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Produits de large consommation

Régulation du marché durant le Ramadhan : Un casse-tête chinois

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le 01.06.17 | 12h00 Réagissez

Si par le passé les prix des produits de large consommation flambaient durant la première semaine de ce mois sacré,cette année, une certaine stabilité  a été constatée. Et ce, grâce aux différentes mesures prises par les autorités publiques afin de mettre fin à la spéculation. Il reste à savoir si ces mesures vont être maintenues tout au long de l’année, notamment l’affichage des prix. Sachant que les spéculateurs guettent la moindre occasion pour s’enrichir au détriment du pouvoir d’achat des Algériens.

L’affichage des prix est l’un des moyens utilisés par les services du ministère du Commerce afin de réguler un tant soit peu le marché des produits de large consommation, notamment en ce mois sacré. La dernière note, 1149 du 7 mai 2017, oblige tous les bouchers proposant des viandes fraîches importées de distinguer entre cette dernière et la viande locale et de mettre une étiquette mentionnant que cette viande fraîche est importée, le pays d’origine et le prix. Mais cette note peut-elle réellement mettre fin aux agissements de certains bouchers aux intentions malsaines ? Ces derniers ne peuvent-ils pas profiter de cette procédure d’importation de la viande fraîche pour faire croire à leurs clients que c’est de la viande locale ?

Pour les services de la répression des fraudes et de la protection des consommateurs, la triche des bouchers n’est pas possible dans la mesure où la viande fraîche importée peut être distinguée de la viande localepar sa texture et sa couleur. «Nos agents sur le terrain peuvent bien distinguer entre les deux viandes, en plus nous travaillons en étroite collaboration avec les services d’hygiène des communes.

Ces derniers disposent d’un vétérinaire», rassure M. Dehar, chef de brigade de la répression des fraudes. Notre interlocuteur souligne que tous les bouchers ont été sensibilisés quant à cette nouvelle note. Mais en plus de l’apparence, qu’est- ce qui distingue en vérité la viande locale de la viande fraîche importée ?

En premier lieu, le consommateur constate la différence au niveau des prix. Entre la viande fraîche locale et la viande fraîche importée, il y a au moins 200 da de différence. De plus, contrairement à la viande locale, la durée de validité de la viande fraîche importée est de 3 mois. Cette dernière est conservée à une température qui varie entre 0 et 4°C pendant trois mois. Ce qui suscite des soupçons de certains consommateurs dont certains sont allés jusqu’à dire que des conservateurs ont été ajoutés afin de maintenir cette viande fraîche. Questionné à ce sujet, M. Dehar explique que c’est une viande conservée sous-vide.

Cela veut dire que tout l’air contenu dans les sacs de conservation a été dégagé. Cette technique permet d’éviter la prolifération des bactéries, voire le pourrissement de cette viande. Ce contrôleur de qualité précise qu’une fois le sachet ouvert, sa durée de vie ne doit pas dépasser trois jours. Faut-il rappeler que la commercialisation de la viande congelée, une viande qui était à la portée des petites bourses, a beaucoup reculé. Raison ? Un ex-commerçant de gros de viande congelée, exerçant dans la région de Bordj Bou Arréridj, nous révèle l’instabilité caractérisant ce marché. «L’importation de cette viande a sensiblement baissé. En plus, il y a ceux qui exercent leur monopole.

J’ai dû arrêter ce commerce en raison de l’indisponibilité du produit», révèle-t-il. La régulation des prix durant le mois de Ramadhan ne se limite pas au marché des viandes, d’autres produits de large consommation durant ce mois sacré sont touchés également par ces mesures de régulation, à savoir les fruits et légumes, les légumes secs, le lait, l’huile, la semoule, la farine et les pâtes, les olives et l’huiles d’olive également.

Au niveau de la capitale, 5 marchés spécial Ramadhan ont été ouverts, et ce, suite à l’instruction n°28 du 28 mars 2017 relative au lancement de marchés à l’occasion du mois de Ramadhan. La placette de l’UGTA abrite 75 opérateurs. Une autre surface au niveau de la Safex a été réservée à la vente des produits précités, d’une capacité de 200 à 250 opérateurs. La place Chebchab à Rouiba, d’une capacité de 80 à 100 opérateurs, permettra d’alimenter les consommateurs d’Alger-Est. Un autre espace d’une capacité de 100 opérateurs a été également dégagé à Bab El Oued, au niveau de l’ouest d’Alger, un marché d’une capacité de 10 à 15 opérateurs a ouvert ses portes à Aïn Benian.

Au niveau de ces marchés, le consommateur trouvera tous les produits qui sont touchés par une hausse vertigineuse durant le mois de Ramadhan, à des prix abordables. A titre d’exemple, au niveau de la placette de l’UGTA, certains opérateurs cèdent leurs produits au prix d’usine, tandis que d’autres ont opté pour le prix de gros afin de ne pas léser les clients. Il faut noter que les prix appliqués au niveau de ces marchés affichent une réduction d’environ 30% par rapport aux prix appliqués au marché de détail.

Ces mesures visant à stabiliser les prix et mettre fin à la spéculation ont eu un écho durant cette première semaine du mois de Ramadhan. Pas seulement. «Même le comportement des consommateurs a beaucoup changé par rapport aux années précédentes. Le consommateur algérien ne stocke pas les produits comme il le faisait auparavant», assure M. Dehar, qui souligne que les produits de large consommation sont moins chers que l’année dernière.
 

Rahmani Djedjiga
 
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