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Ali Asmani, l’artiste du roseau

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le 22.08.17 | 12h00 Réagissez

Ali Asmani, l’artiste du roseau

Il est des artisans dont le sens de l’innovation ne s’acquiert dans aucune école si ce n’est celle de la vie. Ali Asmani, la soixantaine passée, fait partie de ceux qui ont su faire preuve d’imagination pour créer à partir d’un vécu et en adapter les besoins.

Originaire de Ghoumrassa, Ali est né dans une région montagneuse entre Beni Amrane et Thénia, où l’olivier est le moyen de subsistance de prédilection, il s’imprègne des travaux d’artisanat traditionnel que les vieux et les vieilles des villages exécutaient pour saisir des formes inspirées de la vie quotidienne.

Il en fera par la suite son métier, rosier. Dans ses jeux d’enfant, il parcourait tous les champs, forêts, rives des oueds et maquis à la recherche de la matière première. Les plantes n’ont plus de secret pour lui. Il sait en tirer avec dextérité des contours insoupçonnés. En autodidacte, il s’installe en 1971 à la sortie est de Thénia, qui pullulait d’artisans du roseau, et ouvre une baraque où il vend le fruit de ses travaux.

Il y vend tout ce qui peut servir à stocker l’huile d’olive, comme les bonbonnes en verre recouvertes d’osier, les demi-corbeilles pour les figues, les corbeilles à pain, pour les fleurs, mais aussi les rideaux, les séparateurs, les paravents, les coffres et les clôtures, etc. Mais son esprit imaginatif ne s’arrête pas là. Son autre amour, l’apiculture, lui fait entrevoir d’autres emplois. Au lieu des ruches en bois, il utilise l’écorce de chêne. Cela devient de l’art tout court, où la ruche devient également un élément décoratif et les roseaux des séparateurs de plaquettes de miel.

Il est connu pour avoir fabriqué ses propres outils de travail

Ali Asmani ne s’en cache pas : «Ce n’est que maintenant en gagnant en âge que j’ai assez d’expérience pour innover. Souvent, ce sont des pièces uniques ou des commandes spéciales.» Récemment, il a été sollicité par le centre de formation professionnelle pour prendre sous son aile un stagiaire à qui il a inculqué les bases du métier. La relève reste, toutefois, insuffisante.

En outre, Ali Asmani déplore le manque de moyens : «Nous travaillons avec une matière première locale, mais nous avons besoin de grands locaux en mesure de contenir des roseaux de 7 à 8 m dans une superficie double afin de travailler à l’aise.» Dans la région, Ali Asmani est connu pour avoir été le premier à fabriquer ses propres outils de travail. D’abord, en bois puis en acier. Il existe maintenant un moule spécial à découper les roseaux. C’est dire la part d’innovation technologique et artistique qui habite l’artisan algérien.

Hachemane Lakhdar
 
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