemblage est une nécessité, nous explique-t-on, car ainsi, «on réduit fortement les erreurs de manipulation, et par le fait même, les accidents de travail». Fait amusant : pour signaler leur passage, ces robots, tout en travaillant, émettent de la musique à pleins décibels, ce qui a tendance, plus ou moins, à favoriser une ambiance bon enfant durant le travail. Bien que tout (ou presque) soit automatisé, ce n’est pas pour autant qu’on se montre, ici, léger sur les contrôles. Bien au contraire, l’entreprise est à ce point tatillonne et pointilleuse que tout stylo injecteur d’insuline passe par plusieurs contrôles minutieux et n’est emballé et mis sur le marché qu’une fois qu’on s’est assuré qu’il peut être utilisé par le patient en toute quiétude.

Et puis, il faut savoir qu’en plus du million de stylos produits par jour, Insulin City prend soin de garnir, continuellement, un stock de stylos injecteurs d’insuline qui peut tenir jusqu’à 6 mois, et cela afin d’éviter toute pénurie «qui fera risquer la vie des patients».

Akram El Kebir
 
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