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Mercuriale en folie

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le 13.04.17 | 12h00 Réagissez

Le marché de gros de fruits et légumes d’Attatba (Tipasa) n’a pas échappé à cette atmosphère tendue qui perdure à cause du déficit de l’offre  des fruits et des légumes en ce premier trimestre 2017. Une situation de crise qui n’a pas dévié l’Emagfel de ses ambitions.

Retour à la réalité. Le 29 mars 2016, le kilogramme de pomme de terre blanche coûtait 25 DA, tandis que pour la même journée  de  l’année  en cours (2017), le prix de ce légume de base des populations  algériennes a fait un bond pour atteindre 60 DA, soit un écart de 35 DA pour un kilogramme.

Pourtant, en 2016, il n’y avait point de stocks de pomme de terre rouge dans les carreaux, plus grave encore, aucune pomme de terre n’était  stockée dans l’une  des 10 chambres froides en panne. Le kilo de tomate a fait un bond, passant de  50 DA, en 2016, pour atteindre la barre des 120 DA, en 2017. L’ail sec importé  coûte, en  2017, pas  moins de 1650 DA le kilo, alors qu’en 2016,  son prix ne dépassait  pas les 460 DA le kilo. Le citron, qui s’écoulait au marché de gros d’Attatba à 90  DA le kilo en 2016, a vu son prix atteindre la barre des 150 DA. Le coût de l’olive est passé, en une année, de 250 DA  à 420 DA.

Quant à la banane, elle a tout simplement disparu de la mercuriale en ce début du premier trimestre 2017, alors que pendant la même période de l’année passée (2016), le kilogramme de bananes s’écoulait à 200 DA/ kg.  Il est inutile de s’étaler encore sur ces écarts de prix. Le pouvoir d’achat s’effrite. Au lendemain de la vente de la pomme de terre sur les étals des marchés de la wilaya de Tipasa au prix de 85  DA le kilo, en date du 28 mars 2017, un détour au marché de gros s’avère impératif.

Interrogé sur ce cas précis du prix de la pomme de terre qui n’est plus à la portée des petites bourses, malgré le fait que c’est un aliment de base pour l’écrasante majorité  des familles  algériennes, le directeur général du marché de gros d’Attatba nous révèle que son entreprise n’a réceptionné en cette journée que 4 véhicules de faible tonnage chargés de pomme de terre. «Nous avons l’habitude d’enregistrer l’arrivée quotidienne de 80 véhicules, naturellement les prix réagissent en hausse rapidement, car l’offre est inférieure à la forte demande», explique-t-il.

Des mandataires considèrent que le premier trimestre, allant de janvier à mars, est une période creuse. L’Etat devra intervenir en cette période pour épargner les citoyens de la spéculation. Ils rappellent que le rythme du marché fonctionne selon l’arrivée des produits dit "primeurs", qui arrivent du Sud, ensuite de saison et  de l’après-saison. Néanmoins, ils veulent rassurer les ménages. «Les prix vont chuter à compter du mois d’avril», disent-ils.

«Savez-vous que des collecteurs-livreurs de  pomme de terre, qui approvisionnaient  les  marchés de gros  en ce légume, ne pouvaient pas venir du sud du pays, car les gendarmes installaient une bascule dans leurs barrages afin de vérifier si la tare du camion était respectée, bien entendu le téléphone fonctionnait et l’alerte est aussitôt donnée, entraînant l’arrêt de l’arrivée des wilayas du Sud de ces camions collecteurs-livreurs au marché», concluent-ils. L’approvisionnement  du  légume (pomme de terre) s’arrête et la tension surgit dans les souks.

Les  regards des responsables de l’Emagfel  (Entreprise du marché de gros des fruits et légumes) d’Attatba, localité qui relève de la daïra de Koléa, sont braqués maintenant sur  d’autres horizons, afin de se protéger contre la concurrence, de préserver les emplois,  d’augmenter le volume de leurs  ressources,  d’une part, et  d’autre part, pour réhabiliter la vocation de l’entreprise  publique, dans le but de réguler le marché de fruits et légumes. Il y a lieu de signaler que le premier  gestionnaire de l’Emagfel, un ingénieur agronome de formation, vient de trouver l’astuce pour remettre en service les chambres froides qui étaient totalement à l’arrêt depuis des décennies.

En effet, l’espace dans lequel se trouvaient les chambres froides  avait été aménagé en  5 carreaux  pourvus  du matériel de froid, avant qu’ils ne soient mis aux enchères publiques et redevenir opérationnels. Les agriculteurs  de l’EAI (Exploitation agricole individuelle), mitoyenne avec le marché de gros, de surcroît sous-exploitée, viennent de donner leur accord, selon notre interlocuteur, pour céder  leur parcelle qui s’étend sur une surface de 4 ha.

Ils souhaitent récupérer une autre surface à la place de l’EAI. L’avenir de l’Emagfel  ne peut  se réaliser qu’à travers  l’extension qui se fera à partir  de cette EAI, qui ne produit pas assez pour sa rentabilité. Le plus grave dans cette situation, c’est  que  jusqu’à l’heure actuelle, aucun wali de Tipasa  n’a voulu prendre l’initiative  pour entraîner vers le haut ce marché de gros, en encourageant la création  d’une agence bancaire. Les démarches effectuées auprès des autorités locales  par le PDG de la BADR sont  demeurées vaines. Aujourd’hui, des centaines de milliards de centimes sont brassés quotidiennement à l’intérieur de l’enceinte du marché. Les acheteurs  et les fellahs  courent des risques énormes à l’extérieur du marché. L’Emagfel s’était dotée depuis des années de caméras de surveillance.

Cela explique l’inexistence des agressions à l’intérieur du marché de gros de fruits et  légumes  d’Attatba. La mévente des produits agricoles doit faire réagir les autorités. Les gestionnaires de l’Emagfel avaient conçu un projet qui demeure l’unique salut pour récupérer les tonnes de produits invendus, jetées dans les poubelles. Il s’agit de la création d’une unité de compostage, afin de transformer les «déchets» et fabriquer les engrais. Ce projet est toujours  gelé en  raison de l’absence d'espaces. D’ailleurs, l’autre projet, le deuxième, bute sur le même problème.

Il s’agit de l’aménagement  d’une plate-forme de conditionnement  des fruits et légumes aux normes internationales, tout en créant une coopérative pour accompagner le développement de cette unité de conditionnement  et de commercialisation des produits agricoles de grande qualité. Les fellahs affichent leur intérêt pour ce projet. L’unique issue pour la concrétisation de ces projets réside dans l’acquisition de nouveaux  espaces. Il n’en demeure pas moins que les gestionnaires de l’Emagfel viennent d’innover dans l’attente de l’extension de leur marché de gros.
 

M'hamed Houaoura
 
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