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Verbatim : A propos des DAF (Déserteurs de l’armée française)

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le 21.09.17 | 12h00 Réagissez

Pour mener à bien l’opération de reconversion et asseoir son autorité, Houari Boumediène attribuera les responsabilités en jouant sur les rivalités entre officiers de différentes provenances et formations.

Les régions et secteurs militaires, ainsi que les commandements de bataillons seront confiés aux anciens maquisards ayant une bonne expérience des hommes et du commandement, alors que les directions centrales d’armes et de services iront aux jeunes officiers diplômés des écoles militaires françaises et moyen-orientales.

Les directions centrales de l’Aviation, de l’Infanterie, des Armes de combat, du Matériel, du Génie, du Train et de l’Instruction seront confiées aux officiers «déserteurs de l’armée française», alors que celles de la Marine, des Transmissions, de la Sécurité militaire, de l’Intendance, des Finances, du Personnel et du Commissariat politique seront attribuées aux anciens lycéens ayant exercé une responsabilité aux frontières et aux officiers formés au Moyen-Orient. En jouant sur le clivage entre officiers provenant de divers horizons, Houari Boumediène se prémunissait contre une tentative concertée de coup d’Etat tout en se présentant comme un arbitre agréé par tous.

Les commandants de régions militaires furent systématiquement flanqués d’un officier «déserteur de l’armée française» portant le titre trompeur de chef d’état-major, quand bien même cet organe n'existait pas. Censé apporter un savoir militaire dont il était en réalité dépourvu, cet officier jouait en fait le rôle d’adjoint au chef de région, ce qui, pour la majorité des cadres de l’armée de terre formés au Moyen-Orient, était un moyen de contrôler l’ANP dans ses échelons régionaux.

Cela ne fera qu’aggraver leur ressentiment à l’encontre des officiers déserteurs de l’armée française qu’ils considéraient comme une cinquième colonne. L’hostilité à l’égard de cette catégorie d’officiers remontait à l’année 1959 lorsque, de retour de Syrie et d’Égypte, après leur formation, les jeunes officiers s'étaient retrouvés aux côtés des «déserteurs de l’armée française» que le chef d’état-major général de l’ALN, le colonel Houari Boumediène, appréciait pour leur sens élevé de la discipline et leur disponibilité.

Dès le premier contact, un climat hostile s'était installé entre les deux catégories d'officiers. Les «déserteurs de l’armée française» se considéraient comme des professionnels et regardaient avec beaucoup de condescendance leurs collègues formés dans des pays arabes dont les armées avaient été défaites lors de l’intervention tripartite de 1956. C’est ce regard suffisant que les officiers formés au Moyen-Orient ne supportaient pas. Ils contestaient le professionnalisme dont les «déserteurs de l’armée française» se prévalaient et leur reprochaient leur engagement patriotique tardif, sinon, suspect.

 
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