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Journée nationale des hépatites

Appel à la mise en place d’un programme national de dépistage

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le 14.01.18 | 12h00 Réagissez

Accessibilité à toutes et à tous au traitement contre les hépatites B et C, disponibilité de plateaux techniques performants et de moyens de diagnostic, tels que le PCR (appareil pour la charge virale et le fibroscan), sont les points débattus, hier, lors d’une journée d’étude organisée à l’occasion de la célébration de la Journée nationale des hépatites par l’association SOS hépatites, qui appelle les pouvoirs publics à renforcer la mise en place de ces moyens pour une meilleure prise en charge des patients.

«Comment peut-on évaluer le stade d’une fibrose si le fibroscan est en panne ? Malheureusement, c’est le problème rencontré dans certains centres de prise en charge depuis plusieurs mois», relève le Pr Saâdi Berkane, chef de service de gastro-entérologie à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger et président de la Société algérienne d’hépato-gastro-entérologie et d’endoscopie digestive. L’éradication de cette maladie, tel que préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), passe obligatoirement par tous ces préalables.

Pour ce faire, le Pr Berkane recommande également un dépistage de masse et des populations, car les hépatites B et C constituent un sérieux problème de santé publique. C’est à travers le dépistage qu’on peut traiter le plus de patients et espérer éradiquer, notamment, l’hépatite C.

Il a expliqué qu’il y a plusieurs populations à risque élevé qui sont concernées par ce dépistage, à savoir : les travailleurs du sexe, les usagers des drogues, les malades hémodialysés, les professionnels de santé, etc. Il est donc important, selon lui, de mettre en place une stratégie de dépistage à la fois ciblée et systématique en direction des populations vulnérables, en favorisant l’accès aux soins.

«Comme il est aussi important, selon certaines études, de mettre en place une stratégie de dépistage systématique de la population en général et un plan national d’élimination de l’hépatite C», a-t-il indiqué. Et de signaler que l’Algérie est sur la bonne voie dans la prise en charge de l’hépatite C avec les traitements fabriqués localement, dont les résultats sont spectaculaires, avec un taux de réponse de 95%.

Le directeur général de la prévention au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Dr Djamel Fourar, a, quant à lui, rappelé tous les efforts consentis dans la prise en charge de ces maladies. Il a souligné que les hépatites B et C constituent effectivement un problème de santé publique, elles représentent entre 2000 et 2500 cas par an pour l’hépatite B et 700 à 900 nouveaux cas par an pour l’hépatite C.

«Nous sommes parmi les pays à moyenne endémicité et les résultats de l’enquête de l’Institut national de santé publique a révélé, en 1998, une prévalence de 2,5%», a-t-il souligné, et de signaler que de nombreuses actions ont été menées depuis quelques années, entre autres, l’introduction du vaccin contre l’hépatite B depuis 2003 dans le calendrier national de vaccination et le renforcement des mesures de prévention, telles que l’installation obligatoire des autoclaves dans les cabinets dentaires. Il est aussi important, a-t-il ajouté, de renforcer les instructions de prévention et de lutte dans les milieux de soins. Il est également essentiel de développer et de renforcer l’information, l’éducation et la communication envers la population à propos des agents de transmission pour mieux se prémunir.

Cette journée s’inscrit, selon le président de SOS hépatite, Abdelhamid Boualag, dans le cadre de la sensibilisation de la population sur cette maladie silencieuse qui «prend de l’ampleur dans notre pays», a-t-il noté. Cette sensibilisation va d’abord vers les porteurs de virus, pour attirer leur attention sur les précautions à prendre pour éviter la transmission. «Il doivent savoir qu’il ne faut pas partager les objets personnels (rasoirs, brosses à dents, etc.) avec les autres membres de la famille.

Cette journée est également une occasion», a-t-il souligné, d’interpeller les autorités de santé sur les insuffisances auxquelles font face tous les jours les praticiens pour assurer la prise en charge des patients, en l’occurrence la rupture des stocks des médicaments (l’immunoglobuline) destinés aux nouveau-nés dont la maman est porteuse de l’hépatite B, ainsi que le manque d’appareils de diagnostic, le PCR et le fibroscan, etc. M. Boualag appelle ainsi à la mise en place d’un programme national de dépistage des hépatites B et C «notamment dans les zones encore endémiques (Tipasa, Khenchela, Béchar, El Tarf, M’sila, Barika et Tébessa)», a-t-il-indiqué, avant de déplorer l’arrêt du programme de la greffe du foie pour manque de plateaux technique adéquats.

L’OMS se concentre sur l’éradication de l’hépatite C

Les hépatites virales causent chaque année des millions de morts dans le mode. Pour contrer la maladie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se concentre sur la prévention, le dépistage et l’accès aux soins. l’OMS demande aux pays, pour traduire leur engagement, de continuer à étendre les services pour éliminer l’hépatite.

Cette semaine, l’OMS a également ajouté un nouveau traitement générique à sa liste des médicaments pré-qualifiés contre l’hépatite C, afin d’étendre l’accès à la thérapie ; elle fait également la promotion de la prévention par la sécurité des injections : un facteur essentiel pour la réduction de la transmission des hépatites B et C.

En 2016, l’Assemblée mondiale de la santé a approuvé la première stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale pour aider les pays à intensifier leurs actions. Les nouvelles données de l’OMS indiquent que plus de 86% des pays examinés ont fixé des cibles pour l’élimination de l’hépatite et plus de 70% ont commencé à élaborer des plans nationaux pour permettre l’accès à une prévention efficace, au diagnostic, au traitement et aux services de soins.

«Pour faire de l’élimination de l’hépatite une réalité, les pays doivent accélérer leurs efforts et augmenter leurs investissements dans les soins indispensables.

Il n’y a tout simplement aucune raison pour que des millions et des millions de personnes n’aient pas été encore dépistées et ne puissent pas avoir accès à un traitement dont elles ont absolument besoin», a signalé le Dr Gottfried Hirnschall, directeur à l’OMS du département VIH/sida et du Programme mondial de lutte contre l’hépatite.

A noter que dans le monde, il y avait 325 millions de personnes affectées par l’hépatite en 2015, dont 257 millions par l’hépatite B et 71 millions par l’hépatite C, les deux principaux facteurs de mortalité parmi les cinq types d’hépatite.

L’hépatite virale a provoqué 1,34 million de décès en 2015, un chiffre proche du nombre de morts par tuberculose et dépassant celui des décès liés au VIH, signale l’OMS. Et de rappeler que la transmission du VHC et du VHB peut également se produire lors des rapports sexuels non protégés et de la mère au nouveau-né.
 

D. K.
 

Djamila Kourta
 
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