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Buraliste-libraire, un métier qui se meurt

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le 04.01.18 | 12h00 Réagissez

C’est grâce à sa sympathie et à ses éclats de rire que Menadi Hocine, la cinquantaine légèrement dépassée, arrive à surmonter l’angoisse de son quotidien. C’est un technicien supérieur en dessin bâtiment, diplôme obtenu à l’issue de son stage à Kouba (Alger).

Entouré par ses «4 étoiles» lumineuses, studieuses, Hocine Menadi est comblé. L’aînée étudie à l’université de Bab Ezzouar et sera suivie prochainement par ses sœurs. Son métier, buraliste-libraire, ne le fait pas vivre. Le jour n’est pas encore levé que Hocine ouvre son magasin. Il marmonne. Des personnes viennent chaque soir jouer aux dominos, d’autres s’installent avec leurs théières, son voisin vend des hamburgers et les casse-croûtes.

Commerce extravagant sur le trottoir. Les noctambules abandonnent leurs lieux dans un état de saleté. Hocine doit nettoyer cet espace.  "Dans le passé, on nous livrait des quantités de journaux, nous dit-il, aujourd’hui on nous distribue une petite quantité de journaux qu’il est difficile d' écouler, ajoute-t-il, je passe sous silence ces journaux disparus, malheureusement les gens ne lisent plus comme jadis, il reste ces femmes et ces hommes âgés plus de 65 ans, qui viennent acheter leurs journaux ou leurs revues quand leur état de santé leur permet de se rendre à mon magasin», nous indique-t-il.

Pour le buraliste, en activité depuis des décennies en dépit des grosses difficultés,  "heureusement que ma femme travaille dit-il, autrement c’est un métier qui ne rapporte pas, je le pratique par amour aux livres, aux journaux et à la lecture, c’est l’unique activité saine, autrement je pouvais vendre n’importe quoi, surtout la bouffe, si je voulais devenir riche, même dans l’illicite, d’ailleurs combien sont-ils ces commerçants qui exercent sans registre du commerce en toute impunité qui ne sont pas inquiétés ?", s’interroge-t-il. Se lever de très bonne heure et baisser le rideau très tard dans l’après-midi tous les jours, y compris le vendredi, car il y a des journaux qui sont distribués ce jour, Hocine Menadi rêve de voyager pour découvrir d’autres régions, d’autres pays. Hélas, il ne dispose pas de moyens, d’abord, et ensuite sa fidélité aux journaux l’empêche de fermer son magasin.

Les réseaux sociaux et la diminution drastique du lectorat sont à l’origine de la chute de la vente des journaux. «L’unique maison d’édition qui vient nous rendre visite pour nous proposer les ouvrages est l’édition Casbah, précise-t-il, je fais un effort de temps à autre pour me déplacer à Alger, afin d’acheter quelques livres, mais je ne gagne rien en contrepartie, alors comment voulez-vous que l’activité se développe, j’évite de vous parler des prix pratiqués, mais j’insiste sur le désintérêt des jeunes envers la lecture, tout simplement c’est dramatique pour ce secteur d’activité», conclut-il. Menadi Hocine nous parle de la lecture dans les autres pays, où le nombre de lecteurs et lectrices ne cesse d’augmenter. En dépit de l'internet, le papier ne va disparaître, selon notre interlocuteur. Le livre, le journal, deux outils qui font voyager les lecteurs vers des horizons lointains, là où ils se trouvent, afin de donner un goût à leur vie. Son magasin se trouve face à un monument dégradé.
 

M'hamed Houaoura
 
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