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«Vous m’importunez pour un ticket alors que l’Algérie entière est pillée», se défendent-ils

La révolte des resquilleurs

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le 16.03.17 | 12h00 Réagissez

Le train de Chlef arrive à la gare de l'Agha à 11h30, dimanche, journée connue pour l’afflux des voyageurs. Les agents au niveau de cette station s’apprêtent à effectuer le contrôle habituel des tickets sous l’œil vigilant du responsable de la gare.

De prime abord, tous les voyageurs exhibent leur billet. Au bout de quelques minutes, les contrôleurs conduisent une dizaine d’entre eux pour les «obliger» à payer l’amende y afférente ! Que se passe-t-il ? Osons-nous. «Ils n’ont payé réellement que 20 DA, soit l' équivalent de deux stations pour faire tout le voyage de Blida jusqu’à Alger. Ils ont payé ces 20 DA pour accéder à la station. Ce genre de cas est récurrent», explique le responsable du contrôle à la gare de l’Agha.  Ces  voyageurs vont payer  ce qui leur reste du coût de leur voyage et une amende de 200 DA. Si certains acceptent de payer sans contester, d’autres font sortir l’argument habituel : «Vous ne voyez que ce petit ticket.

L’Algérie entière est pillée», lancent certains voyageurs aux contrôleurs qui ne sont réellement que des fonctionnaires d’une entreprise à caractère économique, à savoir la SNTF (Société nationale du transport ferroviaire). «On ne fait que notre travail. On ne fait pas dans le social», se justifie un contrôleur face à la critique de certains voyageurs qui les dénoncent. Face à l’insistance de ces voyageurs qui ne veulent pas payer leur billet sous prétexte qu’ils n’ont pas d’argent, un agent les conduit au poste de police pour leur faire signer un PV.

«Au niveau de ce poste, on retient leurs renseignements pour leur envoyer une convocation afin de payer leur billet et l’amende ultérieurement. S’ils ne payent pas après avoir reçu la première convocation, on leur donne une deuxième chance, soit un délai de 15 jours avant de transférer leur dossier vers la justice», affirme notre interlocuteur. Avant même que les procédures du premier contrôle ne se terminent, le train de Thénia arrive. En gilets jaunes, les agents courent encore une fois pour intercepter les premiers voyageurs qui se précipitent vers la sortie.

De nombreux cas d’infractions ont été signalés. «Ils payent à peine la moitié du voyage effectué», nous indique-t-on. C’est le cas de trois étudiants venus de Boumerdès à Alger. Ils n’ont payé que pour deux stations (Boumerdès-Boudouaou). Soit 20 DA. Ces étudiants se montrent d’une violence verbale inouïe à l’égard du contrôleur. «Je n’ai pas d’argent pour payer», lance le premier soumis au contrôle. «Donnez-moi alors votre carte d’identité», lui demande le contrôleur.

«Je n’ai pas de carte d’identité. Mais je peux vous donner mon nom et mon adresse oralement», répond l’étudiant qui sort de sa poche quelques pièces de monnaie : «Voici, c’est tout ce que j’ai», une somme qui est loin de couvrir les frais de son billet et du procès qu’il doit payer. «Mais je ne demande pas l’aumône», lance fermement l’agent de contrôle, qui le conduit vers le poste de police. Ces trois étudiants se dirigent vers le poste de police, et l’un d’eux lâche : «S’il s’agissait de filles, vous leur auriez pardonné !»

Une question : l’attitude des resquilleurs peut-elle s’expliquer ? Pour les usagers mécontents des prestations de service de la SNTF, la réponse est affirmative. Un de ces usagers témoigne : "Avant d’exiger de payer le prix du ticket, les prestations doivent être à la hauteur. Or, chaque jour que Dieu fait, la SNTF multiplie les atteintes au droit du client : des trains le plus souvent en retard, des grèves des travailleurs inopinées et très souvent sans préavis, des intervalles entre les trains de plus en plus espacés… le fait est que la SNTF fait preuve d’un manque de respect caractérisé envers ses usagers ?

Autre grief retenu contre la SNTF, le fait qu’elle n’apporte pas d’assistance en cas d’accident, comme cela a été le cas à Boudouaou, où deux trains sont entrés en collision. Un vieil homme originaire de Béjaïa, blessé à la main et soigné à l’hôpital de Boudouaou, s’est retrouvé vers 21h abandonné à son sort, se demandant comment faire pour rentrer chez lui". 
 

Rahmani Djedjiga
 
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