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«Octobre Noir», une histoire qui reste à écrire

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le 28.09.17 | 12h00 Réagissez

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les six jours d’émeutes qui ont ébranlé le pays au début du mois d’octobre 1988.

La thèse d'une «explosion populaire spontanée» a été immédiatement écartée par les analystes. «La rue n'a été que le catalyseur de conflits larvés», écrivit Révolution Africaine, en décembre 88. «Qui étaient ceux qui brûlaient, détruisaient avec le plus d'acharnement et avec une grande efficacité, celle de professionnels ?

Certains d'entre eux ont été surpris par les manifestants en train de communiquer par talkie-walkie. Pourquoi les forces dites de l'ordre étaient totalement absentes des rues d'Alger le 5 octobre, le jour des grandes casses ? En liaison avec la question précédente, y a-t-il des forces au sein de différents appareils qui encouragent la casse pour justifier la répression et dénaturer le mouvement ? Sinon, pourquoi ces arrestations de patriotes qui participaient aux manifestations en s'opposant à la casse ?», peut-on lire sur les colonnes de Saout Achaab daté du 23 octobre.

Le 7 octobre, l'APS fait état d'une «machination subversive» et d'un «complot évident» provoquée par «un petit nombre d'éléments hostiles» en vue de «satisfaire leurs honteux appétits». Beaucoup ont rappelé le discours du président Chadli, le 19 septembre, appelant à faite grève et dévoilant, sans citer nommément les protagonistes, les conflits larvés entre les deux courants qui cohabitaient au sein du pouvoir.

L’un encore attaché à l’héritage socialiste de Boumediène, l’autre prônant l’ouverture économique. Il s’en prend aux spéculateurs, les nouveaux riches, les incompétents, et vise une partie de l’appareil d’Etat incapable de s’adapter : «Ceux qui ne peuvent suivre doivent choisir : se démettre ou bien ils seront écartés».

Cette menace s’adresse à l’aile gauche du FLN qui va immédiatement riposter par la voix de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), syndicat officiel du régime : «Les travailleurs algériens n’accepteront jamais une quelconque atteinte aux acquis de notre révolution socialiste, ni à l’indépendance politique et économique du pays» (Révolution du 14-10-88). Mais c’est surtout l’histoire occultée de quelques jeunes, dont beaucoup d’adolescents, qui ont affronté les chars à mains nues.

L’armée est montrée du doigt comme étant la principale responsable des massacres. «Après les émeutes, écrit Lahouari Addi, sociologue politique, les responsables de l’armée ont été convaincus que des changements institutionnels devaient s’opérer. Ces changements avaient pour objectif seulement d’élargir les possibilités de choix de l’armée parmi les courants et personnalités à qui elle devait confier le gouvernement. Les réformes politiques ne devaient en aucun cas remettre en cause la prérogative souveraine de l’armée».

Oui, beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les six jours d’émeutes qui ont ébranlé le pays au début du mois d’octobre 1988. Mais force est de constater que trente ans plus tard, rien n’est entrepris pour faire toute la lumière sur ces 500 morts, les milliers d’arrestations arbitraires et les nombreux cas de tortures. L’histoire du 5 octobre 1988 reste à écrire. 
 

A. B.
 
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