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Sur 15 thoniers algériens, 7 se trouvent dans la wilaya de Tipasa

La flottille pour la pêche au thon renforcée

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le 04.01.18 | 12h00 Réagissez

Sur un total de quinze thoniers à l’échelle nationale, la wilaya côtière de Tipasa est pourvue de sept thoniers.

Aucun navire (thonier, ndlr) de la flotte algérienne ne dépasse la longueur de 30 mètres. C’est un handicap quand il s’agit d’honorer les engagements dans les délais en matière de pêche du thon.

D’ailleurs l’ICCAT (International Commission For The Conservation Of Atlantic Tunas), avait réagi violemment envers l’Algérie quand le scandale de la vente «anormale» du thon avait éclaté, mettant en avant des «trabendistes», qui auraient profité de la conjoncture favorable marquée par l’opacité dans la distribution anarchique des avantages financiers alloués. L’importation des navires de pêche avait été une aubaine pour les opportunistes qui s’étaient permis de surfacturer leurs navires grâce à leurs complicités avec les constructeurs étrangers, d’une part, et d’autre part, grâce à l’absence de contrôle des fonctionnaires chargés de protéger l’économie nationale et de vérifier rigoureusement le processus d’acquisition des engins de la mer.

Bref, l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique), dont le siège se trouve à Madrid (Espagne) avait pénalisé par conséquent notre pays. A l’issue des interventions officielles des responsables algériens pour récupérer le quota historique, l’ICCAT avait mis à l’essai l’Algérie en 2012 en lui octroyant un insignifiant quota de 120 tonnes, sachant que le quota alloué par l’organisme international à notre pays s’élevait à 1600 tonnes. Un gâchis en 2010 qui est passé sous silence. Saisissant la défaillance algérienne, d’autres pays étaient intervenus pour bénéficier des reliquats des quotas de l’Algérie évalués en centaines de tonnes, quantité importante de thon que devait pêcher notre pays en 2010, 2011, 2012 jusqu’à 2019. L’ICCAT vient de rétablir les quotas de thon jusqu’à 2020.

L’ex-ministre de la Pêche, Sid Ahmed Ferroukhi, avait joué un rôle prépondérant dans la réhabilitation progressive du quota national. En effet, pour l’année 2017, l’Algérie avait disposé d’un quota de 1043 tonnes, celui-ci va crescendo jusqu’à 2020, pour retrouver le quota historique de 1600 tonnes.

La pêche du thon rouge se déroule dans les eaux internationales, du 25 mai au 25 juin de chaque année. A bord de chaque thonier, théoriquement, le représentant de l’ICCAT et celui du ministère algérien de la Pêche sont présents pour faire respecter la quantité de thon rouge à pêcher selon la directive de l’ICCAT. Les zones de pêche du thon sont localisées entre la Grèce, l’Italie et la Libye. Les thoniers algériens tractent les cages flottantes pleines de thon rouge en vie vers les fermes d’engraissement du thon qui se trouvent en Grèce ou en Tunisie. Les «investisseurs» algériens avaient bénéficié de la subvention de l’Etat allant jusqu’à 60%. Leurs engins de mer avaient été acquis dans le cadre de la relance économique initiée par l’Etat au début des années 2000.

Les thoniers algériens relevant de la wilaya de Tipasa, au nombre de sept, avaient payé une taxe de 10,334 millions de dinars pour l’exercice 2017. Les 7 thoniers de la wilaya de Tipasa avaient pêché en 2017 la totalité du quota, soit 522 tonnes de thon rouge sur un quota national de 1043 tonnes. Les transactions commerciales s’effectuent en euros (devises, ndlr) directement entre «l’investisseur» algérien et l’un des patrons des fermes d’engraissement.

Le coût d’une tonne de thon rouge se négocie entre 6000 et 10000 euros, selon un expert au fait de ces transactions. Le gouvernement algérien avait donné son accord pour l’importation de ces navires, des thoniers aux normes internationales, dont la longueur dépasse les 30 mètres. La wilaya de Tipasa a délivré trois licences d’importation au profit de 3 investisseurs du secteur de la pêche, en l’occurrence Robaïne (Bouharoun), Zoutat (Bouharoun) et Ghobrini AEK (Cherchell). Leurs anciens thoniers seront reversés à l’activité sardinale. L’ICCAT ne tolère pas l’augmentation du nombre de thoniers pour un pays. Chaque thonier est codifié et enregistré auprès de l’ICCAT. Le coût d’un seul thonier dépasse très largement le montant de 520 millions de dinars (52 milliards de centimes). Le montage du financement de l’investissement est mixte, entre la BADR et le promoteur. L’ensemble des thoniers de la wilaya de Tipasa sont immatriculés par l’EGPP au port de Gouraya. Après les travaux d’extension et de son aménagement entrepris par la direction des travaux publics de la wilaya, le port de Gouraya est devenu l’unique port d’attache le plus indiqué pour accueillir ces grandes embarcations.

Ce magnifique port de pêche de Gouraya est malheureusement en voie de déliquescence aujourd’hui, notamment par les fuites des eaux qui transforment la chaussée en piscine, l’inexistence des équipements vitaux pour créer des commodités afin de mener une vie au sein de cette importante infrastructure portuaire érigée dans la région déshéritée de la wilaya de Tipasa, des accès déjà obstrués par des tranchées. Cet acquis énorme et coûteux mérite plus d’attention pour une exploitation rentable, notamment le tourisme, en plus de la pêche. L’Algérie s’occupera désormais toute seule avec sa propre flottille pour pêcher le quota de thon rouge alloué par l’ICCAT.

M'hamed Houaoura
 
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