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Construction traditionnelle Retour en force des matériaux locaux

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le 02.02.18 | 12h00 Réagissez

A l’instar de celle de Guerrara qui, il y a quelques jours, clôturait son projet de digitalisation du patrimoine matériel et immatériel de l’oasis, l’Association du ksar de Ouargla a organisé samedi dernier le séminaire de clôture du programme de formation dans les techniques et les savoir-faire de la construction traditionnelle et de fabrication des matériaux de construction locaux.

L’idée, qui a germé depuis 1996, date de la classification du ksar millénaire de Ouargla au patrimoine national, vient de se concrétiser par quatre actions réalisées en concert dans le cadre d’un projet cofinancé par le ministère de la Culture algérien et l’Union européenne dans le cadre du programme de soutien à la préservation et la valorisation du patrimoine culturel en Algérie.

Lancé il y a tout juste 18 mois, ce projet a nécessité 500 millions de centimes et a principalement permis de former 23 jeunes, universitaires pour la plupart, dans la maçonnerie traditionnelle, la construction d’une chambre-témoin entièrement en matériaux locaux, le recensement de tous les anciens maîtres-maçons issus du ksar et, enfin, la conception et la réalisation d’un four pour production des matériaux locaux dans la palmeraie d’Azghar Amghar, à proximité du ksar.

Pour les 23 lauréats de cette formation et leurs parents, beaucoup de fierté et de bonheur se dégageaient à l’issue de la cérémonie de remise des diplômes organisée ce samedi à la maison de la culture Moufdi Zakaria et à laquelle ont pris part nombre de personnalités de la société civile ainsi que les autorités locales de la wilaya de Ouargla.

Pour Ishak Bazine, géologue-maçon que nous avons rencontré en août dernier lors du lancement des travaux du four à chaux : «Fier de faire partie de cette première promotion et très optimiste par rapport aux perspectives de cette formation avec l’engagement des autorités à nous faciliter la création de micro-entreprises spécialisées en matériaux locaux.»

Ishak Benras, maçon de métier fraîchement diplômé dans cette spécialité ksourienne, «l’idée à présent est de convaincre les habitants du ksar de nous faire confiance pour leur démontrer que les matériaux locaux peuvent être remis au goût du jour et offrir une alternative écologique adaptée au climat de la région tout en permettant de préserver notre patrimoine matériel et immatériel».

Un message capté par le wali de Ouargla qui a non seulement reçu en mains propres les recommandations élaborées par les initiateurs du projet qui ont, notamment, préconisé l’insertion des matériaux locaux dans les cahiers des charges des futures projets de logement et d’équipements publics de la wilaya de Ouargla, mais aussi appelé à mettre à contribution cette première promotion de maçons traditionnels via des micro-entreprises de l’Ansej et de la Cnac.

Abdelkader Djellaoui, le wali de Ouargla, s’est engagé par la même à prendre en charge l’enveloppe de 70 milliards de centimes destinés à la réhabilitation du ksar de Ouargla en tant que secteur sauvegardé, et ce, sur le budget de la wilaya. M. Djellaoui a ainsi mis en exergue la nécessité de profiter de l’expérience des autres projets de sauvegarde d’anciennes villes et particulièrement celle de La Casbah d’Alger via des actions de partenariat et de jumelage.

Le wali a également renouvelé son engagement à prendre en charge la réhabilitation du vieux marché du ksar, qui revêt une importance économique majeure en tant que lieu commercial central et d’échanges, mais aussi d’exposition des produits agricoles du terroir.

L’autre engagement du wali de Ouargla concerne l’édification d’une maison-témoin au sein même du ksar avec les matériaux fabriqués par l’association éponyme dans le cadre de l’action publique de préservation et de mise en valeur du patrimoine bâti situé sur le territoire du ksar de Ouargla afin d’encourager les habitants à entreprendre des actions de restauration patrimoniale et de rénovation dans le respect des spécificités architecturales locales.

Le séminaire de clôture de la formation dans la construction traditionnelle et la production de matériaux de construction locaux a également rendu hommage au Dr Mustapha Hafsi, une des chevilles ouvrières de l’association qui, très ému par ces honneurs, a tenu à exprimer son attachement à la poursuite des efforts de sauvegarde du ksar de Ouargla. «Je reste à la disposition de la communauté pour préserver les témoins éloquents de l’histoire que l’on veut transmettre aux générations futures et de renforcer l’identité culturelle de Ouargla», a-t-il déclaré à El Watan Week-end.

 

Houria Alioua
 
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