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Une arabisation à deux vitesses

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le 21.09.17 | 12h00 Réagissez

«Une certaine nuit d’octobre 1976, des mains anonymes, mais d’évidence mues par un sentiment favorable à l’arabisation, passèrent au goudron toutes les inscriptions en caractères latins qui s’étalaient sur les villes par d’autres en caractères arabes.

Il en résulta pendant quelque temps un beau désordre, il était en particulier devenu impossible de lire les noms des rues…», raconte le linguiste Jean louis Calvet, pour qui "cet épisode constitue plus qu’une anecdote, car il traduit une volonté de porter dans la réalité des décisions politiques qui n’avaient pas toujours été suivies d’effet''.

Si l’administration d’Ahmed Ben Bella, constituée de fonctionnaires francophones, avait entrepris  peu d’actions en faveur de l’arabisation, l’arrivée de Houari Boumediène, formé à la Zitouna et Al Azhar,  promettait des mesures véritables. La Charte nationale, adoptée en 1976,  replace la langue arabe au centre de «l’identité nationale» constituant, avec l’islam,  un rempart contre «toutes les entreprises de dépersonnalisation».

«Les cent trente années de colonisation, peut-on y lire,  ont laissé l’Algérie profondément marquée par une politique d’obscurantisme érigée en système de prépondérance et de sujétion, et par de graves atteintes à la personnalité du peuple algérien à travers sa langue nationale, interdite ou rétrogradée, son histoire et sa culture, niées ou dépréciées».

Dans les faits, les mesures en faveur d’une politique pro-langue arabe ont été prises dans la précipitation, trahissant un manque de volonté dans leur application. Pendant des années, l’arabisation restera surtout un discours légitimant le pouvoir du parti unique. Elle a été immédiatement introduite dans l’éducation, mais son application restera très lente dans la Fonction publique et dans le secteur économique.

Quarante ans plus tard, plusieurs générations ont pâti d’un projet, censé prolonger la lutte nationaliste et égalitariste enclenchée, mais qui, dans les faits, a creusé les écarts et attisé les différences entre les élites arabisantes et francophones. Surtout, elles ont été vécues par les populations  berbérophones comme une négation de leur identité.

 

Amel Blidi
 
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