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Génération pattes d’éléphants et cheveux au vent

Une Algérie rock’n’roll émerge des décombres

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le 21.09.17 | 12h00 Réagissez

A l’heure où les Algériens recouvraient leur liberté, une vague rock’ n’ roll’ mêlant pattes d’éléphants et rythmes orientaux, souffla sur le pays.

Ils s’appelaient Rachid et Fethi, Djamel Allam, Idir, Abranis ou AbdelKrim Zouaoui et posèrent les jalons de la musique algérienne moderne. Il y eut, d’abord, ceux qui rêvaient d’embrasser une carrière internationale. C’est tout naturellement dans la langue de Shakespeare que le groupe Freedom (ou Hourya) adressaient leurs mots d’amour à Sabrina. Les «Turkish Blend», devenus les "CrossWinds" (composés des frères Bachamar) ravissaient les étudiants et les lycéens algériens à travers des titres chantés généralement en anglais ou en français.

C’est qu’en ce temps-là, la musique était une affaire de famille. Les frères Rachid et Fethi Baba Ahmed, fondateurs du groupe «Les Vautours» étaient peut-être les premiers à oser chanter en algérien sur des airs psychédéliques. L’air de rien, une révolution musicale était en marche. Tous deux fils de bijoutiers, ils investissent dans un studio d'enregistrement et une maison de production de disques dans leur ville natale, Tlemcen.

Leur label Rallye, évoquant la passion des deux frères pour les courses automobiles, sera plus tard, et grâce à leur sens des arrangements sonores, à l’origine de l’éclosion de nombreuses stars du raï : Fadhéla et Sahraoui (Sahraoui enregistra sous leur label dès 1976) puis Mami, Khaled, Anouar….Rachid Baba Ahmed, personnage haut en couleur, tombera sous les balles assassines dans les années 90. Autre groupe vedette : Les Abranis, triomphent en 1977 avec leur titre, Chenagh le blues, rappelant les rythmes des Doors.

C’est dans la musique que les artistes berbérophones trouvèrent un espace privilégié d’expression, à l’heure où la négation de leur langue battait son plein. Hamid Cheriet, un artiste alors inconnu, sortira sous le label et (magasin de disques….), un titre intitulé A vava Inouva, sous le pseudonyme Idir.

La chanson kabyle moderne connaît ainsi son âge d’or. Djamel Allam fera la première partie de Brigitte Fontaine et Arezki Belkacem, et mènera une carrière internationale dès son premier album, Arjouth, sorti en 1974. Négligée par le pouvoir, la musique sera vécue comme un espace de liberté. 

Amel Blidi
 
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