Pages hebdo Magazine
 

Inscriptions scolaires : Lourdeurs, paperasse et perte de temps

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 21.07.17 | 12h00 Réagissez

A l’ère des nouvelles technologies, passer l’étape des inscriptions et des réinscriptions dans les établissements scolaires n’est pas du tout aisé, que ce soit pour les parents ou pour les élèves, mais aussi pour le personnel chargé d’assurer cette opération en plein été.

L’opération des inscriptions et réinscriptions semblait être une simple formalité. Sur le terrain, c’est le brouhaha. Attente, perte de temps, paperasse, désorganisation… C’est ce que nous avons d’ailleurs vécu la semaine dernière dans un lycée d’Alger (Alger-Est) où la procédure d’inscription des élèves en première année secondaire a pris toute une matinée, voire plus pour certains. C’est en fait le parcours du combattant.

Papiers à retirer des services de l’état civil de la commune, bulletin du dernier trimestre de l’année scolaire à récupérer du CEM et les photos sont des étapes à suivre avant de compléter le dossier pour se présenter au lycée d’accueil où le dispatching des élèves par classe est affiché. Alors qu’auparavant cette procédure se faisait à la rentrée scolaire, c’est-à-dire en septembre et que l’on s’attendait à des mesures d’allègement des documents à fournir, depuis quelques années, les élèves sont appelés à déposer leurs dossiers d’inscription aux collèges et lycées dès la sortie des classes, c’est-à-dire après les délibérations des résultats définitifs.

Paperasse

Cette année, l’organisation d’une session spéciale pour le bac a un peu chamboulé le programme au niveau des directions de l’éducation. D’où ce retard. Dans certains collèges, ce n’est que la semaine dernière que les élèves admis au lycée ont eu leurs résultats annuels et pris connaissance des détails de leur orientation (filière et lycée d’accueil).

Pour en finir et penser au repos après une année de dur labeur, il faut tout de suite après procéder aux inscriptions pour l’année scolaire 2017-2018 avec toute la paperasse exigée : des photos, une résidence, un extrait de naissance, une fiche familiale, des enveloppes timbrées, et bien sûr le règlement intérieur (souvent non respecté par la suite) signé par les parents et dûment légalisé à l’APC.

Du coup, pour se faire délivrer tous ces documents, ce sont les mairies qui sont prises d’assaut. Ce que nous avons d’ailleurs constaté dans une annexe d’une marie à l’est d’Alger où le nombre des agents est loin d’être suffisant face à l’affluence des citoyens qui viennent se faire délivrer les documents exigés.

Pour essayer de mettre en place une certaine organisation, les livrets de famille sont déposés sur le comptoir. A chaque fois, on appelle l’intéressé pour lui délivrer les papiers exigés. Heureusement qu’à ce niveau, le système informatique mis en place facilite quelque peu la tâche. Donc, après les minutes d’attente, les parents, en majorité des mamans accompagnées de leurs enfants, ressortent munis des fameux documents qui finiront dans les tiroirs des écoles, avant d’être jetés à la fin du cursus.

Pénurie de timbres

Vient par la suite, l’achat des timbres. Direction la poste. A notre grande surprise : pas de timbres. «Nous ne vendons plus de timbres», nous répond-on de l’autre côté. Dans un autre bureau de poste, la préposée au guichet nous donne une autre réponse : «Nous n’avons plus de timbres, vous en trouverez dans le kiosque en face.»  Elle nous suggère tout simplement d’acheter les timbres par la voie informelle. Pas d’autre choix face à cette pénurie.

Au lieu de payer le timbre à 25 DA, nous le réglons à 30 DA, soit 5 DA de plus et 150 DA pour cinq timbre au lieu de 125 DA. Avec toute la demande enregistrée, le buraliste a de quoi rentabiliser sa journée. Le calvaire n’est pas fini. Une fois au lycée d’accueil, il faut chercher la classe de l’élève concerné (les listes affichées dans la cour) puis procéder à la vérification du dossier auprès des agents administratifs mobilisés pour la circonstance.

Casse-tête

Et ce n’est pas fini. Si pour cette phase, on arrive tant bien que mal à franchir le pas, pour le paiement des frais de scolarité, l’assurance et le cahier de correspondance (sur lequel sera apposée la photo de l’élève avec son nom, prénom et sa classe) pour la somme de 132 DA, mais en réalité 140 DA (la monnaie n’est pas rendue), la queue est longue et anarchique. Elle est surtout difficile à supporter avec la canicule et toutes les odeurs qui se dégagent dans la salle bondée.

La pression est au rendez-vous pour les agents et les élèves. L’attente ne fait que s’allonger. Les discussions vont bon train sur ce sujet. Les plus chanceux mettent une heure pour régler les frais et ressortir avec le bon de paiement signé par l’intendance et le cahier de correspondance cacheté à la main. Un cahier censé servir de relais entre les parents, les enseignants et l’administration, mais c’est rarement le cas.

Ses pages restent pratiquement vierges à la fin de l’année. Après ce casse-tête, reprendre la chaîne pour déposer définitivement le dossier et enfin sortir respirer loin de la salle archicomble. Toute une procédure entachée de lourdeurs et de contraintes pour des parents qui ont dû, dans de nombreux cas, rater leurs matinées au travail, alors qu’on aurait pu simplifier les choses et faire le tout par internet.

Promesses

Et dire que l’on parle au département de l’Education nationale d’un système d’échanges entre établissements scolaires et parents via SMS. Mais tout porte à croire que ce ne sera pas pour demain.  Ni pour les inscriptions en ligne d’ailleurs, une procédure en vigueur pour les nouveaux bacheliers et pour les inscriptions aux examens de fin d’année (cinquième, BEM et bac). Heureusement. A quand l’allègement pour le reste des modalités ? Il y a lieu d’attendre la mise en application d’un système informatique au niveau des établissements scolaires.

Un système annoncé par la première responsable du secteur Nouria Benghebrit pour juin dernier. Elle avait expliqué en mai, lors d’une conférence nationale, que les applications concerneront, entre autres, la ressource humaine, les infrastructures pédagogiques et permettront l’amélioration de la gestion administrative, la rationalisation des dépenses et la satisfaction des doléances des usagers.  Mais entre la réalité et les annonces en grande pompe, la différence est de taille. A bon entendeur…

 

Samira Imadalou
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...