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Philatélie : La chine sur les timbres algériens

Des célébrations unilatérales

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le 19.01.17 | 10h00 Réagissez


Au fil des ans, la présence chinoise en Algérie est devenue un fait très banal. Connaissant déjà une plus grande importance au début des années 2000, cette présence remonte en fait aux premières années de l’indépendance. Mais les relations historiques entre les deux pays remontent encore loin dans le temps. Elles ont pris naissance le 20 décembre 1958, quand la Chine fut le premier pays non arabe à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), créé le 19 septembre de la même année.

Une reconnaissance qui sera suivie par un important soutien politique, avec fourniture d’armes et la formation des cadres de l’ALN. En 1962, le jeune Etat algérien s’est retrouvé face à un grand déficit en médecins, après le départ des équipes médicales françaises. Devant les besoins d’une population déjà souffrante des blessures de la guerre, le gouvernement algérien a lancé un appel d’urgence en mars 1963 à la communauté internationale.

La Chine a été le premier pays à envoyer en avril 1963 sa première équipe médicale. Une mission médicale qui sera toujours présente dans plusieurs régions d’Algérie. Cette histoire longtemps oubliée sera tirée des tiroirs à l’occasion de l’émission, le 16/4/2013, d’un timbre hors programme réalisé par Kamreddine Krim.

Une occasion pour célébrer le 50e anniversaire de la première équipe médicale chinoise. Hormis cette figurine précédée déjà par deux timbres sur l’exposition universelle de Shanghai, parus le 24/3/2010 d’après une œuvre de Kamreddine Krim, les commémorations des anniversaires des relations entre l’Algérie et la Chine restent marquées par trois émissions qui ont alimenté la polémique.

Dans un article paru dans la revue philatélique Philnews (n°73 - décembre 2009), notre confrère Mohamed Achour Ali Ahmed, membre de l’Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) décortique avec détail les péripéties des cette «entreprise» dite conjointe, lancée dans un pur but de propagande par une Chine en pleine expansion économique. Revenant sur l’historique de ces émissions à travers le monde et en particulier avec l’Algérie, le rédacteur de l’article révèle : «Dans la plupart des cas, aucune des célébrations philatéliques de ces relations ne trouve trace dans la philatélie chinoise.»

Cette façon qui reflète une volonté chinoise de célébrer ces événements par procuration a mené à l’émission, les 20/12/2003 et 18/12/2008, de deux timbres hors programme dessinés par Sid-Ahmed Bentounes et imprimés en Chine, pour célébrer respectivement les 45e et 50e anniversaires des relations diplomatiques entre les deux pays.

«Les deux timbres algériens ‘‘made in China’’ portant le sceau de l’Etat algérien qui les a émis à la demande des autorités chinoises sont donc des émissions unilatérales, réalisées contrairement aux règles des émissions conjointes», conclut Mohamed Achour Ali Ahmed. Une impression qui a permis d’alimenter un marché chinois très juteux fort de milliers de collectionneurs où cette thématique est très prisée. Mais pourquoi nos «amis» chinois n’ont-ils pas réalisé des émissions conjointes ? La réponse elle-même ressemble à un vrai casse-tête chinois.

Le plus étrange dans toute cette histoire demeure l’impression par les Chinois d’un bloc feuillet portant le timbre du cinquantenaire de ces relations diplomatiques, avec une illustration de la Muraille de Chine et le sanctuaire des Martyrs d’Alger. Ce bloc feuillet, qui avait été au centre d’une folle spéculation dans les milieux philatéliques à Alger, s’est vendu à 60 fois sa valeur faciale, alors qu’il n’avait fait l’objet d’aucune annonce de la part d’Algérie-Poste, l’entité émettrice.

Le 20/12/2013, un troisième timbre, dessiné par Kamreddine Krim, est venu étoffer cette série hors du commun, célébrant, encore une fois, le 55e anniversaire de l’établissement des relations algéro-chinoises. Soit trois timbres sur la même thématique en dix ans, ce qui n’a jamais eu lieu dans l’histoire de la philatélie algérienne. On s’interroge déjà si on verra un quatrième timbre pour le 60e anniversaire le 20 décembre 2018. Ce sera une aberration de plus.
 

Arslan Selmane
 
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