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L’émouvant combat d’un père pour voir sa fille

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le 28.05.17 | 12h00 Réagissez

L’émouvant combat d’un père pour voir sa fille

Meriem et moi nous sommes vus pour la dernière fois il y a plus de quatre mois, samedi 14 janvier, au domicile de sa mère à Alger.

Ce devait être là notre dernière visite sous surveillance.» En prononçant ces phrases, Cédric Shaurli, un Français marié à une Algérienne avant de divorcer, parvient à peine à retenir ses larmes. Cela fait, en effet, plus de 4 mois que ce père, éploré, cherche à  voir sa fille.
Lors qu’il se présente, vendredi, à la rédaction d’El Watan, le jeune homme semblait à bout de forces. Il raconte sa vie. Il résume, pudique. En 2011, il se marie à une Algérienne. Tout allait pour le mieux. «Entre nous, c’était l’amour total. On n’avait même pas de sujet de controverse», raconte-t-il, la voix posée. En juin 2015, une fille est née de cette union.

«C’était le bonheur absolu», se rappelle Cédric. Sur une page facebook intitulée «Un père pour Meriem», il raconte les petites anecdotes, les scènes de bonheur vécues avec sa fille. En 2016, il vient rendre visite à la belle-famille, qui réside à El Harrach, à Alger. Le séjour s’est déroulé normalement. Jusqu’à la veille du retour en France. «Nous étions allés présenter Meriem, âgée de 6 mois, à la famille de ma femme, en Algérie. Je suis allé me doucher. En redescendant, Meriem, sa mère et sa grand-mère avaient disparu», se rappelle Cédric Shaurli. «Le problème est que je ne voyais rien venir !» Contactée au télé-phone, sa femme refuse de s’expliquer. Elle finira par demander et obtenir un divorce parce qu’elle ne voudrait pas que sa fille «devienne une non-musulmane».

Peu importe si son père s’était converti 5 ans auparavant.
Une bataille judiciaire est alors enclenchée. Pour l’amour de sa fille, Cédric vend tout en France. Il obtient le droit de visite tandis que la garde revient à la mère. Mais la belle-famille s’entête. Elle n’accepte la visite qu’en lieu fermé. «Malgré la difficulté de la mission et l’impossibilité de voir ma fille seul sans la présence d’une tierce personne, j’accepte pour pouvoir renouer les fils du dialogue avec mon ex-femme. Mais sans succès», regrette Cédric. Le jeune homme se contentait de ce peu, jusqu’au jour où son ex-femme annonce qu’elle change de domicile. «Elle a fait croire qu’elle est allée à Adrar. J’y suis allé. J’ai rencontré la présidente du tribunal. Mais il s’est avéré que l’adresse est fausse !» Il revient sur Alger. Tente d’amener la femme à le laisser voir sa fille.

En vain. Elle ne répond même pas aux convocations de la justice. Et lorsqu’elle est allée au tribunal, c’est un autre mur qui attend Cédric : à la juge à qui il demandait comment faire pour voir sa fille, elle lui répond sèchement : «Débrouillez-vous !» Depuis janvier, chaque vendredi et samedi, il pointe devant la maison de son ex-belle-famille. «Même si je sais que je ne la reverrai pas, je me présente symboliquement.» Muni d’une rose, d’une poupée et d’un portrait de sa fille, il se met devant la maison. Puis, il repart, bredouille. Il lui reste un seul espoir : l’intervention des autorités de son pays. 
 

Ali Boukhlef
 
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