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Philatélie . Palais et demeures de l’époque turque

Splendeurs d’antan et drames historiques

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le 22.06.17 | 12h00 Réagissez


Par S. Arslan

On a beaucoup parlé et écrit sur les palais et demeures de l’époque turque en Algérie, qui continuent de se dresser parmi les ruines de La Casbah d’Alger et d’autres villes algériennes. Malgré tout ce qui a été dit sur leur grande valeur architecturale et patrimoniale, les travaux de restauration des ces bâtisses, dont certains ont été complètement ratés, ne leur ont pas pour autant rendu leur authenticité, de l’aveu même des spécialistes. Dans le catalogue philatélique algérien, et en dépit d’un premier timbre émis en 1975, l’intérêt pour ces palais et demeures ne s’est manifesté qu’au milieu des années 1980. Pourtant, ces lieux ne sont pas uniquement de belles constructions, mais ils rappellent aussi des histoires souvent dramatiques. C’est l’exemple du Palais du dey d’Alger, sujet d’une émission parue le 20/12/1975. Situé à l’endroit le plus haut d’Alger, construit par Aroudj entre 1516 et 1519 pour servir de caserne, la Citadelle, ou Dar Essoltane, comme on l’appelait jadis, sera aménagée en palais à partir de 1817 pour héberger les deux derniers deys d’Alger (Ali Khodja et Hussein).

C’est dans ce palais qu’aura lieu la fameuse scène du coup d’éventail en 1827. Un prétexte trouvé par les Français pour la conquête de l’Algérie. Depuis, le Palais du dey d’Alger n’a cessé de vivre le mauvais sort, avec toutes les modifications, les affectations, et enfin l’état d’abandon et de dégradation qu’il subit depuis l’indépendance. Le nom du dey Hussein est aussi lié à l’une des belles demeures d’Alger, appelée Dar El Hamra, plus connue aussi par Dar Mami Arnaout, construite en 1818. L’histoire retiendra qu’elle sera le dernier lieu de départ vers l’exil turc du dey Hussein, après la prise d’Alger le 5 juillet 1830. Parmi les maisons de Souk El Djemaâ, on retrouve également Dar Mustapha Pacha, construite en 1798 et qui servira de résidence pour ce dignitaire nommé dey durant la même année.

C’est d’ailleurs lui qui fut à l’origine de la fameuse affaire de la livraison d’importantes quantités de blé aux armées de Napoléon durant la campagne d’Egypte en 1798. Une affaire qui sera l’une des causes de son assassinat par les janissaires. Transformé en bibliothèque nationale jusqu’en 1948, le palais deviendra Musée national de l’enluminure, de la miniature et de la calligraphie depuis 2007. Située près de la mosquée Ketchaoua, Dar Aziza est l’une des bâtisses qui avaient survécu des Palais de la Djenina, siège des gouverneurs d’Alger avant l’arrivée des Ottomans. Des demeures ravagées par un incendie en 1844, avant d’être rasées par les Français. Dar Aziza remonte à la fin du XVIe siècle. Elle résistera au temps et au séisme de 1716, même si elle perdra son troisième étage. Mais le plus remarquable dans l’histoire de cette maison est la fin tragique de sa propriétaire, Aziza, fille du caïd Ali Ben Ramdane, qui sera tuée d’une manière terrible par son mari jaloux, Radjeb, bey de Constantine. Dar Aziza abrite aujourd’hui le siège de l’Office de gestion des biens culturels protégés (Ogebc). Les trois maisons citées plus haut (Dar El Hamra, Dar Mustapha Pacha et Dar Aziza) ont fait l’objet d’une émission parue le 15/5/1986, signée Ali Kerbouche.

En parcourant les pages de l’histoire et les émissions philatéliques, notamment celle réalisée par Ali Kerbouche et émise le 18/12/1996, on arrive à Dar Hassan Pacha, l’une des plus belles de la place de la Régence, près de la mosquée Ketchaoua. Construite en 1791 par Hassan Pacha, elle sera le siège du premier gouverneur français. Non loin de là, se trouve Dar Khedaouedj, construite en 1570 dans le quartier de Souk El Djemaâ par Raïs Yahia, un officier de la marine. Elle sera acquise par Hassan Pacha qui l’a offerte à sa fille Khadidja ou Khedaouedj, plus célèbre par sa beauté, mais aussi par son surnom, El Aamia, dont l’histoire a marqué cette maison au point que ses visiteurs cherchaient toujours à voir ce fameux miroir qui l’a rendue aveugle. Toujours dans la Basse Casbah, on découvre le palais des Raïs, ancienne fortification datant de 1576, dernier vestige du quartier de la Marine rasé par les Français pour construire la ville européenne. Il sera désormais connu sous le nom de Bastion 23. On n’oubliera pas de citer la fameuse villa Abdeltif, petit palais de campagne construit en 1715, portant le nom de son dernier propriétaire, Mahmoud Abdeltif, qui l’avait légué aux Domaines en 1846. Elle sera transformée en résidence d’artistes en 1907. C’est grâce aussi à une émission parue le 16/4/2016 que les passionnés du timbre ont découvert le Palais du bey de Constantine construit entre 1826 et 1835 par Ahmed Ben Mohamed Chérif, dernier bey de Constantine, avant la prise de la ville le vendredi 13 octobre 1837. Une date qui marquera aussi la fin du règne des Turcs en Algérie. 

Arslan Selmane
 
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