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Des médicaments détournés pour le dopage sportif

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le 24.12.17 | 12h00 Réagissez

En Algérie, 1,33% des  athlètes contrôlés durant l’année 2016  étaient positifs,  contre 1,29% en 2015 et 1,11% en 2013.

De plus en plus d’athlètes cherchent à augmenter leurs capacités physiques et musculaires dans un sport de compétition, à l’aide de médicaments détournés de leur usage ou de compléments alimentaires. C’est le constat fait par les participants à une journée d’étude ayant pout thème «Le sport, la société et le dopage», organisée, lundi dernier, par la faculté de médecine de Tizi Ouzou, en collaboration avec la Commission nationale antidopage (CNAD).

Xavier Bigard, professeur agrégé du Val-de-Grace et conseiller du président de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), a relevé que le dopage est un véritable fléau qui touche tous les pays et contre lequel il faudra lutter pour l’égalité des chances dans le sport. «La première justification de la lutte contre le dopage est le maintien de l’équité, faire en sorte que le sportif concoure avec ses qualités. Il s’agit également de veiller sur l’état de santé des athlètes. Il faut anticiper les nouvelles menaces. Des médicaments sont détournés de leur usage pour améliorer les performances.

La lutte contre ce fléau est parsemée d’embûches. Les challenges sont multiples, scientifiques et sociétaux. Des politiques de prévention réfléchies sont indispensables». Sur un autre plan, Pr Bigart a alerté sur les effets secondaires des stéroïdes anabolisants, notamment les risques cardiovasculaires, des substances ergogéniques utilisées pour augmenter les performances ou la capacité de travail.

Dans sa communication intitulée «Des pratiques dopantes à l’organisation des politiques antidopage, Patrick Trabal, sociologue, enseignant-chercheur à l’université Paris-Nanterre, a insisté sur la nécessité de créer, avec les institutions internationales, des dispositifs de lutte pour défendre les valeurs et les principes de la pratique sportive. Qu’en est-il de ce fléau du sport moderne dans notre pays ?

Selon Dr Redouane Mekacher, président de la Commission nationale antidopage, en Algérie, le dopage n’est pas encore arrivé à un stade professionnel, mais avec la volonté des autorités publiques d’augmenter le nombre de sportifs faisant partie d’une association ou d’une équipe sportive, la tentation aux conduites dopantes risque de croître.

D’après des statistiques de la CNAD pour l’année 2016, 1,33% des effectifs sportifs contrôlés dans 17 disciplines étaient positifs, contre 1,29% en 2015 et 1,11% en 2013. Près de 80% des athlètes contrôlés étaient des hommes. Le taux enregistré à l’échelle mondiale est de 1,20%. Selon le même rapport, 1059 sportifs ont été contrôlés en Algérie depuis 2013, dont 244 durant l’année en cours, sans en préciser les résultats. La plupart des tests effectués ont eu lieu lors des compétitions.

Les stéroïdes anabolisants, les stimulants et les diurétiques sont parmi les produits les plus consommés par les sportifs. Se basant sur une étude qu’il avait menée, Dr Mekacher a fait savoir que des cas de dopage ont été enregistrés au niveau des lycées sportifs, où la prévalence des pratiques de dopage se situe entre 1,1% et 4,5% pour les cas contrôlés positifs. Le président de la CNAD a rappelé les efforts consentis par l’Algérie pour lutter contre le dopage.

«Depuis quelques années, les autorités algériennes se sont engagées pour lutter avec fermeté et par tous les moyens contre les pratiques de dopage dans le sport. En effet, après la ratification en 2006 de la Convention internationale de l’Unesco contre le dopage dans le sport et la création de la Commission nationale antidopage (CNAD) en 2011, le gouvernement algérien a adopté une nouvelle loi (13-05 du 23 juillet 2013) relative à la pratique sportive et dont la lutte antidopage est un volet fondamental de ce texte législatif».

Evoquant les perspectives de la commission qu’il préside, M. Mekacher a annoncé l’introduction, dans les années à venir, du passeport biologique de l’athlète. Ce document électronique permet de relever les résultats de contrôle antidopage subis par un sportif, ainsi que ses profils hématologiques et endocrinologiques. L’autre projet envisagé par la CNAD est la création d’un centre nationale antidopage.

Dans son allocution, le doyen de la faculté de médecine, Pr Messaoudi Abdelkrim, a souligné «l’importance du thème débattu lors de cette rencontre pour réfléchir sur les meilleurs moyens de lutter ensemble contre ce fléau». Le vice-recteur de l’université, Mouloud Mammeri, a souligné pour sa part que le dopage est une affaire de société, dont les effets pervers ne laissent personne indifférent. «La pratique sportive a des limites et des normes qu’il ne faut pas dépasser», dira-t-il en substance.

 

Ahcène Tahraoui
 
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