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Événements de Kabylie : Un crime contre la jeunesse

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le 12.10.17 | 12h00 Réagissez

Appelée communément "événements de Kabylie" ou "Printemps noir", cette série de violence ayant secoué la Kabylie durant deux ans a marqué à jamais l’esprit de la population.

Il ne reste à présent de cette phase dramatique que des stèles érigées à la mémoire des jeunes assassinés à balles réelles par la gendarmerie, certains sièges de la Gendarmerie nationale demeurant vides, et de mauvais souvenirs pour les familles touchées profondément dans leur chair.

La mémoire collective retiendra que 126 personnes ont été tuées durant ces événements. Des crimes à l’encontre de la jeunesse dont les auteurs n’ont pas rendu de comptes jusque-là. Du 25 au 28 avril 2001, on a dénombré une quarantaine de morts. Durant le mois de mai, les affrontements continuent, ils sont d’une rare violence. La répression bat son plein. S’ensuivent une série de représailles et des scènes de pillage des magasins et des maisons. De nouvelles victimes tombent. Les Kabyles s’organisent et créent la Coordination des archs, daïras et communes. Le 14 juin, des milliers de manifestants marchent vers Alger.

Objectif : atteindre le palais d’El Mouradia pour remettre la plateforme d’El Kseur (un texte de revendications formulées suite à une série de réunions entre les représentants de toutes les communes de Kabylie) au président Bouteflika. Les forces de l’ordre répriment violemment la marche. Cette répression fait encore des victimes. Plus d’une centaine de personnes ont été portées disparues, certaines ont été retrouvées mortes, d’autres hospitalisées mais la plupart d’entre elles ont été placées en garde à vue. Les affrontements se succèdent, les morts et les blessés aussi. Le chef de gouvernement de l’époque, Ali Benflis, ouvre le dialogue. Mais cette tentative a échoué en raison de sa réception pour les faux représentants des archs, à savoir les fameux «Taiwan». Sur le terrain, les émeutes continuent.

Des expéditions punitives ont été menées par la gendarmerie. Les représentants des archs ont été arrêtés au premier trimestre de l’année 2002. En 2003, Ahmed Ouyahia, est nommé chef du gouvernement. Il relance le dialogue en octobre de la même année. La colère des jeunes a été apaisée par la satisfaction d’une partie de leurs revendications. Mais le ressentiment d’une jeunesse désillusionnée demeure toujours d’actualité. Les parties influentes en Kabylie s’entre-accusent. Les partis politiques ayant déjà un encrage dans cette région ont refusé de voir le mouvement des archs comme le seul porte-parole de la population Kabyle. Ces derniers à leur tour, accusent les partis d’inerties vis-à-vis de ce qui se passe en Kabylie. Face à tous ces courants antinomiques, la cause des victimes du printemps noir est reléguée au deuxième rang. Ce qui a infligé une autre peine à leurs familles qui ont encore de nos jours du mal à s’en remettre.
Djedjiga Rahmani

Y a-t-il un coupable ?

En mai 2001, le professeur Mohand Issad, célèbre avocat est nommé à la tête de la commission nationale d’enquête sur les événements de Kabylie. Les résultats de l’enquête n’ont pas permis de mettre des noms sur les personnes directement impliquées dans la répression. Dans des déclarations à la presse, feu Issad avait expliqué que lui ainsi que les membres de la commission ont fait le choix de ne pas  donner de noms non pas par peur mais, disait-il, «nous avons estimé que nous ne devions pas faire le travail des autres». Dans un entretien à El Watan, feu Issad avait déclaré que le rapport qu’il avait rédigé a permis aux autorités algériennes d’ouvrir des pistes pour leurs enquêtes et les suites à donner à ces affaires. «Mais dans notre pays, il se trouve qu’il y a un déficit de transparence, donc je ne m’attendais pas à ce que ce travail de longue haleine ait de l’écho», devait-il reconnaître, pointant un problème de volonté politique.
 

Rahmani Djedjiga
 
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