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Procès en France de Béatrice Huret

Passeuse présumée d’un migrant par amour

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le 28.06.17 | 12h00 Réagissez

Le scénario est digne d’un film hollywoodien : Béatrice Huret, 45 ans, ex-sympathisante d’extrême droite tombée amoureuse d’un migrant iranien de la «Jungle» de Calais, est jugée depuis hier en France pour l’avoir aidé à passer en Angleterre, «par amour».

Soupçonnée d’avoir organisé «le passage d’étrangers au Royaume-Uni et en assurant leur prise en charge (...) en bande organisée», elle risque jusqu’à 10 ans de prison, notamment pour avoir fait passer son amoureux en bateau vers la «terre promise» anglaise en juin 2016. Veuve d’un policier aux frontières, formatrice pour adultes, Béatrice Huret menait une vie routinière, mais qui bascule une première fois en février 2015, quand elle découvre la «Jungle» de Calais «par hasard», en prenant en stop un jeune réfugié soudanais qu’elle dépose à l’entrée du camp. «Cela a été un choc», explique-t-elle. La «Jungle», où de 6000 à 8000 migrants vivaient dans un bidonville insalubre, avec l’espoir de passer en Angleterre, a été démantelée en novembre 2016 par les autorités françaises. Béatrice Huret décide de devenir bénévole. Un an plus tard, elle croise le regard de Mokhtar pour la première fois. Il fait partie des migrants iraniens qui se sont cousus la bouche pour protester contre le démantèlement d’une partie du bidonville.

C’est «un coup de foudre», confie-t-elle. Après avoir perdu sa trace, elle accepte des mois plus tard via une connaissance de la «Jungle» d’accueillir Mokhtar et un autre Iranien à son domicile, où elle vit avec sa mère, 76 ans, et son fils Florian, 19 ans. Leur relation débute : «Mokhtar m’a rendu le goût de l’amour oublié», écrit cette ancienne électrice du parti d’extrême droite, le Front national, pour qui elle votait «sans se poser de questions». Désireux de rejoindre l’Angleterre coûte que coûte, Mokhtar tente un passage en camion.

Echec. Vient alors l’idée d’acheter un bateau pour la traversée — périlleuse — du détroit, une pratique peu courante. Béatrice Huret achète un bateau sur internet et organise la traversée de Mokhtar et de deux autres Iraniens le 11 juin 2016. Son nouveau compagnon de 37 ans, ex-professeur de persan en Iran, vit maintenant à Sheffield, dans le nord de l’Angleterre, où il a obtenu un permis de travail. Il reçoit régulièrement la visite de Béatrice Huret... qui est interpellée à son travail mi-août et placée en garde à vue. Accusée d’être une «passeuse», elle rétorque dans son livre (Calais, mon amour, ed. Kero) : «J’ai amené un bateau sur une plage. Point. Je l’ai fait par amour (...), ça ne m’a rien rapporté.»

AFP
 
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