le 26.01.12 | 01h00 23 réactions
«On ne juge pas du mérite d’un homme seulement par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il en sait faire.»
Un parcours professionnel impressionnant peu connu en raison de la discrétion de son auteur, tellement réservé qu’il frise l’effacement. La timidité de l’homme, légendaire, rime avec simplicité et modestie.
Natif de la chaleureuse et hospitalière ville d’El Goléa, au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Brahimi reste sans doute l’une des figures de proue de la société pétrolière Sonatrach, étant l’un de ses plus anciens serviteurs. Il s’est lancé très jeune dans l’odyssée de l’or noir. Du haut de ses 73 ans, il nous décline son curriculum vitae, livrant un itinéraire flamboyant entamé en 1956. Ce mécanicien raté, car il est arrivé dans le domaine du forage presque par pur hasard, alors qu’il espérait suivre les traces de son père graisseur, a fait du chemin pour devenir l’un des foreurs les plus connus à travers le monde, sollicité ici et là pour son expérience et ses compétences reconnues.
Il avait 15 ans, et son premier travail comme aide-géologue auprès de la Compagnie des pétroles d’Algérie, filiale de la Shell, consistait à préparer les échantillons pour les spécialistes «mais ses regards envieux étaient constamment rivés vers la sonde qui exerçait en lui un attrait fascinant. Plus d’un demi-siècle après, cet attrait est toujours entier», confie l’un de ses anciens collègues, Charif Ahmari.
Brahimi a pleinement réussi, et la réussite n’est-elle pas souvent qu’une revanche sur le bonheur ?
Un destin unique
Les circonstances de l’époque l’ont grandement aidé. C’était la ruée vers l’or noir nouvellement exploré. Symboles du boom économique dans les années cinquante, les puits pétroliers avaient attiré des milliers de travailleurs courageux, délaissant leur milieu naturel et bravant moult entraves pour rejoindre ces nouveaux eldorados. Ils ont travaillé dur, au péril de leur vie parfois, solitaires, mais toujours solidaires pour former une communauté forte et fière à la fois.
Mohamed s’engouffra dans cette voie avec cette ambition de percer dans le métier de foreur. Son supérieur l’encouragea à prendre des cours d’anglais et l’inscrivit à un cycle de formation où l’on dispensait des cours de chimie et de physique.
En 1956, il décrocha son premier poste d’ouvrier de plancher. Le soir, il lisait des revues, des manuels et des notices spécialisés. Puis il obtint son premier excellent résultat, le poste de second, puis celui de maître-sondeur de forage.
C’était le premier Algérien à se hisser à ce niveau. Son irrésistible ascension ne pouvait s’expliquer seulement par ses connaissances acquises dans le cadre de sa scolarité et le stage de 3 mois effectué en France. C’était plutôt cette part d’intelligence qui a aidé M. Brahimi à accéder à ce niveau de l’échelle, et c’est ce qui a présidé à la décision de ses responsables de l’initier à l’organisation des chantiers de forage. Comme le pétrole ne coule pas de source, on imagine les énormes efforts consentis pour l’extraire de sous terre. Mohamed réussira son pari. Faire aisément ce qui est difficile aux autres, n’est-ce pas là la marque du talent ? En 1957, notre foreur est affecté dans la région de Hassi Messaoud puis dans la région d’Ohanet. Le souvenir vivace est parasité par des images dures, parfois dramatiques. On n’oubliera jamais les gerbes d’étincelles qui s’écrasent sur le visage, les fumées acres respirées malgré soi, la chaleur torride, bref, les pénibles conditions dans lesquelles les foreurs travaillaient.
Après avoir suivi un stage de formation en qualité d’élève maître-sondeur à l’Institut français du pétrole, il exerça de 1960 à 1966 en qualité de chef de poste (maître-sondeur) à la compagnie languedocienne des pétroles.
Reconnaissance méritée
Sa curiosité l’entraîna à se perfectionner dans le forage dont il devint vite l’un des techniciens les plus doués. Il fut détaché auprès de l’équipe de Red Adair entre 1961 et 1962, chargée de maîtriser la grande éruption de l’époque à Gassi Touil, appelée le «briquet du diable». La mission a duré huit mois, jusqu’à la maîtrise totale du sinistre. La flamme atteignait 160 m de haut. Et lorsque Sonatrach vint au monde en 1966, Mohamed n’hésita pas un instant à rejoindre la grande entreprise algérienne qui l’affectera à Hassi Messaoud puis à El Borma. Dans cette dernière station, ils ont dû patienter de longs mois sous une chaleur suffocante dans un décor uniformément plat, avant de voir le premier jet de ce liquide noir tant précieux.
