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Noureddine Benissad. Président de la LADDH

«La mendicité est une manière de faire travailler les enfants»

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le 15.06.17 | 12h00 Réagissez

 
	Le 12 juin dernier, l’Algérie a célébré à travers ses organismes officiels (le ministère du Travail et de la Sécurité sociale), la Journée mondiale de la lutte  contre le travail des enfants. Le slogan retenu cette année est : «Dans les conflits et les catastrophes, protégeons les enfants du travail des enfants».
Le 12 juin dernier, l’Algérie a célébré...

Chaque jour des dizaines d’enfants sillonnent des rues, ruelles et stations de bus et de trains, encourant ainsi tous les risques afin de solliciter l’aide des gens pour apporter de l’argent à leurs familles.

Pire encore, ils sont parfois utilisés pour commettre des vols. Une vidéo circulant récemment sur le net montre deux fillettes -8 ans peut-être- accompagnées par un adulte, volant, avec la complicité de leur accompagnateur, des articles d’habillements dans un magasin de vêtements. L’exploitation touche même les nourrissons.

Ces derniers, dont l’âge ne dépasse parfois pas le premier trimestre, sont exposés aux aléas du climat (froid, pluie et chaleur). Pour Me Noureddine Benissad, président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), la mendicité, d’une manière générale, est une exploitation. «C’est une manière de faire travailler des enfants d’une manière inhumaine et illégale», considère Me Benissad, qui n’exclut pas en premier lieu la responsabilité de leurs parents, mais aussi celle de l’Etat. «Il y a suffisamment de textes légaux pour réagir», rappelle l’avocat.

Mais jusque-là rien n’a été fait pour sauver ces enfants des mains de leurs exploiteurs, qu’ils soient parents ou autres. Le phénomène de l’exploitation des enfants dans la mendicité s’étend aux réfugiés subsahariens se trouvant sur le sol algérien. Ce sont des milliers d’enfants qui traversent le désert dans des conditions inhumaines pour arriver au nord de l’Algérie. Leur séjour se fait dans des conditions des plus lamentables. (Ils dorment à même le sol sur les abords des voies ferrés, exposés au froid glacial pendant la saison hivernale et aux fortes chaleurs durant l’été.

Les conditions d’hygiène sont quasiment absentes. L’Algérie, qui a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, 1989, le 19 décembre 1992, et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, 1990, le 8 juillet 2003, n’a visisblement mis en place aucyun programme pour les prendre en charge.

Qui est censé protéger les enfants subsahariens se trouvant sur le sol algérien ? Pour maître Benissad, "la responsabilité de l’Etat algérien en matière de la protection de ces enfants est entièrement engagée. Il y a l’obligation et le devoir de l’Etat de les protéger en matière d’éducation, de santé et autres besoins d’ordre matériel", souligne-t-il. Ce défenseur des droits de l’homme insiste sur le fait que tous les enfants ont les mêmes droits, «un enfant est un enfant, on ne fait pas de discrimination». Pour lui, il n’y a pas assez de volonté pour insérer les enfants subsahariens et les protéger.

«On assiste à une régression en matière de protection des enfants», constate le président de la LADDH, estimant que ces derniers, même s’ils sont issus de différentes nations, une fois qu’ils sont sur le sol algérien leur place est à l’école. Du côté de la société, les attitudes relevées sont presque les mêmes que celles de l’Etat. Si certains citoyens se montrent attentifs à leurs conditions en leur proposant de l’argent et des vêtements, d’autres se montrent très hostiles à leur égard.

Un cas d’agression (parmi d’autres peut-être) : la scène se déroule à l’intérieur d’un train desservant la banlieue d’Alger (Thenia-Alger). Un enfant subsaharien d’à peine 6ans est monté au niveau de la station de Dar El Beida pour quémander de l’argent, comme il a l’habitude de faire.

L’enfant se déplace à travers les rames réclamant sadaka. En arrivant à Oued Smar, vers 9h 30, l’enfant pousse des cris et cours vers l’arrière. C’est un homme d’environ 50 ans qui l’a frappé, estimant qu’il le dérange. Il a fallu l’intervention de l’agent de sécurité pour que cet homme arrête de traquer l’enfant. A qui la faute ?

Rahmani Djedjiga
 
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