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Immigration

Un projet de loi qui fait des vagues

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le 16.01.18 | 12h00 Réagissez

 
	Le Premier ministre, Edouard Philippe, et le président du parti La République en marche, Christophe Castaner
Le Premier ministre, Edouard Philippe, et le président du parti La...

Si le gouvernement paraît sûr de son projet de loi, il pourrait cependant être gêné au sein même du mouvement La République en marche, qui détient la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, mais dont beaucoup rechignent à voter une loi dont certains articles ne leur conviennent pas.

C’est pourquoi depuis hier, le groupe des parlementaires de la majorité présidentielle est en séminaire pour deux jours. Hier à l’Assemblée nationale, et ce mardi au Sénat. Le projet «Asile-immigration», crée des débats internes compliqués qu’il faut trancher, entre autres sujets, dont la cohésion de la majorité.

Si les migrants ont du mal à surfer sur les vagues de leur exil, le bateau majorité pourrait tanguer à son tour, poussé en France par les surenchères de la droite (opposition), qui retrouve là un de ses sujets de prédilection.

Sur le versant gauche, la pression est mise par les associations humanitaires. La presse dans son ensemble a relevé la fin de non-recevoir des associations, reçue comme un baroud d’honneur jeudi dernier par Edouard Philippe, le Premier ministre. Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, connu pour être assez consensuel et pour avoir occupé dans sa carrière de hautes fonctions de direction, a parlé d’«un durcissement très net» et de mesures visant à «reconduire les migrants en situation irrégulière», cite Le Monde.

Au nom d’une trentaine d’associations reçues (elles sont plusieurs centaines en France et certaines ont refusé de venir discuter avec le chef du gouvernement), il a indiqué qu’«il y a eu un échange, une expression, mais aucune volonté d’infléchir».

Pour Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, le gouvernement n’a pas tenu compte des propositions de la société civile. Patrick Doutreligne, président de l’Union nationale d’associations sanitaires et sociales (Uniopss), a dressé le constat d’une impossibilité gouvernementale de «lâcher quelque chose», comme si «cela était impensable».

Les associations, dont 470 ont lancé en juin dernier, puis en novembre, les états généraux de l’immigration, ne vont pas en rester là et pensent agir sur les débats qui vont avoir lieu au Parlement.

Concernant la circulaire organisant le recensement des migrants dans l’hébergement d’urgence (lire par ailleurs), ils ont annoncé à la fin de la semaine dernière avoir saisi le Conseil d’Etat pour obtenir sa suspension. Les associations plaident pour un accueil inconditionnel des personnes en situation de détresse dans les centres d’hébergement.

La force la plus puissante avec laquelle devra compter le gouvernement sera aussi l’Eglise catholique, qui a organisé la Journée mondiale du réfugié.

Dans la ligne du pape François, qui a axé ses déclarations à Noël et au Jour de l’An sur l’accueil des migrants et le respect dû à toute personne humaine, les catholiques se sont mobilisés dimanche, comme ils l’ont toujours fait, seuls ou en lien avec les autres Eglises, dont l’Eglise protestante unie de France.

L’Eglise catholique parle de «dignité»

Dans une tribune cosignée par Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Commission épiscopale française et par deux autres prélats, on lit :

«L’élaboration et la mise en œuvre d’un nouveau cadre législatif ne doivent en aucun cas conduire à aggraver le cas de nombreux migrants déjà présents sur notre territoire et se trouvant pour certains en situation de très grande vulnérabilité.

Conformément à l’enseignement de l’Eglise, nous rappelons avec force que chaque personne, quel que soit son statut légal et le sort réservé in fine à sa présence dans notre pays, doit être traitée d’une manière qui, en toutes circonstances, respecte sa dignité».

«A la suite du pape François, nous pensons que les voies d’accès légales permettant aux personnes menacées de se rendre en France pour y demander l’asile doivent être élargies. Nous demandons ainsi à l’Etat de développer ces voies d’accès en France — notamment via l’octroi plus important de visas humanitaires et l’élargissement des programmes de réinstallation —, et de les promouvoir au niveau européen et international, notamment lors des négociations des pactes mondiaux de 2018».

Ce discours de l’Eglise catholique, religion majoritaire en France, n’est pas une nouveauté, mais le ton est plus clair que jamais. Depuis plusieurs années, l’institution avance dans une démarche humanitaire, à l’opposé des gouvernements, suspectés depuis des décennies de grignoter les droits humains.

L’originalité en 2018 est que la hiérarchie de l’Eglise tient compte du fait que, pour certains concitoyens, avec notamment la montée des frayeurs liées aux images de migrants, cette question de l’accueil n’est pas facile à accepter.

Ainsi, les signataires lancent un mot d’apaisement : «Nous invitons ici les chrétiens à cultiver une attention particulière aux actions positives mises en œuvre en faveur des migrants et à s’efforcer de les faire connaître autour d’eux afin de devenir, au sein de notre société, les promoteurs de ce regard de confiance.

Qu’ils en soient convaincus, ils permettront ainsi au bien de fructifier et, en évitant, par une focalisation excessive, d’enfermer les plus réticents dans leur repli, ils contribueront à l’avènement d’une société réellement plus inclusive et fraternelle.»

Walid Mebarek
 
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