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Maladie hydatique : Comment renforcer l’action après le congrès d’Alger

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le 15.10.17 | 12h00 Réagissez

 
	Pour la troisième fois depuis 50 ans, c’est l’Algérie qui a été au centre du monde de l’échinococcose et le congrès tenu à Alger entre le 4 et le 7 octobre par la SAEH  et la WAE est une occasion renouvelée d’alerter les autorités.
Pour la troisième fois depuis 50 ans, c’est...

Pr Karima Achour-Ameur

(*) Présidente de la Société algérienne d’échinococcose hydatique (SAEH)
(*) Présidente du 27e congrès de l’association mondiale de l’échinococcose (WAE)

Actuellement en Algérie, la seule option thérapeutique pour l’homme est la chirurgie, alors que les recommandations internationales, dont celles de l’OMS, préconisent l’adjonction d’un traitement médical à la chirurgie pour prévenir les récidives.

Par contre, chez l’animal, il n’existe aucun réel programme pour gérer les chiens errants à l’origine de ce fléau et le vaccin animalier n’est pas disponible. Ce sont quelques-uns des enjeux-clés de cet événement scientifique majeur. Il doit être l’occasion de sensibiliser les institutions et les personnels de santé, mais aussi toute la population au problème de santé publique et aux conséquences socio-économiques des échinococcoses pour mettre en œuvre des programmes de lutte contre cette maladie, dans le but ultime de l’éradiquer.
Prolonger au Maghreb l’onde positive du congrès d’Alger

La Société algérienne d’echinococcose hydatique (SAEH) vient d’organiser son premier congrès national qui a été couplé au 27e congrès de l’Association mondiale de l’échinococcose (WAE). L’Association mondiale d’échinococcose est une organisation non gouvernementale (ONG) dédiée à l’étude et la divulgation de tous les aspects liés à l’échinococcose afin de lutter contre cette maladie à l’échelle mondiale par tous les moyens scientifiques.

Etaient présents plus de 150 éminents spécialistes de plus de 30 pays, ainsi que les représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/WHO), l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS/PAHO), l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et les différents groupes de travail sur l’échinococcose. Il est important de se rappeler que l’épidémiologie et le contrôle de l’échinococcose sont directement liés aux aspects sociaux, politiques et économiques.

L’impact socio-économique de l’échinococcose kystique est lié à l’infection des êtres humains et aussi du bétail. Mais chez nous, l’évaluation épidémiologique est difficile et en particulier la quantification des pertes économiques. Le fait est dû non seulement au manque ou à l’inadéquation des données, mais aussi à l’absence de systèmes standardisés, d’où l’intérêt d’installer un registre de déclaration pour les humains atteints et un autre registre de déclaration pour calculer les cas d’animaux porteurs.

Dans notre pays, il existe plusieurs raisons sociales qui favorisent le développement de l’échinococcose kystique, à savoir :

- la trop grande promiscuité des familles avec leurs troupeaux ;
- la transhumance et le commerce des animaux, ainsi que l’utilisation des pâturages communs et des lieux de consommation ;
- l’existence de chiens de rue ou errants, qui se nourrissent de restes d’abattage ;
- les abattages illégaux et la consommation de viande non contrôlée ;
- la mauvaise éducation sanitaire du personnel des industries animales et agricoles et de la population en général ;

Dès le départ, la tâche de notre association était de véhiculer l’information. Cette information est mentionnée dans le rapport de l’OMS qui a publié les graves pertes socio-économiques résultant de l’échinococcose dans les pays où elle est endémique, et qui a déterminé la mise en œuvre de programmes de lutte pour minimiser et éradiquer la maladie.

En Algérie, il faut qu’on reconnaisse l’importance de l’échinococcose en tant que problème de santé publique, et notre demande aux ministères de la Santé et de l’Agriculture est de mener une analyse de la situation comme point de départ d’actions à l’avenir. Cette analyse porterait principalement sur la mise en œuvre d’un diagnostic précoce et sur la constitution d’un réseau de surveillance de base couvrant les êtres humains et les animaux en vue de connaître la charge actuelle de morbidité. Il faut aussi intégrer la prévention, l’endiguement et le traitement de l’échinococcose kystique dans ses plans économiques et de développement.
 

Le traitement médical, une priorité de la SAEH

Parmi ses priorités, la SAEH a commencé à œuvrer pour la mise à la disponibilité du patient le traitement médical, d’autant plus qu’il existe des possibilités de fabrication nationale. Concernant l’animal, la recherche mondiale est actuellement tournée vers les études génétiques pour la fabrication de vaccins. Et la SAEH s’implique totalement dans cette voie par ses experts biologiques et vétérinaires.
Il faut savoir que les pays voisins et africains comme le Maroc, le Soudan, le Kenya ont commencé à travailler en partenariat avec l’OMS depuis bien longtemps.

Exemple : le Maroc qui est en concertation avec l’OMS a achevé un projet visant à décentraliser le diagnostic et les techniques thérapeutiques et à promouvoir la stratégie PAIR (Ponction, aspiration, injection, réaspiration) dans les zones rurales et d’hyperendémie. En complément, il a mis l’accent sur la prévention chez l’animal et dans le secteur de la sécurité sanitaire des aliments. Les efforts de l’OMS s’appuient depuis 1985 sur le Groupe de travail informel de l’OMS sur les échinococcoses (WHO-IWGE) qui ont permis de publier des recommandations pour le diagnostic et le traitement des échinococcoses, qui sont les seules actuellement à avoir un impact international et à servir de référence pour la prise en charge de ces maladies pour lesquelles la médecine fondée sur les preuves a du mal à s’imposer.

Chez l’homme, en plus de l’indisposition physique que la maladie cause, il faut considérer les risques inhérents à son traitement qui, dans la plupart des cas, implique une intervention chirurgicale avec des complications et des séquelles possibles, voire même la mort. Mais, l’échinococcose n’est pas seulement grave et dangereuse pour la santé publique ; c’est aussi un problème économique. Chez les animaux, outre les effets directs de la maladie qui peuvent causer leur mort, il faut noter la qualité de la viande, la diminution de la production de lait et de laine, et la réduction des taux de natalité. Il faut aussi mentionner la perte occasionnée par le rejet des viscères et des carcasses au moment de l’abattage et, également, le coût de leur destruction. L’importance de ces pertes justifie de mettre en œuvre des programmes de lutte contre la maladie et des programmes de contrôle de son efficacité.

La venue de la WAE à Alger, une opportunité.
Pour rappel, la Maladie hydatique (MH) communément appelée kyste hydatique ou Echinococcose kystique, est une des plus fréquentes zoonoses dans le monde. C’est un fléau impliquant l’environnement, l’animal et l’homme. C’est une maladie ubiquitaire qui peut toucher tous les organes du corps humain.

Le Congrès (XXVIIe de la WAE) est revenu pour la troisième fois en Algérie grâce notamment à l’engagement appréciable de sponsors nationaux, comme Sonatrach et l’Unop. Il a été une opportunité pour relancer la concertation avec les autorités dans tous les programmes liés à la législation sanitaire, à l’éducation, à la culture, à l’investigation scientifique et à l’amélioration technique dans le domaine de l’échinococcose. Il a permis également de promouvoir l’échange international de connaissances et d’idées dans le domaine de l’échinococcose.

 

 
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