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Alors que certains minimisent l’impact de l’internet sur l’orientation religieuse des Algériens

Chouyoukh à portée de clics

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le 22.02.18 | 12h00 Réagissez

L’enquête menée par fanzone-im.dz sur l’engouement de jeunes Algériens pour les pages religieuses des chouyoukh étrangers, notamment les Egyptiens et les Saoudiens n’a pas laissé indifférents les médias et les personnalités religieuses algériennes.

Certains, à l’instar du président du Haut-Conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah, relativisent l’impact de l’influence des courants étrangers sur les Algériens, d’autres tels que Adda Fellahi, ancien conseiller au ministère des Affaires religieuses, consolident cette hypothèse et tirent la sonnette d’alarme, particulièrement à propos de l’emprise du courant salafiste-wahhabite sur les mosquées.

Le wahhabisme, une conception très rigoriste de l’islam, ne cesse de gagner du terrain, appuie Adda Fellahi. «Il y a un groupe qui a des intérêts. C’est un jeu d’échec», révèle M. Fellahi.

Ce dernier explique que ce qui se passe dans les pays du Golfe et en Egypte demeure «un pur jeu politico-religieux que malheureusement nos jeunes n’arrivent toujours pas à comprendre».

Quant à la fiabilité des données de l’enquête précitée, ayant jeté un pavé dans la mare, M. Fellahi estime que les résultats de cette enquête reflètent la réalité, à savoir que la tendance qui domine en Algérie demeure le wahhabisme suivi du malékisme et puis les Frères musulmans, dans la mesure où ces derniers ont perdu leur soutien depuis la chute de ce courant en Egypte.

Si les résultats de l’enquête sur l’adhésion des Algériens aux pages religieuses animées par des personnalités religieuses étrangères telles que Amr Khaled, El Qaradawi, etc., sont discutables dans la mesure où une seule personne peut se cacher derrière des pseudonymes et ouvrir plusieurs comptes Facebook, l’enquête menée par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), cités par El Watan, conforte les résultats de l’étude précitée (voir l’encadré).

L’enquête du CRASC est une étude de terrain menée dans les deux villes d’Oran et Ghardaïa. L’enquête en question s’est basée sur un échantillon de plus de 5000 jeunes.

Bien que cette enquête révèle que les jeunes Algériens font confiance en premier lieu «à l’imam de la mosquée la plus proche» en ce qui concerne les fatwas et en deuxième lieu à internet, il ne faut pas perdre de vue que nombreux sont ceux qui dénoncent l’emprise des imams wahhabites sur nos mosquées. Ainsi dans son édition du mardi 20 février, El Watan a publié un article portant sur ce sujet, en citant les propos de Messaoud Boudjenoun, journaliste et écrivain, qui révèle que «ce ne sont pas les jeunes qui visitent les pages des personnalités plus médiatiques que religieuses qui doivent préoccuper, mais plutôt la présence de plus en plus inquiétante d’imams salafistes-wahhabites dans nos mosquées».

Ainsi, si la plupart de nos imams sont des salafistes et une grande partie de nos jeunes consultent fréquemment les pages religieuses qui proviennent de l’étranger (Arabie Saoudites et Egypte), cela laisse entendre que les jeunes sont plus que jamais exposés au fanatisme, que ce soit dans les mosquées ou sur internet.

De plus, l’enquête du CRASC souligne que sur les 109 personnalités religieuses citées par les jeunes interrogés, les prédicateurs étrangers représentent 22% contre 9,8% pour les nationaux. Faut-il préciser sur cette question que 39,5% des jeunes sondés ont répondu : «Je ne sais pas», et 26,3% déclarent qu’ils ne se réfèrent à personne.

Bien que cette enquête classe le courant salafiste troisième après le malékisme et le courant des Frères musulmans dans l’ordre de préférence des jeunes, la tranche d’âge qui préfère le salafisme (20-24 ans), impose de s’y attarder. De l’avis de Adda Fellahi, les salafistes ont profité beaucoup ces dernières années du laxisme des autorités. Il charge directement l’actuel ministre des Affaires religieuses Mohamed Aïssa et son prédécesseur Ghlamallah.

«Pendant 20 ans, on a tout perdu. Il n’y a pas de volonté pour récupérer les mosquées. A présent, il n’y a ni programme ni de texte qui organise les mouvements religieux.

Et pourtant, cela ne demande pas grand-chose», déplore notre interlocuteur qui revient avec insistance sur les manquements des institutions étatiques telles que le ministère des Affaires religieuses et des Waqf qui ne dispose même pas d’une cellule de communication qui informe l’opinion publique, encore moins d’un site internet à jour.

Par conséquent, les Algériens se tournent vers d’autres horizons plus communicatifs et plus attractifs : les personnalités des pays du Golfe et de l’Egypte qui sont omniprésents sur les chaînes de télévision satellitaires et les réseaux sociaux.

Pas seulement. Les Algériens se tournent également vers la Turquie. Cette dernière dépense beaucoup d’argent pour promouvoir son courant religieux, le hanafisme. La Turquie donne beaucoup d’avantages aux étudiants qui veulent approfondir leur connaissance du hanafisme. «Je connais des jeunes qui ont bénéficié des bourses d’études dans ce sens en 2017», déclare M. Fellahi.

Notre interlocuteur reconnaît le libre choix pour ces étudiants, mais il avertit du danger que cela peut représenter lorsqu’ils reviennent occuper des postes au niveau des institutions officielles. Pour faire face à cette situation, l’ex-cadre des affaires religieuses préconise des applications sur les portables pour les personnalités religieuses algériennes tels que Abderrahmane El Djillali, et Cheik Hamani pour récupérer un tant soit peu les jeunes. «Est-ce qu’on n’est pas capables de développer ce genre d’applications», s’interroge M. Fellahi.

Rahmani Djedjiga
 
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