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Tikjda, un paradis à préserver

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le 06.01.17 | 10h00 Réagissez

Tikjda est aujourd’hui synonyme de beauté sauvage, de bien-être et surtout de calme. Mais tout n’est pas beau, le manque de civisme menace. La pollution commence peu à peu à envahir les lieux…

Il y a ceux qui aiment s’amuser durant leurs vacances et ceux qui veulent faire le vide et se reposer moralement. Ils aiment être embarqués dans une aventure en altitude.

Quoi de mieux qu’un paysage naturel où se conjuguent montagne, verdure et air frais. Repos garanti. Samedi 31 décembre. Il est presque 16h. Au complexe du Centre national des sports et loisirs de Tikjda (CNSLT), pas une chambre de libre.

La structure affiche complet depuis plusieurs jours déjà. Pour les vacances, il faut faire les réservations bien à l’avance. Passer quelques jours de repos au sommet de la montagne est devenu une tendance pour certaines familles algériennes. «Je suis là pour une seule nuitée. Je passerai la soirée du réveillon et je repartirai à Alger», nous confie une jeune maman.

Certains y séjournent deux jours et d’autres un peu plus. «Pas besoin de plusieurs jours, le vide nous repose. Deux journées entières me suffisent pour reprendre le travail en pleine forme», explique Mourad, enseignant à Boumerdès. «C’est un plaisir de passer quelques jours au sommet de la montagne. Ma famille s’est rendue à Paris pour la fête du Nouvel An ; pour moi, il n’en était pas question. Je suis saturé et fatigué. Seule Tikjda et autrefois Tala Guilef me satisfont…», témoigne toujours Mourad. Le site touristique de Tikjda est situé dans le Parc national du Djurdjura (PND), lui-même classé réserve de biosphère mondiale par l’Unesco depuis 1987.

Des sapins, des allées tissées d’arbres, des espaces verts et surtout des paysages sublimes. Tout est là pour faire de ce site une perle. Un paradis sur Terre. Une beauté sauvage malheureusement mise en péril par le manque de civisme de certains visiteurs. Des bouteilles de verre ou en plastique et des canettes de toutes sortes de boissons jonchent la route qui conduit au Centre de Tikjda. Les sachets en plastique s’entassent jour après jour, offrant un décor désolant qui vient menacer une nature déjà bien malmenée dont l’avenir paraît de plus en plus hypothéqué, surtout quand on sait qu’une bouteille en plastique met 200 ans pour se dégrader et une bouteille en verre un millénaire.

Menace

Des centaines d’hectares de végétation ont tout bonnement disparu, ravagés par les multiples incendies enregistrés ces dernières années, mais ce qui n’a heureusement en rien altéré la beauté du site. Une splendeur et une pureté qui manquent d’encadrement et de gestion. Pas de sanction ni de contrôle pour préserver la propreté des lieux. Les visiteurs n’hésitent pas à laisser leurs déchets sur les lieux.

D’autres n’ont aucun respect pour les consignes adressées à leur intention. Alors que des panneaux indiquent qu’il est interdit de nourrir les singes, des jeunes guettent ces animaux pour leur offrir du chocolat, des pop-corn, mais surtout pour leur courir après et même les provoquer. Les autres pancartes du type : «Laissez les lieux propres» ou «Protégez votre environnement» sont également ignorées. Certaines familles s’installent pour pique-niquer, sans prendre la peine de nettoyer le lieu avant de partir. Sont-elles pénalisées ou sanctionnées ? Rien de tout cela. A cette période de l’année, le lieu est très prisé, même si la neige n’a toujours pas fait son apparition, à part quelques flocons sur les reliefs, les bois de cèdres et leurs jardins ombragés sont là.

La richesse fabuleuse de sa faune et de sa flore ferait de Tikjda un joyau touristique si certains visiteurs faisaient preuve de civisme.  Toujours est-il, le site de par son attractivité draine tout au long de l’année une grande foule avec des pics pendant la période des vacances, car ici les adultes ne sont pas les seuls à profiter de la montagne. Les enfants ont tout le loisir de faire du tennis de table, de jouer au baby-foot ou de profiter des balançoires et autres toboggans. Le complexe organise régulièrement des spectacles de clowns. Un atout supplémentaire qui n’est pas pour déplaire aux familles. Rares sont les périodes où le complexe n’affiche pas complet. Des promotions sont d’ailleurs proposées à certaines périodes de l’année pour relancer le tourisme à Tikjda. Une réussite, selon le responsable.

En 2016, on a compté quelque 40 000 visiteurs dont 19 500 sportifs, et 400 étrangers y ont séjourné. Selon le chargé de communication du CNSLT, Belkacemi Mohand Améziane, ils sont de différentes nationalités : française, syrienne, indonésienne, serbe, saoudienne, turque... La beauté de Tikjda dépasse les frontières et continuera sans doute à drainer des visiteurs en quête de calme. Pour peu que le respect de ce site soit à la mesure de sa beauté.

Nassima Oulebsir
 
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