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Tahar Houchi. Réalisateur de Salah, un Kabyle de Palestine

«Mon documentaire est un appel à la réparation d’une injustice»

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le 03.08.17 | 12h00 Réagissez

«Mon documentaire est un appel à la réparation d’une injustice»

Tahar Houchi est le réalisateur du film documentaire intitulé Salah, un Kabyle de Palestine. Ce journaliste et critique de films est le fondateur et directeur artistique du Festival international du film oriental de Genève (Fifog). Il a réalisé successivement Yidir, premier volet d’une trilogie sur l’enfance, qui a été sélectionné dans plus de 15 festivals, et Kousayla, deuxième volet de la trilogie, qui sera suivi par Dihya. Nous l’avons rencontré lors du Festival d’Oran du film arabe.

Comment vous est venue l’idée de traiter ce sujet qui met en lumière la douloureuse histoire de ces Algériens exilés, dont les générations successives caressent depuis un siècle et demi le rêve de revenir en Algérie, terre de leurs ancêtres ?

Le sujet m’est tombé sur la tête sans prévenir. Alors que j’étais au Liban, un collègue m’a donné son contact et je suis parti à l’aventure au sud du Liban, en faisant fi de tous les dangers que l’on rapporte. J’arrive dans un camp palestinien, Bordj Shmali, à Tyre. Sur place, je pensais rencontrer une personne.

Quelle fut ma surprise de trouver tout un quartier peuplé de personnes d’origines nord-africaine. Ma surprise fut double en constant que la majorité, notamment les plus âgées, parle couramment le kabyle. Je suis reparti avec un reportage journalistique. Durant mon bref séjour, on m’a parlé de leurs problème et difficulté à jouir de leurs droits d’Algériens.

Leur situation administrative est suspendue. C’est une question de justice, de reconnaissance et de réparation. Leurs ancêtres ont été chassés par le colonialisme. Leur rêve est de revenir en Algérie, terre des ancêtres. Cela m’a touché et j’ai promis de revenir. Cela été fait malgré les obstacles et les écueils pour interviewer des personnes en kabyle à travers tout le Liban : Tyr, Saïda, Beyrouth et Tripoli.

Des difficultés particulières pour monter ce film documentaire ?

Faire un film est une aventure en soi. Au delà de la question des moyens, c’est la difficulté de gagner la confiance des personnes à filmer. Ensuite se pose le problème du déplacement dans un pays où les équilibres politiques et sécuritaires sont imprévisibles. Enfin, la difficulté à trouver la bonne information et sa vérification. Cela nous amène à un film qui effleure le sujet et le pose crûment sur la scène publique et médiatique. D’ailleurs, mon film se contente de donner la parole à ces personnes et sert de relais à leurs revendication et espoir.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué pendant le tournage ? Quel sentiment vous a inspiré cette histoire bouleversante de ces Algériens exilés et non reconnus par les autorités de leur pays d’origine ?

La grande émotion et surprise a été toujours d’entendre le kabyle parlé d’une manière fluide, et ce, à travers tout le Liban. Aussi, il est impossible de ne pas avoir un pincement au cœur d’entendre ces personnes raconter les divers sacrifices accomplis pour enfin se retrouver apatrides et sur la touche.

Les ancêtres ont payé le prix très cher de leur attachement à la liberté et à la résistance contre le colonialisme français. Puis, leur combat contre le sionisme et enfin leur implication dans le processus de libération nationale. Il est vraiment touchant et choquant de rencontrer une dame de 80 ans, fille de résistants, se retrouver à demander l’asile dans un pays européen, pendant que son pays lui est interdit. Le message du film est simple : ces Algériens, kabyles et arabes, sont algériens et peuvent jouir de l’indépendance et avoir leurs droits élémentaires : la nationalité.
 

Cherif Lahdiri
 
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