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Entre alibi sécuritaire et phénomène de mode

En classe, le smartphone fait du chahut !

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le 06.04.17 | 12h00 Réagissez

L’utilisation excessive et incontrôlée des appareils numériques, surtout les smartphones, dans écoles par les adolescents, devient un sujet d’inquiétude dans de nombreux pays.

D’un simple moyen de communication, cet accessoire se transforme en une énorme source de problèmes, voire une barrière entre l’enseignant et l’apprenant, tel que signalé ici et là. Plusieurs études ont mis en avant l’effet négatif de cet appareil sur la concentration de l’homme. Un effet qui n’a pas pu être omis par les experts ayant établi différentes études dans ce sens, notamment l’étude de Microsoft au Canada appelée «Capacité d’attention», et d’autres réalisées en Europe, telle l’étude du London School of Economics.

Face à ce constat, des établissements scolaires sont demeurés réticents vis-à-vis de l’utilisation des smartphones en milieu scolaire. D’autres problèmes, en plus de la perturbation de la classe, ont été relevés par les spécialistes, telle la diffusion, par des élèves, des images de la séance sur les réseaux sociaux à l’insu des enseignants, et en violation des règlements.

Prenant le phénomène par son bout positif, l’Unesco a tenté de mettre en exergue l’effet positif de cet outil de communication, en publiant deux guides au profit des enseignants, intitulés L’apprentissage mobile dans le monde, et L’apprentissage mobile pour les enseignants. En France, on a établi un plan 2012-2020 pour l’intégration du smartphone comme outil pédagogique.

Quid de l’Algérie ?

Les transformations de la famille algérienne et les problèmes de sécurité qui ciblent l’enfance en particulier justifient l’entrée en force du téléphone portable dans les classes scolaires. Le phénomène de mode fera le reste. Le smartphone a inondé ainsi les établissements grâce aux écoliers qui en font désormais leurs objets fétiches, un must, sans quoi l’on risque d’être rejeté. Mais le mauvais usage chez l’élève algérien a vite fait de placer cet outil dans la case négative. Une dérive qui, en l’absence d’une réponse institutionnelle, oblige les chefs d’établissement à improviser, souvent par des mesures radicales.

Pour Mohamed Bouhali, directeur de l’éducation de Constantine, l’absence quasi-totale de la sensibilisation dans le milieu familial, voire la complicité des parents qui encouragent l’usage des smartphones sans imposer de règles, n’ont fait qu’empirer la situation. «A cause de l’omniprésence des smartphones dans les classes, les élèves sont allés très loin. Ils ont filmé une enseignante à son insu, et partagé par la suite les vidéos sur les réseaux sociaux, en faisant d’elle la risée des internautes. Heureusement que cette dernière n’a pas voulu déposer plainte», a déclaré Mohamed Bouhali, précisant que cet exemple n’est qu’un seul parmi tant d'autres.

Pis encore, affligé par la banalisation des influences négatives de cet outil de communication par les parents, M. Bouhali affirme que dans de nombreux établissements de sa circonscription, des élèves du premier palier possèdent des smartphones ! Fadila Zouita, directrice du lycée El Houria à Constantine, juge que le smartphone est considéré comme un intrus qui cause des perturbations constantes dans les salles de cours. «Vibrations, bips, appels et autres sont des facteurs qui dispersent la concentration de l’apprenant», selon elle.

Faut-il interdire ?

En l’absence de débat sur le sujet et d’orientations nationales, certains parents ont opté pour l’interdiction des téléphones portables à leurs enfants, mais seulement en classe. D’autres suggèrent de réduire l’appareil à sa fonction de base. «Vu l’insécurité et les risques d’enlèvement d’enfants qui se sont multipliés ces dernières années, le téléphone portable est nécessaire pour être en contact avec mon enfant. Et un simple téléphone portable est largement suffisant. L’élève n’a rien à faire avec un smartphone en classe», a proposé Noureddine S., parent d’élève.

Face à ce problème si délicat, les mots semblent échapper au directeur de l’éducation, qui appelle les parents à s’impliquer pour mettre un terme à cette dérive. «La plupart du temps, le problème se règle au niveau de l’établissement entre parents et directeur. Mais la direction intervient quand les parents eux-mêmes contestent la confiscation. Personnellement, j’ai eu affaire à plusieurs parents qui ont pris le parti de leurs enfants», a-t-il regretté.

Pour sa part, Mme Zouita a estimé que l’interdiction est la meilleure solution pour le moment : «En dépit de l’interdiction du téléphone portable sur tout le périmètre de l’établissement, le problème se pose toujours, mais de façon légère. Parfois, il est très difficile de faire respecter cette décision par les élèves de la première année secondaire.» Pour ou contre ? voilà un dossier sur lequel, en tout cas, le ministère de l’Education nationale ne peut rester muet.

Yousra Salem
 
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