Pages hebdo Magazine
 

Chadli fait rire sous cape

L’humour comme tract de dénonciation

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 28.09.17 | 12h00 Réagissez

De tout temps, les Algériens ont ri de leurs malheurs. Face à une classe politique en décrépitude, la rue algérienne affûtait une nouvelle fois sa meilleure arme : l’humour.

Aussi, quand au début des années 80' les slogans du FLN disaient : «Pour une vie meilleure» ou «Le travail et la rigueur», la rue répondait : «Pour une vie ailleurs» et «Le travail à la rigueur»… La blague politique connaît ses heures de gloire sous le règne de Chadli Bendjedid. La guerre des clans faisant rage au sommet de l’Etat, certains milieux attribuaient la paternité de ces blagues aux services de sécurité.

L'anthropologue Abderrahmane Moussaoui qui a mené une étude sur le sujet (Rire en situation de violence, 2013), explique les origines de cette thèse : «Les blagues feraient partie de leur arsenal stratégique pour pérenniser le régime. Avec la manipulation du rire, ils accomplissent une double mission : ils offrent au peuple un exutoire nécessaire tout en rappelant au responsable brocardé ses faiblesses et ses travers potentiellement nuisibles». Aussi, le président Chadli Bendjedid est-il le plus brocardé depuis l’Indépendance.

Une blague raconte comment, excédé, il demande un jour aux services de sécurité de localiser celui qui est à l’origine de toutes ces plaisanteries. Les enquêteurs lui indiquent que c’est l’un des patrons de la Sécurité militaire qui en est à l’origine. Le président convoque l’homme et lui dit : «Tu n’as pas honte de m’humilier de la sorte en faisant circuler ces insanités sur moi ?»

Le chef sermonné baisse la tête, tandis que Chadli continue : «Moi, président de la République et chef des armées…». Soudain, l’agent réprimandé se redresse et s’écrie : «Là, je vous interromps tout de suite : cette blague n’est pas de moi !». «Attribuer la paternité de certaines blagues politiques aux services de sécurité se constate dans plusieurs pays vivant sous des régimes autoritaires où les services secrets sont considérés comme les véritables détenteurs du pouvoir et les gardiens du temple», souligne Moussaoui.

Il n’y aurait cependant pas une seule source de blagues, mais plusieurs. Hilare, la rue algérienne imagine le Président furieux, qui ramasse toutes les blagues le concernant pour les jeter à la mer. L’on raconte que les poissons en sont sortis morts de rire. 

Amel Blidi
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie