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Une station thermale en redevenir

Vers la modernisation de Hammam Righa

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le 06.04.17 | 12h00 Réagissez

En cette journée ensoleillée du mois de mars, coïncidant avec les vacances scolaires, les espaces verts, occupés par des grappes humaines composées d’enfants et de leurs parents, donnent un charme certain à la station thermale de Hammam Righa. L’air n’est pas pollué dans les hauteurs de Hammam Righa, un chef-lieu de daïra.

Ce site thermal s’étend sur une superficie qui avoisine les 106 000 m2 dont seulement 30 000 m2 abritent les bâtiments et les restes constituent un espace boisé accessible à tous les visiteurs. Sa découverte, selon les historiens, remonte à l’an 44 av J.C. Les thermes de Hammam Righa (aquae calide, ndlr) disposaient des piscines antiques, utilisées par l’administration coloniale pour soigner ses soldats.

L’impact du fort séisme de 1980 avait entraîné beaucoup de pertes humaines et des dégâts matériels dans cette partie du nord-est de l’ex-wilaya d’El-Asnam, en particulier la destruction totale du Grand Hôtel et la mise hors service du second hôtel, le Mont Rose, des infrastructures qui dépendaient du site avec les bungalows et le bloc thermal, qui relevaient toutes de la station thermale de Hammam Righa.

La Direction de l’action sociale de l’ANP avait cédé alors son complexe Zaccar à la direction de la station thermale publique de Hammam Righa. Les parkings aménagés sont tous occupés par les bus venant des différentes wilayas et des centaines de véhicules. Les voitures stationnées le long de l’unique axe routier obligent les automobilistes à se frayer un chemin pour accéder ou pour quitter les lieux. Bonne surprise : l’ascenseur de l’hôtel de Hammam Righa est en marche !

«Dès mon arrivée, nous déclare le Directeur général de l’EGT Hammam Righa, j’ai effectué moult démarches pour remettre en service l’ascenseur qui était à l’arrêt depuis des décennies car, ajoute-t-il, je refusais de voir nos clients, notamment les personnes âgées et handicapées, souffrir pour regagner leurs chambres.» Peu à peu, l’EGT Hammam Righa sort de l’ornière après avoir traversé des moments tragiques. La station thermale de Hammam Righa vivait au rythme des actes de sabotage et des crimes. D’ailleurs, les hordes criminelles avaient assassiné 5 employés de cette station thermale perchée à 630 m d’altitude. Les séquelles de la décennie du terrorisme ne sont pas toutes effacées.

Le diagnostic de «l’état de santé» de l’EGT Hammam Righa avait été entamé dès l’arrivée de Alouni Abdelkader à la tête de ce complexe en 2012. Le plan de sauvetage était inévitable pour cette ancienne grande station thermale de la région centre, dont la notoriété dépasse les frontières de notre pays. La sécurité devait être assurée pour l’entreprise afin de pouvoir continuer à fonctionner. Cela concernait essentiellement l’approvisionnement en eau thermale, la réhabilitation et l’entretien des forages ; l’alimentation continue en énergie électrique ; le gardiennage interne à travers l’ensemble du site ; la mise en place du plan Orsec et sa dotation en moyens humains et matériels.

Pour ce qui est de la situation juridique de la station thermale, l’entreprise s’est dotée d’un statut et elle avait récupéré l’acte de concession du terrain et de l’eau thermale. Naturellement, le nouveau premier responsable avait immédiatement mis en place les procédures de la gestion interne de l’EGT Hammam Righa afin de couper avec les anciens réflexes et éradiquer les dépassements antérieurs. Le CPE (Comité de participation de l’Etat) avait octroyé des crédits à l’EGT Hammam Righa à un taux bonifié. A la suite de 3 années d’exercice, l’EGT Hammam Righa renoue avec les résultats positifs. Les universitaires représentaient 1,3% de l’effectif global de l’entreprise en 2012, aujourd’hui les diplômés de l’université algérienne représentent un taux de 20%. Des études viennent d’être lancées.

Elles ont été confiées à un bureau d’études algéro-espagnol. Le concept de la station thermale de Hammam Righa devra être à la hauteur des attentes des adeptes du thermalisme. D’ailleurs, après l’achèvement de l’étude, la 1re tranche relative aux travaux de modernisation et de réhabilitation du «club bungalows», constitué de 96 unités, y compris les commodités vitales (théâtre de verdure, salle de remise en forme, piscine à ciel ouvert, centre commercial) qui accompagnent les familles durant leur séjour est en voie de réalisation.

