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Avaient-ils une fonction religieuse ?

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le 30.11.17 | 12h00 Réagissez

 
	 Image à droite :  Tamejīda (Eġéré) 
 
	 Image à gauche :  Tripode dont il ne reste debout que le trépied (Immīdir)
Image à droite : Tamejida (Egéré) Image...

A quelle époque est-il possible d’attribuer la construction de ces petits monuments ? A une époque, sans doute pas très ancienne du fait de la fragilité fréquente de leur construction.

Beaucoup sont en ruine, leurs pieds renversés, la «table» s’étant fracturée en tombant, ou ayant été volontairement brisée ou récupérée pour un usage autre que celui prévu au départ (Fig. 4). On peut voir cependant que d’autres tripodes, bien qu’érigés sur des lieux de campement, ne semblent pas avoir été détériorés par les populations qui s’y sont succédé. Serait-ce par superstition ? Des Touareg de différentes régions interrogés se sont contentés de dire, sans en proposer de fonction, qu’ils étaient l’œuvre des Isebeten (membres d’une population idolâtre qu’auraient trouvés les Touareg en arrivant dans l’Ahaggar. Dans l’Ajjer, plutôt que d’employer le mot Isebeten, on lui préfère l’expression Kel Ira, «Les gens d’avant»). Qu’a pu être leur fonction ? On peut émettre l’hypothèse que ces tripodes ont pu servir d’autels à sacrifices. On peut aussi estimer qu’ils aient pu commencer à disparaître avec l’arrivée de l’islam  et qu’ils aient pu avoir une fonction religieuse, avant d’être remplacés par la tamejrda («oratoire», mosquée du désert, fig. 5), elle aussi, sauf cas particulier, placée à proximité des campements.

En Ahaggar central, les tripodes sont exceptionnels, d’où l’intérêt de citer la singularité d’un triple tripode découvert dans cette région par Pierre de Galbert et le guide Ramran Ilachen en novembre 2006. Enfin, en Téfedest, les tripodes, bien que rares dans cette chaîne montagneuse et absents en altitude, un superbe triple tripode a toutefois été détecté par le guide Mohamed Benhamdoune, en mars 2013, dans la basse vallée de l’oued I-n-Takufé qui fait aussi partie de la Téfedest. Il convient de signaler que les tripodes ne doivent pas être confondus avec quelques grosses pierres rassemblées - et parfois coiffées par une ou des pierres plates – dont le rôle est de recevoir des bagages en cas de pluie afin de les isoler de l’humidité du sol. Il ne faut pas non plus les confondre avec quelques pierres juxtaposées, couvertes par une autre plus ou moins plate, qui sont des abris hâtivement érigés par les bergères afin d’abriter pour quelques heures les chevreaux qui viennent de naître.

Enfin, on ne doit pas assimiler à des tripodes en partie détruits, des pierres de 50 cm de hauteur environ, sur lesquelles est posée une pierre plate en équilibre (souvent tombée à terre). Ces pierres servaient aux enfants à jouer à takeberkebart, jeu qui consiste à imaginer qu’ils sont assis sur la selle d’un chameau et que l’animal trotte quand ils se balancent d’avant en arrière sur la pierre en équilibre (Bernezat, 2015).

 
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