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La maternité ayant freiné sa carrière, Samia se découvre une nouvelle vocation

Une vie de mère

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le 09.03.17 | 12h00 Réagissez

Bien qu’au départ, le métier d’éducatrice n’était pas un choix pour elle, Samia se plaît à l’exercer, elle compte défendre ce métier, qui prend en charge des générations. Elle est convaincue que l’éducation des enfants et l’apprentissage de leur autonomie n’est pas une chose aisée, elle  se forme en pédagogie et en psychologie de l’éducation et compte donner le meilleur d’elle-même pour les enfants dont elle s’occupe.

Diplômée en sciences de l’information, Samia se retrouve actuellement éducatrice dans l’une des crèches privées de la wilaya de Boumerdès. Cela fait 4 ans qu’elle exerce ce métier. Au départ, c’était par la force des choses, par la suite l’éducation des enfants devient une passion et même une vocation pour Samia. Après avoir exercé une année dans le domaine du journalisme à la Radio nationale et deux ans dans l’administration, notre interlocutrice était contrainte de changer de métier. «J’ai opté pour le travail dans la crèche pour être à côté de mon fils qui était à cette époque-là très petit», explique l’éducatrice.

Il n’y a que ce travail qui puisse me rassurer quant au bien-être de mon enfant. En mettant la main à la pâte, Samia découvre un autre monde, voire une autre science : la psychologie des enfants ! «Je me suis toujours intéressée à la psychologie des enfants bien avant mon travail comme éducatrice», avoue-t-elle. Au départ elle faisait des recherches sur internet comme toutes les mamans soucieuses de comprendre leurs enfants. Elle veut choisir la bonne méthode pour l’éducation de ces enfants.

Lorsque on lui a confié l’éducation d’un groupe d’enfants de 5 ans en préscolaire, ce savoir théorique ne suffisait pas. A présent, Samia suit une formation le week-end dans un établissement privé sur les techniques d’éveil et les méthodes pédagogiques. «Bien que je n’aie que le week-end pour m’occuper de près de mes deux enfants, j’ai  opté pour cette formation. C’est un sacrifice qui vaut la peine», se persuade notre interlocutrice, qui se déplace chaque samedi de Boumerdès à Tizi Ouzou pour suivre une formation dont le diplôme n’est pourtant pas reconnu par l’Etat. «Je le fais pour moi, mais surtout pour les enfants.

Je suis convaincue de l’utilité de cette formation du point de vue pédagogique», estime-t-elle. La formation en question est prodiguée dans le cadre du programme de Caritas Algérie par l’association Diocésaine  Algérie. Elle repose sur les outils pédagogiques permettant de répondre aux besoins des enfants «en utilisant des méthodes pédagogiques actives». Samia parle fièrement de son expérience dans le domaine de l’éducation, mais pas sans évoquer les contraintes du métier.

«Certains parents nous brisent»

Les différentes difficultés qu’elle rencontre sont liées essentiellement aux attitudes de certains parents. «Ils exigent à ce que leurs enfants en classes préparatoires maîtrisent l’écriture dès le début de l’année. Nous avons beau leur expliquer que les enfants ont besoin d’activités de l’éveil et  des jeux, ils ont du mal à comprendre», regrette Samia. Face à ce genre de comportements, «les enfants sont épuisés dès leur jeune âge. Certains parents font tout un problème lorsque leurs enfants n’écrivent pas sur la ligne. Alors que certains enfants prennent un temps pour la maîtrise de ces facultés, les parents s’impatientent», déplore cette éducatrice, estimant que certains reproches brisent les formateurs.

Et d’enchaîner : «Tous les parents, surtout les mères, veulent voir leurs enfants meilleurs, tandis que les capacités de ces derniers sont différentes.» Pour sa part, la directrice de la crèche intervient : «Il ne faut pas comparer les enfants. Chacun a ces capacités.» Quant à Samia, elle compte continuer son parcours, en dépit des reproches des parents. «Je suis convaincue que l’activité la plus importance pour un enfant de 5 ans est l’éveil ainsi que le jeu. Dans certains cas, je connais l’enfant plus que ses parents.

Et je sais comment m’y prendre avec les bambins cas par cas», assure-t-elle. Samia a eu à gérer la timidité, l’agressivité ainsi que les difficultés du langage de certains enfants. «Le métier de l’éducatrice de la crèche n’est pas reconnu par la majorité des gens qui ne donnent de l’importance qu’aux titres : médecin, ingénieur, professeur, etc.», estime la responsable de ce jardin d’enfants.

Une ancienne éducatrice, ayant quitté ces études de médecine pour s’occuper de la santé de son fils, affirme : «Je changer des couches avec fierté et plaisir. Le regard des autres m’importe peu.» Au niveau de la crèche qu’elle gère, toutes les éducatrices s’occupent de l’hygiène des enfants, en dépit de leur niveau d’instruction et des tâches qui leur ont été dévolues.

Il reste, par ailleurs, la question de la rémunération. Samia estime que le salaire n’est pas encourageant. Mais elle ne compte pas changer de boulot pour ce motif. «Nous ne sommes pas payées en fonction des tâches que nous assurons. Je demande d’ailleurs aux autorités d’aider les crèches privées afin de pouvoir assurer de bons salaires pour leurs effectifs», lance-t-elle, espérant voir un jour ce secteur assurant l’éducation de base des enfants et leur autonomie, bien organisé et les éducatrices bien rétribuées. Samia n’exclut tout de même pas l’idée de revenir un jour à ses premières amours : le journalisme. 

Rahmani Djedjiga
 
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