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«El Tarf sera la capitale du camp de toile»

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le 20.07.17 | 12h00 Réagissez

C’est le mot du désormais ex- wali d’El Tarf, Mohamed Lebka, parti pour la même fonction à Mascara, en faisant place à Mohamed Belkateb, qui occupait la fonction de SG de la wilaya de Batna.

Sus donc sur le camp de toile. Tout le monde est de la partie et mis à contribution. Et, comme c’est le cas à chaque lubie, rien ne doit entraver cette prodigieuse idée patriotique et surtout pas ces écologistes qui râlent lorsqu’on s’en prend aux milieux naturels mis pourtant sous protection légale.

Le camp de toile, la panacée touristique pour remplacer les recettes manquantes des hydrocarbures et, c’est le prétexte, offrir plus de place à nos concitoyens aux modestes revenus de l’intérieur du pays privés de vacances et de la fraîcheur estivale de nos côtes et bien entendu, pour lutter contre le chômage, procurer de nombreux postes d’emploi pour quelques jours par an.

C’est une instruction de 2016 du ministre de l’Intérieur, qui enjoint aux walis des wilayas côtières de multiplier autant que possible les camps de toile en confiant leur réalisation et leur exploitation aux agences foncières ! Allez comprendre quelque chose. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la curée aux terrains les plus appropriés.

A El Tarf, c'est une splendide pinède inscrite dans la zone de protection du lac Tonga qui va être la première en faire les frais. La dégradation du site ne va pas s’arrêter là, puisque pour les futurs campeurs on va construire en dur des pontons sur les rives du lac pour qu’ils puissent prendre de la crème glacée. Tout ceci bien entendu sans approche méthodique et encore un semblant d’étude d’impact ou d’étude tout court. Le ministre de l’Intérieur a repris le même discours au début de cette saison estivale.

Il l’a cependant nuancé en annonçant que c’est une commission nationale qu’il préside qui étudiera les dossiers pour veiller aux conditions d’accueil et à la protection de l’environnement. Mais bon, inutile ici de dire à quoi servent les commissions dans notre pays.  De 2 camps en 2016, on est passés à 11 unités cette année, qui, selon les normes, offriraient 3600 lits. De quoi faire bondir les chiffres du développement touristique dans la wilaya et la placer parmi celles qui font de prodigieux efforts pour trouver des palliatifs à la crise. 6 d’entre eux sont la zone lac Tonga-plage de la Messida.

Le camp de toile qui se trouve au centre-ville d’El Kala doit être déplacé vers El Melha et Boumalek sur la route de la vieille Calle, mais il rencontre l’opposition des riverains pas très rassurés par ces nouveaux venus dans leur paysage bucolique. L’Agence nationale du développement touristique (ANDT), qui, jusqu’à présent, n’a pas cédé aux pressions d’occupation des zones d’expansion touristique (ZET), s’est prêtée au jeu en accordant une autorisation sur ses terres à la Messida. Les autres camps de toile sont prévus à Chatt et Draouche.

Il y en aura 3 de plus l’année prochaine, ce qui portera à 14 le nombre de camps de toile et fera certainement d’El Tarf la capitale de la tente. En fait, l’idée du camping n’est pas mauvaise du tout. Au contraire, c’est un puissant allié de la protection de la nature et des paysages qui sont les valeurs sûres sur lesquels se fonde le développement du tourisme du XXIe siècle, dit de découvertes et responsable et combien rémunérateur, là on l’a bien compris, même au fin fond de l’Afrique sous-développée.

Le camping est un art de vivre très recherché pratiqué, ailleurs bien entendu, par toutes les catégories sociales, y compris les plus aisées. Il n’est plus comme autrefois l’apanage des revenus modestes. Il a ses règles qui sont bâties sur le civisme, le respect de l’autre. De la propreté étincelante des lieux communs et de leur tranquillité. Des services de qualité, téléphone et soins, par exemple, et pas seulement donner le change avec ce semblant d’épicerie aux prix prohibitifs.

A cela une organisation et d’une gestion sans faille qui n’offre aucune occasion aux dépassements et aux dérives. Il faut craindre que ces camps ne viennent défigurer encore un peu plus les fabuleux paysages d’El Tarf déjà très malmenés par l’urbanisation sauvage et le développement débridé. Des paysages ruinés qui oblitèrent tous les espoirs qui avaient été placés dans l’apparition d’un tourisme civilisé avec ses énormes retombées économiques.

 

Slim Sadki
 
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