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Inondations du 10 novembre 2001

Quand Alger découvre sa vulnérabilité

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le 12.10.17 | 12h00 Réagissez

Le 10 novembre 2001, l’Algérie se réveille sur une des catastrophes naturelles  les plus meurtrières de son  histoire. La nuit du 9 au 10 novembre, des pluies diluviennes se sont abattues sur la capitale.

Des crues dévastatrices ont balayé tout le quartier de Bab El Oued, faisant plus de 800 morts et une centaine de disparus et des dégâts matériels estimés officiellement à 33 milliards de dinars. Les  fortes précipitations, estimées à 210 mm en quelques heures seulement n’expliquent pas à elles seules l’ampleur de cette hécatombe.

Des questions restent encore aujourd’hui sans réponses. Qui est le responsable de toutes ces vies fauchées ? L’ampleur des dégâts humains et matériels constatés au niveau Bab El Oued,  sortie  ainsi de l’anonymat, ainsi que dans les communes voisines, a permis à l’opinion publique  de lever le voile sur une gestion catastrophique du foncier avec une attribution anarchique des permis de construire et une exploitation inconsciente du terrain agricole et forestier dans la construction. C’était donc l’occasion de connaître de près le drame des familles ayant fui le terrorisme et ont construit des habitations de fortune à même le lit de l'oued.

Ce dernier, qui devait évacuer les eaux pluviales était ainsi  obstrué par les constructions et les tonnes de déchets. Les terrains limitrophes étaient également fragilisés par un déboisement effréné et non étudié.  Les spécialistes qui se sont exprimés alors étaient formels, l’obstruction du oued et le déboisement  ayant fragilisé les  terrains près du oued, ont eu pour effet, de créer une sorte de barrage ayant cédé sous l’effet de la pression de l’eau, et ce fut le déluge. Beaucoup de familles ont perdu les leurs, emportés par les crues torrentielles.  Les images des centaines de constructions à  Frais Vallon, à Triolet, Sidi Benour, Oued Koriche et encore plus haut à Beau Fraisier croulant sous des amas de boue, resteront à jamais gravées dans la mémoire des Algériens.  Mais c’est surtout la gestion des risques majeurs qui a été pointée du doigt.

Qui a failli dans le déclenchement du plan Orsec (Organisation des secours), qui existe depuis 1985 mais sans les textes définissant son fonctionnement ! Entre vétusté des canalisations, et non-prise en compte du bulletin météo spécial et l’alerte des secours, les responsabilités ne sont pas encore situées. De  nouveaux textes ont vu le jour pour éviter la répétition de cette catastrophe. La nouvelle réglementation  instaure  une assurance obligatoire pour tous les logements, reste aujourd’hui a veiller sur son application . Une commission des risques majeurs a été instituée au niveau des communes. Les BMS sont communiqués et relayés par les médias.

La réglementation a été renforcée en matière de délivrance de permis de construction, avec prise en compte des paramètres de sécurité. Aujourd’hui, les traces de la catastrophe ont été effacées et c’est toute la ville de Bab El Oued qui a été réaménagée pour éviter un pareil scénario à l’avenir. Le lit du oued a été dégagé grâce à de vastes opérations de relogement avec conversion des terrains dégagés en espaces verts. Mais l’image de la pluie qui tombe ne  sera certainement  plus vue du même regard par les habitants de cette ville.  
 

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