Compte tenu de l’ampleur des travaux qui sont inscrits dans la feuille de route de la Direction générale de l’EGT Hammam Righa, notamment la remise en marche du bloc thermal qui demeure fermé depuis 4 décennies alors qu’il constitue à lui seul l’incontournable maillon de la station thermale, sa réhabilitation et sa modernisation exigent des crédits. Les études sont terminées. L’idée de construire un nouvel hôtel de 2 étoiles à la place de l’hôtel «Belle Vue», détruit entièrement lors du séisme en est encore à ses balbutiements.

Un ancien et nostalgique client de la station thermale de Hammam Righa de la fin des années 50' et du début des années 60' se souvient : «Les hammams de Barraka, du Mont Rose et de Belle Vue affichaient complet grâce à la présence des familles qui venaient de Miliana, Cherchell, Blida et d’Alger, nous révèle Landjerit Mohamed, les nuits étaient agréablement animées par la troupe zorna de Boutka de Cherchell, par des groupes de musique châabie de Blida, d’Alger et de Miliana, ajoute-t-il ; la station était la plaque tournante pour de très nombreuses familles qui y séjournaient, mais aussi pour présenter discrètement leurs filles afin de nouer éventuellement des alliances familiales. après le mariage de leurs filles, la station thermale Hammam Righa était très fréquentée, d’autant plus qu’il n’y avait pas cette anarchie des nombreuses habitations et ces commerces qui se sont greffés autour du site, toutes les familles partageaient leurs plaisirs dans cet espace autrefois paradisiaque et convivial».

Pour transformer la station thermale Hammam Righa en une entreprise citoyenne au service du développement économique et social grâce à ses activités touristiques, de surcroît redevenir une entreprise créatrice de richesses et d’emplois, la conjugaison des efforts de toutes les parties impliquées, y compris les habitants, s’avère désormais impérative dans la métamorphose de cette région rurale de la wilaya de Aïn Defla.

L’avenir de cette localité dépendra de la bonne santé de la station thermale. Après avoir quitté la station thermale, un détour par le siège de la daïra de Hammam Righa était inéluctable pour notre mission, d’autant plus que l’avenir de l’EGT Hammam Righa dépendra des perspectives de l'environnement dans lequel elle se réalisera. Derkaoui Karima, installée au poste de chef de daïra depuis le 8 novembre 2016, fait déjà parler d’elle. C’est elle en personne qui est allée faire disparaître la «colline» d’ordures qui avait été créée depuis longtemps, à quelques encablures du centre de repos des moudjahidine, situé à proximité de la station thermale de Hammam Righa.

«L’éradication des locaux de commerce informel avait été incomprise par nos concitoyens ici à Hammam Righa ; pourtant, nous voulons les installer dans de meilleures conditions et nous nous sommes proposés pour installer les panneaux afin d’indiquer le lieu de leurs commerces pour les touristes et les visiteurs», déclare Derkaoui Karima, la chef de daïra, et d'ajouter : «Nous allons entamer l’aménagement du tronçon du CW (chemin de wilaya, ndlr) n°09 d’un linéaire de 3,3 km, depuis le barrage de la Gendarmerie nationale jusqu’à la station thermale, ajoute-t-elle, nous avons terminé l’étude de l’aménagement de la ZET de Hammam Righa et attendons son approbation par l’organisme de tutelle ; quant au bitumage des ruelles et les axes routiers, il n’aura lieu que lorsque tous les travaux de mise sous terre des réseaux de l’AEP, de l’assainissement et du gaz seront achevés.

Il faut savoir dépenser les deniers publics explique-t-elle, il nous reste à brancher quelques foyers au gaz naturel ; sachez enfin que l’intérêt que portent les autorités de la wilaya et nous-mêmes à la situation de Hammam Righa convergent vers l’amélioration de son environnement afin de préserver la station thermale qui constitue une importante source de création d’emplois et de richesses financières pour ce territoire de la wilaya de Ain-Defla en particulier, mais je suis optimiste pour Hamma Righa», conclut notre jeune interlocutrice, Dès l’achèvement des travaux de réhabilitation et de mise à niveau de ce complexe touristique, la capacité d’hébergement de la station thermale avoisinera les 1100 lits. Pôle d’excellence du thermalisme, un objectif à atteindre !
 

M'hamed Houaoura
 
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