Pages hebdo Magazine
 

Fébrilité et impuissance de l’Etat face aux agresseurs du patrimoine forestier

A Tipasa, la forêt se réduit comme peau de chagrin

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 16.03.17 | 12h00 Réagissez

Selon une source de l’administration des forêts de la wilaya de Tipasa, une superficie totale estimée à 60 000 m2 fait l’objet d’une agression terrible, encouragée par la fébrilité et l’impuissance des fonctionnaires locaux de l’Etat, censés sévir, pour empêcher "les impunis" de construire leur résidence, en abattant les arbres et occupant illégalement des terres du domaine de l’Etat.

Ces statistiques insignifiantes par rapport à la catastrophe concernent l’APC de Tipasa, pour l’année 2016 seulement, selon nos sources. Malheureusement, les services de la Gendarmerie nationale n’ont pas été saisis. La surface du patrimoine forestier dans la wilaya de Tipasa a diminué d’une façon drastique.

Les forêts d’Ouzakou, Si Abdelhak, Si Athmane, Si Djillali, Zouaoui et bien d’autres, qui relèvent du territoire de la commune du chef-lieu de la wilaya de Tipasa constituent les espaces forestiers les plus convoités par les aventuriers, en l’occurrence quelques citoyens, des entrepreneurs, mais aussi des fonctionnaires et de hauts responsables locaux.

La ville de Tipasa dans laquelle se trouve l’ensemble des services de l’Etat chargés de l’application des lois de notre pays, enregistre, à la surprise générale, un développement effarant de constructions qui défigurent complètement le tissu urbain du site, pourtant classé sur la liste du patrimoine culturel mondial par l’Unesco depuis 1982.

«Malgré les arrêtés de démolition des constructions illicites, nous sommes dans l’incapacité d’exécuter les décisions, nous avoue un responsable local, ces gens là arrivent toujours à avoir raison auprès de la justice, ce qui explique le nombre incroyable de constructions illégales qui ont vu le jour dans la ville de Tipasa». L’administration des forêts se contente d’établir des constats et observe le mutisme. Les autorités locales (APC, daïra de Tipasa, Conservation des forêts) se confinent dans un étrange silence, par crainte de représailles des «délinquants».

Elles évitent la foudre «des agresseurs impunis». Interrogé par nos soins lors de sa dernière visite dans la wilaya de Tipasa, notamment sur les agressions violentes contre le patrimoine forestier à Tipasa, Abdelkader Ouali, ministre des Ressources en eau et de l’Environnement s’en sort avec une pirouette : «Il y a une administration au niveau de la wilaya qui est chargée de la gestion et de la protection du patrimoine forestier, nous ne pouvons pas intervenir dans ce cas précis.» Le membre du gouvernement avait pourtant insisté dans son allocution sur la protection de l’environnement et l’explication de l’article 19 de la Constitution.

Chelghoum Abdeslam, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, interrogé par nos soins sur les agressions intensives contre les forêts à Tipasa lors de sa récente visite de travail dans la wilaya de Tipasa, a répondu : «Je sais que la situation en matière d’agression contre les forêts a pris une grande ampleur, mais que voulez-vous que nous fassions, il faut agir, tout le monde est concerné.»

En dépit de leur défection sur le sujet, les deux membres du gouvernement arrivent à se dérober, sans donner une réponse claire, pour afficher leur détermination à lutter contre ces agressions contre un patrimoine forestier en péril. «L’Etat garantit l’utilisation rationnelle des ressources naturelles, ainsi que leur préservation au profit des générations futures. L’Etat protège les terres agricoles…», tels sont les premiers termes de l’article 19 de la Constitution. Mais alors pourquoi les fonctionnaires locaux affichent-ils leur incapacité et leur impuissance à appliquer les articles de la Constitution ? 

M'hamed Houaoura
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Vidéo

Constantine : Hommage à Amira Merabet

Constantine : Hommage à Amira Merabet
Chroniques
Point zéro Repères éco

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie