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Une équipe d’amateurs réalise un film de 1h 5mn

Slilwan, un conte légendaire ressuscité

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le 26.10.17 | 12h00 Réagissez

Un groupe de jeunes artistes de la commune Ath Mansour, dans l’est de Bouira, dénommé Ikhoulaf, a réalisé récemment un film en adaptant un conte du patrimoine oral kabyle intitulé Slilwan.

 «L’objectif de la réalisation de ce film, c’est de participer à la sauvegarde de notre patrimoine à travers l’audiovisuel, surtout que cette histoire véhicule la fraternité, l’union, etc. Je pense qu’actuellement, l’audiovisuel est le meilleur outil pour la préservation de la mémoire collective», dira le réalisateur et scénariste de Slilwan, Abderrahim Benmedjdoub qui a, à son actif, deux autres courts métrages. A noter que Abderrahim est un jeune chômeur, licencié en génie mécanique. Quant à Karim Gorri, cameraman et chargé du montage de Slilwan, cette expérience lui ouvre de nouvelles portes. «Je suis un amoureux, un passionné de la photographie.

Je faisais aussi des vidéos et de petits reportages sur la Kabylie. C’est grâce à ma chaîne sur Youtube que les jeunes artistes du groupe Ikhoulaf m’avaient contacté et proposé l’idée de réaliser tout d’abord un film qui s’intitule Akka Id- Lezzayer (C’est ainsi l’Algérie), que nous avons diffusé sur Youtube.

Puis c’est au réalisateur et comédien Réda Amrani établi au Canada de me contacter pour une participation à un concours du court métrage Kabylie à Montréal.» [Slilwan est le prénom d’une jeune fille, qui par inadvertance libère waghzen (l’ogre) du sort qui le retenait dans une flûte, et ce, le jour de l’accueil du printemps. Kidnappée par waghzen, Slilwan passe des années emprisonnée dans la grotte de l’épouvantable ogre qui lui a ingurgité une potion magique qui la gardait toujours jeune. Les sept frères de Slilwan grandissent et décident d’aller libérer et récupérer leur sœur…] Lorsqu’on dit film, on dit aussi caméras, tenues, déguisements, éclairage, des effets spéciaux… et beaucoup de matériel et de personnel. «Malheureusement pour nous, tout ce qu’on possède, c’est un appareil photo doté d’une caméra, un trépied et un ordinateur.

Ce sont les comédiens qui se sont procurés les déguisements et les tenues traditionnelles. Nous ne sommes qu’à notre première expérience et c’était à la fois difficile et amusant», explique M. Gorri. Initialement, le projet du groupe était de tourner un court métrage de 20 minutes qui s’intitule aussi Slilwan. Mais l’ambition de l’équipe Ikhoulaf était plus grande. Les 20 minutes du court métrage n’étaient pas suffisantes pour cerner tous les événements du conte original. Et pour une histoire qui se déroule le passé lointain, il fallait donc choisir un décor spécial. Le choix s’était porté sur le village Imesdourar ou M’zarir, relevant de la commune de Saharidj, dans l’est de la wilaya Bouira. La localité en question garde toujours l’authenticité et les caractéristiques des villages kabyles d’antan. Le premier tour de manivelle a été donné en mai dernier.

Après près de 3 mois tournage, le film Slilwan de 1h5mn est enfin prêt. Malheureusement, que ce soit avant, lors ou après le tournage de Slilwan, l’équipe Ikhoula n’a eu aucun encouragement des pouvoirs publics ou des autorités locales. «L’ex-wali de Bouira nous a promis une aide de 10 millions de centimes, mais nous n’avions touché à aucun centime. Par contre, des particuliers nous ont aidés avec ce qu’ils pouvaient. Sans oublier aussi les habitants du village Imesdourar qui nous ont ouvert les portes de leurs maisons», déplore Karim. Selon nos interlocuteurs, les maisons d’édition ont refusé la diffusion de Slilwan, sous prétexte que le produit est nouveau et qu’il faut des sponsors pour son lancement. «Après ce refus, nous nous sommes résolus à graver des DVD et les vendre sur les marchés publics. L’Office national des droits d’auteur et des droits voisins, pour sa part, nous a exigé tellement de conditions pour inscrire notre produit. Nous y avons renoncé à cette idée.» «Nous attendons les appréciations et réactions du public pour ce travail pour qu’ensuite nous décidons de participer aux festivals et concours de films», concluent nos interlocuteurs qui projettent de se lancer dans le tournage de Slilwan II.

 

Omar Arbane
 
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