En 1962, promu chef de poste, il appréhenda sa nouvelle mission. C’est alors qu’un sage lui susurra à l’oreille qu’il n’en fallait pas beaucoup pour réussir : juste un peu de connaissances, beaucoup de patience et plein de bon sens.
En 2002, Mohamed fait partie de la délégation algérienne à un forum en Irak. Il est présenté au ministre irakien du Pétrole comme expert des hydrocarbures avec ses 40 ans d’expérience. Le ministre irakien rétorqua : «Ce monsieur n’est pas expert, c’est un champion.» En fait, Brahimi a été honoré par l’immense Red Adair, le pompier volant qui a émis cette sentence fort élogieuse, un jour en pleine tourmente, dans ce généreux désert algérien : «Je suis le Brahimi américain lui Brahimi, c’est le Red Adair algérien.»
Son temps libre, Mohamed le consacrait à la maîtrise de l’anglais : «Un géologue hollandais, me voyant attiré par tout ce qui était écrit dans la langue de Shakespeare, m’a donné plus que des rudiments dans cette langue. Cette langue me passionnait à telle enseigne que je déchiffrais tout ce qui me passait sous le nez, jusqu’aux notices des équipements. J’étais très curieux. Et parce que je parlais anglais, Red Adair me remarqua en novembre 1961 lors de l’éruption de Gassi Touil.»
Un exemple de sérieux
Brahimi venait de surgir dans le domaine des éruptions de puits de pétrole. Ce gigantesque feu a duré 167 jours. Recruté par Aït Lhoussine en 1966, notre homme a passé sa carrière à éteindre les incendies pétroliers sur les chantiers de forage. En langage de foreur, on appelle cela une éruption, une venue ! Brahimi peut s’enorgueillir d’avoir travaillé aux côtés du spécialiste américain et pionnier, Red Adair, puis il a collaboré avec Richard Hattburgh et Budd. Leurs techniques s’appuient sur l’utilisation des explosifs, des canons à eau, de la boue, des engins de transport avec treuils.
En 2004, il prend sa retraite, mais ses connaissances et son expérience sont sollicitées par Red Med. «J’ai assisté à une table-ronde en mai 2010 dans le cadre de l’OTC (Offshore technologie conférence) aux USA. J’ai été consulté pour donner mon avis sur l’éruption survenue sur la plateforme en offshore de BP dans le golfe du Mexique.» Son procédé était d’étouffer le feu par les profondeurs ou le principe des vases communicants. Mohamed avait représenté l’Algérie en tant que consultant chez Red Med. Bien que globalement satisfait de son parcours, Mohamed a un regret, celui de n’avoir pas eu la chance de monter un puits-école à l’ENTP – le projet a failli être lancé sur une ancienne plateforme qui devait servir de lieu de simulation. L’encadrement existant à loisir, M. Achek, qui s’occupait déjà de la prévention des éruptions, était dans le programme. Cette idée a germé lors d’une visite d’un centre de simulation en Italie près de Milan.
«C’est un puits de valeurs humaines, son immense bonté n’a d’égale que sa profonde modestie. Rieur, plaisantin, humain, il a toujours un mot réconfortant pour les autres», témoigne Abdeslam Benmesbah qui l’avait connu déjà en 1972. «Vif d’esprit, Mohamed avait toujours une solution pour décoincer l’outil et relancer la mécanique.
Personnellement, j’ai beaucoup appris à ses côtés. Non seulement, c’était le doyen, mais c’était pratiquement un père pour nous, un homme exemplaire, que ce soit dans le travail, dans la discipline ou dans la conduite de tous les jours. Je me souviens de sa mission à Nezla à quelque 130 km de Hassi Messaoud, où il est parti avec MM. Djenane et Ghelghoum. Ils ont préparé un programme pour maîtriser un immense incendie – le risque était grand et le danger omniprésent – Mohamed a eu plusieurs missions de ce genre. Toujours couronnées de succès.» On s’imagine les flammes dantesques qui jaillissent dans la nuit illuminant l’horizon. Le feu est partout, le risque est incalculable.
Et Brahimi, qui n’a pas les moyens des Américains ni leur lourde logistique, se débrouille toujours grâce à un système D, propre à lui, pour étouffer le feu. Parmi ses idées-force, qu’il s’échine à appliquer sur le terrain, Brahimi nous exhorte «à apprendre à partir des erreurs des autres, car on ne vivra jamais assez longtemps pour les faire soi-même. Les bonnes idées n’ont pas d’âge, elles n’ont que de l’avenir», répète-t-il.
