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Les Britanniques tombent des nues

Leur ancêtre est un Noir aux yeux bleus

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le 15.02.18 | 12h00 Réagissez

C ’est ce que vient d’étaler toute la presse britannique, après la diffusion, le 6 février, d’un documentaire sur Channel 4, une chaîne commerciale, qui montre et explique le résultat d’une recherche et d’une modélisation : le buste d’un Noir avec des yeux bleus.

Des chercheurs du Natural History Museum de Londres ont, en effet, pu analyser l’ADN d’une excellente qualité, prélevé sur le crâne de «Cheddar Man» le plus ancien des Britanniques, trouvé en 1903 dans la vallée de Cheddar, également célèbre pour son fromage, dans le comté de Somerset, à l’ouest du Royaume-Uni.

Les ossements de Cheddar Man datent de 10 000 ans, de la fin de la dernière période glaciaire. Cet hominidé moderne est un migrant venu d’Afrique en passant par le Moyen-Orient et l’Europe occidentale il y a 45 000 ans, avant de passer en Grande- Bretagne, en empruntant des passages aujourd’hui immergés par la Manche et la mer du Nord.

Pour pratiquer l’analyse ADN, les scientifiques ont fait un trou de 2 mm de diamètre dans ce crâne millénaire afin d’obtenir quelques milligrammes de poudre d’os, ils ont pu tirer de cet échantillon un génome complet, qui renfermait des informations sur l’apparence et le style de vie de ce lointain ancêtre, rapporte le Guardian, qui a immédiatement repris l’information.

Le visage de Cheddar Man a pu être imaginé grâce à une impression 3D réalisée par les frères Kennis, deux artistes spécialisés dans la reconstruction paléontologique en deux et trois dimensions.

Surprise donc, Cheddar Man avait la peau foncée, des yeux bleus et les cheveux bouclés. Jusqu’à présent, on lui donnait un teint clair et une chevelure fournie. «Les gènes de la peau claire sont devenus courants chez les populations européennes bien plus tard qu’on ne le pensait à l’origine», explique Tom Booth, un des chercheurs impliqués dans les travaux.

La peau pâle absorbe mieux la lumière UV et aide les humains à éviter la carence en vitamine D. Selon les estimations, quelque 10% des Britanniques blancs ont un lien de parenté direct avec ces populations.

Tom Booth, archéologue, et Yoan Diekmann, biologiste, qui ont contribué à l’étude, ont déclaré que «cela prouve vraiment que les catégories raciales imaginaires que nous avons sont des constructions très modernes, qu’il est impossible d’appliquer au passé et que la connexion entre britannicité et le fait d’être blanc de peau n’est pas une vérité immuable». Cette découverte surprenante a, bien entendu, soulevé des réactions diverses.

Celle de scientifiques, qui mettent doute les procédés et les résultats, celle d’extrémistes et de racistes, qui traitent les chercheurs de «charlatans» parce qu’ils ne connaissent pas l’histoire de leur ancêtres, les Celtes et des Germains, apparus 9000 plus tard, on le sait, et celle, plus générale, qui s’amuse de la stupéfaction de leurs concitoyens, qui découvrent que leur ancêtre était un Noir.

Slim Sadki
 
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