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Projet de réalisation d’une plateforme d’information géographique pour la gestion des cités

Vers une meilleure cartographie des villes ?

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le 08.03.18 | 12h00 Réagissez

Initié depuis deux ans au Crasc à Oran, un projet de recherche est en cours pour étudier les possibilités de conception et de réalisation d’une plateforme d’information géographique dédiée à la gestion des villes algériennes. Les résultats préliminaires ont été présentés lors d’un workshop organisé à cet effet.

C’est plus qu’un SIG (Système d’information géographique) dans la mesure où la plateforme regroupe toutes les problématiques», précise Rachid Nourine, un des deux porteurs du projet.

Informaticien de formation, celui-ci est en même temps directeur de l’Institut national des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication (INTTIC) basé à Oran (ex-ITO).

Le projet est porté par une équipe pluridisciplinaire et, une fois finalisé, il constituera un outil performant permettant d’aider les décideurs et les gestionnaires à mieux résoudre les problèmes qui se posent à la ville ou alors à élaborer de manière efficace les plans de développement.

«Nous ne sommes pas les seuls à travailler sur la ville, car il y a déjà à titre d’exemple l’institut de cartographie, le cadastre, l’Office national des statistiques, mais en plus des données fournies par les institutions, nous voulons intégrer les informations qui viennent de la ville elle-même et qui, jusque-là, ne sont pas récoltées encore moins intégrées», explique Rachid Nourine, citant les véhicules géolocalisés, les capteurs intégrés ou mêmes les smartphones qui ne sont pas très précis mais dont les données peuvent être corrigées grâce à des logiciels.

L’évolution de la technologie est prise en compte dans l’élaboration de ce type de plateformes qui permettent à l’information de remonter automatiquement avec des accès plus faciles même s’il faudra établir des niveaux car certaines données peuvent être confidentielles.

«Si nous n’avons pas l’information sur nos villes et nos territoires, nous ne pouvons pas travailler et, en plus, celle-ci doit être accessible, actualisée et partagée», tranche Sid Ahmed Souiyeh, géographe à l’université Oran II (Mohamed Benahmed). Il est le deuxième porteur du projet et, à ce titre, il estime que l’ère du papier est révolue et que la donnée numérique manipulable est une ressource qu’on doit utiliser pour mieux aménager nos villes et nos territoires. «Nous avons la chance d’avoir des satellites algériens qui couvrent le monde entier et il est donc temps de synthétiser et de réunir tout cela dans une même enceinte», suggère-t-il.

Précisément à ce propos, «les quatre premiers satellites lancés par l’Algérie c'est-à-dire Alsat 1A, Alsat1B, Alsat 2A, Alsat 2B sont tous dédiés à l’observation de la terre (les deux derniers ont des applications différentes, les communications pour le dernier et la recherche pour celui d’avant) et, en Algérie, la donnée spatiale est fondamentalement envisagée comme un outil de développement et les principales réalisations sont effectivement directement liées à plusieurs secteurs comme l’agriculture, l’aménagement du territoire, les ressources hydriques, la prospection géologique et minière, etc.», rappelle Abdelhak Trache de l’agence spatiale algérienne ASAL, un des invités du workshop, en précisant que la résolution de l’imagerie satellitaire dépend des thématiques pour lesquelles l’instrument a été conçu.

«Lorsqu’on fait de l’étude environnementale on a besoin d’une vision large et on peut donc se contenter d’une résolution moyenne (25 m pour Alsat 1) mais pour les projets d’urbanisation, on besoin d’être plus précis et la résolution peut aller jusqu’à 2,5 m par exemple», ajoute-t-il, en indiquant à titre illustratif que la centre des techniques spatiales d’Arzew dépendant de l’ASAL a travaillé sur le projet, actuellement en cours, de la nouvelle ville Ahmed Zabana qui sera implantée à Misserghine, au sud-ouest d’Oran.

«Le satellite est fait pour répondre à des besoins précis et entre l’idée et le lancement il faut compter 5 à 6 ans. Entre temps, l’Asal aura interviewé les secteurs qui auront formulé des besoins avant de décider des applications à intégrer dans cet instrument, l’objectif final étant de répondre aux exigences du développement et de la souveraineté nationales.» Lors de cette rencontre, plusieurs partenaires ont été invités à intervenir sur des thématiques diverses.

L’un d’eux, Abed Abdesselem, est un architecte qui a travaillé sur l’agglomération de Sougueur (wilaya de Tiaret). Fort d’une expérience acquise en France, il a développé une plateforme qui répond dans une certaine mesure à la problématique contenue dans le projet de recherche mais l’intérêt de sa présentation réside dans les problèmes qu’il a soulevés et qu’il a rencontrés sur le terrain pour démontrer que seule une plateforme numérique manipulable peut combler les lacunes.

C’est le cas par exemple, en ce qui concerne la réalisation des POS, des plans de morcellement des terrains attribués et qui ne se retrouvent pas dans les archives de l’administration lorsque celle-ci fonctionne à l’ancienne. Globalement, Il a fallu d’abord convaincre les élus et les décideurs et, aujourd’hui, 5 communes de cette wilaya ont accepté (le travail est encours) d’intégrer la solution proposée par son bureau d’étude.

Par ailleurs, invité pour l’occasion, Franck Touyaa est responsable du pôle SIG de l’agglomération Cergy-Pontoise (France). Il a présenté l’expérience menée chez lui depuis déjà une quinzaine d’année, une manière de faire qui s’est largement généralisée en France.

«Quand Sid Ahmed Souiyah m’en a parlé, j’ai accepté de venir présenter notre expérience mais, en contre partie, il est aussi question d’échange de procédés car si sur certains points il s’avère que nous sommes en avance, sur d’autres, notamment en termes de recherches, il y a des procédés qui peuvent nous intéresser», indique-t-il, en assurant qu’«aujourd’hui, le SIG a une influence directe sur pas mal de politiques publiques relatives à la gestion des villes».
 

Djamel Benachour
 
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