C’est le message que Mohamed veut adresser à la jeunesse algérienne qui ne doit compter que sur elle-même pour assurer son avenir. «Il faut surmonter les contraintes liées à la modernité, car les jeunes ont tendance à céder au prêt-à-porter technologique et numérique et négliger l’esprit créatif.»
Paroles sages d’un homme qu’il a toujours été.
brahimi mohamed
A l'ENTP il reste un bel exemple
Vous dites pétrole ?
Dommage qu'il ait excellé dans une matière qui a perverti les algériens.
Le genie et la chance
je parie que s'il a fait ses debuts avec les notres personne n'entendra parler de lui heureusement qu'il a commenser sa carierre avec des gens de metier qui ont su reconnaitre le genie en lui et n'ont pas ... la suite
Les relents FLN des années 70
Ce portrait est paternaliste. Il, y a des millions de Brahimi en Algérie. C'est un homme respectable, honnête et qui accumulé une expérience qu'il n'a jamais su mettre en valeur. Il est apprécié par ses ex ... la suite
Pouvait mieux faire
J' ai travaillé avec Brahimi à partir de 1972. Ce pro-américain n' a jamais levé le petit doigt pour défendre un autre algérien. Plus grave encore je ne me souviens pas de lui comme ayant transféré son ... la suite
Le forage ce n’est pas une rigolade
C’est le travail des hommes solides et rigoureux. J’étais en première année élève ingénieur à l’I.A.P et stagiaire sur une plateforme de forage à Stah 5 non loin de la frontière libyenne. Je faisais mon ... la suite
le doyen de tous les temps
effectivement c'etait un monsieur dans toutes les techniques du forage ,l'instrumentation et bien sur tout ce qui est une eruption non controlée ,c'etait le top du diable rouge de gassi touil ,j'ai eu ce ... la suite
Le pionier du petrole Algerien.
J'étais a la DTP Hassi Messaoud entre 1976 et 1983.Mr BRAHIMI était chef de District Sud de Forage. C'est un homme trés modeste qui aimait son travail et il le faisait avec beaucoup d'abnégation. A notre ... la suite
IL MEURT LENTEMENT
Ferhat Mhenni est un poisson sans eau et la france lui est un bocal ou elle lui ne change pas d'au. C'est un harki moderne comme beaucoup d'autres malheureusement. Vive l'Algerie tamazight avec ses 2.381 ... la suite
Meme s'il y est s'indicaliste
En Algérie qui peut défendre qui? A son époque meme un ministre ou un général ne peut défendre quoi que ce soit.Alors svp ne lui pas endosser les problèmes des travailleurs avec leur entreprise à l'époque. ... la suite
Les écoles paramédicales privées dans "l'impasse"
SKIKDA : Le P/APC d’El Harrouche condamné à la prison ferme
Rencontre-débat Hadj Nacer-Lahouari Addi : Rompre avec la violence, construre la citoyenneté
Tabagisme passif : premières victimes les enfants
Ouled Bellil (Bouira) : les habitants bloquent la RN5 et l’autoroute
Procès Orascom-Banque d'Algérie : Confirmation des peines du tribunal d’Alger
Front des forces socialistes : Crise ouverte au FFS
Mohamed Larbi Ould Khelifa président de l’APN : «L’homme qui a fait consensus»
ArcelorMittal El Hadjar : Aïssa Menadi convoqué par la gendarmerie
Salon des Tic : 70 exposants à la 13e édition du SIFTech
Eliminatoires de la Coupe du monde : Mali – Algerie maintenu à Bamako
Après Algérie – Niger : les Verts améliorent leurs performances dans la conservation du ballon
Vahid Halilhodzic. Entr. de l’EN : «Continuer sur la même dynamique»
Roland Courbis. Entraîneur du Niger : «Un bon test pour les deux équipes»
CSA-USMA : Allik face à la presse
JSM Béjaïa : accord trouvé avec Alain Michel
Sonatrach prévoit d'investir plus de 68 milliards de dollars d'ici 2016
Entre l’impératif du changement et la tentation de la continuité : Quel gouvernement, quelle politique économique ?
A quand un super ministère de l’économie ?
Camille Sari, docteur en économie : «Un seul critère, la compétence»
Hocine Amer Yahia : «Les ministères techniques n’ont aucune marge de manœuvre »
Nouveau Parlement : Quel mode de rémunération pour une Assemblée pléthorique ?
Maroc : les islamistes au pouvoir débordés par la crise sociale
Ils ont annoncé la création d’un état islamique dans le Nord-Mali : les groupes rebelles touareg du MNLA et d’Ançar Eddine fusionnent
Les brèves
Des blessés et des opposants arrêtés à Nouakchott : le président Mohamed Ould Abdelaziz sous pression
Biram Ould Dah Abeid. Président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) : «Les Noirs de Mauritanie sont victimes d’un racisme orchestré par l’Etat»
92 morts vendredi en Syrie : l’ONU condamne une «tragédie brutale» à Houla
Parution. Itinéraires interdits, de Chahreddine Berriah : De l’oued Jorgi au mur de fer de Melilla
Clôture du Festival Mawazine 2012 : Mariah Carey retient la nuit
Cannes 2012 : La Pluie et la Palme
Lenny Kravitz au Mawazine 2012 : bain de foule… en délire
Clôture du sixième festival de musique Diwane : El Waha de Béchar en première place
Conférence-débat sur Jean El Mouhoub Amrouche au Centre diocésain d’Alger : Un nouveau Jugurtha «aux armes miraculeuses»
Constantine : 20 et 7 ans de prison pour huit terroristes
Dégradation avancée du centre-ville : Les eaux usées souillent la chaussée
Le masque de Gorgone volé en 1996 à Annaba : Une antiquité retrouvée dans la maison du gendre de Ben Ali
Commune de Khiri Oued Adjoul : L’imbroglio d’une ZET
Skikda : le P/APC d’El Harrouch condamné à la prison ferme
Batna : le réseau 50 expose
Conditions sociales à Biskra : Les protestations reprennent
Souk Ahras en bref
Campagne antitabac : les jeunes de plus en plus fumeurs !
Mostaganem : Un trentenaire se suicide à Sidi Fellag
Coup d’envoi de la 8e édition du Festival national du théâtre universitaire
Port de pêche de Ghazaouet : la cale sèche se trouve dans un état d’abandon
Meziane Boussaïd s’invite à la maison de la culture
La protection civile lance une campagne de sensibilisation
Un programme de 27 386 logements est en cours de lancement
Adrar : un accident fait 25 blessés dont 22 enfants
Saison estivale à Tizi Ouzou : éffervescence sur le littoral
Amis de la Faculté de Médecine de Béjaïa : Caravane médicale à Draâ el Kaïd
Bouira: Trois victimes de l’explosion de gaz à Tlemcen enterrées dans la douleur
Terrorisme : un garde communal assassiné à Baghlia (Boumerdès)
Bouira. Détresse des handicapés
Djenane Ben Omar : la dernière forêt de Kouba est à l’agonie
Chebli : le P/APC et cinq membres suspendus
Les maires ne s’intéressent pas à leurs écoles
Décès accidentel d’un étudiant : la communauté estudiantine de Khemis Miliana en colère
Les habitants de Tamanrasset ferment la RN 1 : le remplacement d’un élu parlementaire met le feu aux poudres
Portes ouvertes sur la Gendarmerie nationale
Touggourt : le mouvement associatif s’intéresse à l’environnement
L’Egypte : choisir entre la peste et le choléra
Le mondialisme en guerre contre le nationalisme
Festival de Cannes. Soixante-cinquième édition
Cinéma. Le festival international de Cannes : l'andalou. quand Grenade tombait
Toyota Algérie ne fait pas dans la demi-mesure : entrée «fracassante» du Rav4 Vanguard
Coup de gueule, coup de coeur : la ligne bleue !!!
Le réchauffement climatique reverdit le Sahara
L’observation des oiseaux peut contribuer à l’envol du tourisme
Un colloque organisé hier à Paris : Algérie, l’échec de 50 années d’indépendance
Documentaire : chez Salah, la réalité ressemble à la fiction
Il y a 30 ans, la mort tragique de Seddik Benyahia et de ses compagnons
Mohamed Gholam dit Si Hacène : témoignage d’un ancien condamné à mort
Sandee Pawan. Photographe de mode : Il est difficile d’être photographe de mode dans l’état actuel
Les dernières news
Privatisation des médias publics : Ce que pensent les experts
Pour un accès libre et égal à l’information : Plaidoyer pour des médias publics non gouvernementaux
Célébration de la journée mondiale de la sclérose en plaques : appel à la création de services spécialisés pour les malades
Pr Meriem Tazir. Chef de service de neurologie : «A ce jour, il n’y a pas eu d’étude ni en Algérie ni dans les autres pays maghrébins»| Point zéro | Analyse éco | Repères éco |
El Watan sur Facebook
|
Matin 16-25°C
|
A-Midi 22-26°C
|
| Toute la météo | |
Une agriculture bio par défaut
La levée de la taxe antidumping sur les engrais importés en ...
Gloria Gaynor rend hommage à Donna Summer
La célèbre chanteuse de disco, Gloria Gaynor, l’auteur mythique ...
Le soir où j’ai croisé l’Algérie multiple…
Il m’a fallu la diva kabyle Nouara et le chanteur hawzi ...