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       <title>El Watan - France-actu</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:23 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Un colloque organisé hier à Paris : Algérie, l’échec de 50 années d’indépendance</title>
           <author>Yacine Farah </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	L’Algérie est un pays sinistré et sans histoire. C’est à peu près la conclusion qui est ressortie du colloque organisé hier par l’Institut des études politiques de Paris (IEP), section Monde arabe, qui portait sur le bilan et les perspectives de l’Algérie après 50 ans d’indépendance. 
	Paris
	De notre correspondant
	
	D’emblée, pour Lhouari Addi, sociologue et professeur à l’IEP de Lyon, si l’Algérie a échoué à se développer, c’est parce que toutes les politiques de développement économique menées jusque-là ont été conçues pour le peuple et non pas pour la société. Qualifiant le président Boumediène de «symbole de populisme», celui-ci a, selon lui, beaucoup idéalisé le peuple et méprisé la société. «Boumediène est le père du populisme algérien. Il a intégré le peuple dans l’Etat, mais pas la société. En réalité, il aimait le peuple mais détestait la société», a-t-il indiqué. Et d’expliquer que ce même populisme, claironné durant des années, a été battu en brèche par les échecs économiques et sociaux. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, «même si les hommes politiques ne croient plus au populisme, ils sont encore liés par son héritage». Concernant l’histoire de l’Algérie indépendante, Malika Rahal, historienne, a estimé que celle-ci n’existe pas comme champ de travail. Pour la simple raison que dans la tête des dirigeants algériens, l’histoire ne concerne que la période coloniale et celle inhérente à la guerre. Comme si l’histoire du pays s’était brusquement arrêtée en 1962.

	«L’écrasante guerre de l’indépendance monopolise les travaux d’historiens. Elle est utilisée par les régimes successifs pour demeurer en place. La preuve, il n’y a pas, à ma connaissance, de doctorants dans le département d’histoire qui travaillent sur la période d’après-1962», explique-t-elle. Malika Rahal a pointé du doigt le problème d’accès aux archives algériennes de l’après-indépendance. Et de prévenir que si cette histoire n’était pas assumée et regardée en face, elle s’écrira finalement de Paris ou de Londres.

	Pour Benjamin Stora, l’histoire, telle qu’elle a été écrite par le régime algérien, ne parvient plus à fédérer le peuple comme avant. Bien au contraire, on assiste à la naissance de différents groupes qui prétendent à une autre histoire, différente de celle promue par le pouvoir officiel et qui reposait sur l’homogénéité et l’héroïsme des Algériens face à l’envahisseur français. «Il y a désormais une pluralité de discours sur la guerre d’Algérie», concède Benjamin Stora, qui a reconnu aussi que même du côté français, on donne de plus en plus la parole à des groupes de gens qui étaient marginalisés (harkis, pieds-noirs…) mais qui, aujourd’hui, veulent imposer leur propre grille de lecture de l’histoire de l’Algérie.

	Enfin, l’historien a jugé qu’au lieu de faire des discours généraux sur la guerre d’Algérie, il serait plus utile de faire la lumière sur des évènements précis, comme la Bataille d’Alger ou le bombardement des régions du constantinois, etc.
	Dans le domaine économique, l’échec est encore plus flagrant, selon Zoubir Benhamouche. Pour cet économiste, l’Algérie est à la croisée des chemins. Autrement dit, soit elle essaye de se relever en utilisant les potentialités humaines et les richesses naturelles dont elle dispose, soit elle entrera dans une violence profonde et interminable.

	Et ce ne sont pas les raisons de l’échec qui manquent, selon M. Benhamouche : fiscalité hors hydrocarbures très faible, banques à l’âge de pierre, système éducatif catastrophique, système rentier qui ne favorise pas la création d’emploi et absence totale de réformes. Tout cela a fait que, malgré les 200 milliards injectés, l’Algérie connaît chaque jour des émeutes. Un paradoxe. </description>
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           <title>Documentaire : chez Salah, la réalité ressemble à la fiction</title>
           <author>Walid Mebarek </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Après Li fat mat sur les SAS en Algérie, un nouveau documentaire des Roubaisiens Nadia Bouferkas et Mehmet Arikan, sortira dans quelques jours dans le nord de la France : Chez Salah, ouvert même pendant les travaux. 
	Lyon
	De notre correspondant

	La réalité aura rarement aussi bien imité la fiction dans ce documentaire qui évoque avec réalisme le scénario d’un film populaire. Jadis centre industriel à la jonction de Roubaix et Tourcoing, la zone de l’Union est en pleine mutation à la suite d’un ambitieux projet de renouvellement urbain : tout a été rasé, à l’exception de  Chez Salah, café algérien ouvert en 1965 et relique ultime d’un quartier habité surtout par des ouvriers. Son propriétaire, Salah Oudjane, refuse de vendre cet immeuble usé, de deux étages, où il a passé l’essentielle de sa vie. Devenu symbole malgré lui d’une résistance à la rénovation d’un quartier populaire au profit de couches sociales aisées, il est l’improbable héros de cette chronique où, au fil des saisons, on voit les bulldozers faire le vide autour de son café, dressé tel un phare dont la lueur semble attirer d’anciens habitants du quartier.

	Les propos de ces témoins contrebalancent la présence taciturne du gardien des lieux, évoquant pêle-mêle passé colonial, guerre d’Algérie, discriminations... Déjà en 2007, les deux documentaristes avaient magnifiquement traité d’un autre sujet, celui des SAS (Sections administratives spéciales) créées en 1956 par l’armée française pendant la guerre d’Algérie pour pacifier «les indigènes». A l’indépendance, en 1962, quelques familles de supplétifs y sont restées. Les bâtisses vacantes furent occupées par des familles de martyrs, en attendant des jours meilleurs promis par la nouvelle Algérie. Ils y demeurèrent jusqu’à nos jours. Ainsi, les auteurs restent dans une démarche militante, ici autour de la mémoire de l’immigration.

	
	* La première du film Chez Salah, sur lequel nous reviendrons, aura lieu le 25 mai, à 20h, à la Condition publique, 14 place Faidherbe, à Roubaix, métro Euroteleport (entrée libre).
	 </description>
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        <item>
           <title>Immigration : des mesures urgentes pour une autre politique s’imposent</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	La présidence de François Hollande doit marquer une rupture avec l’approche sécuritaire de la politique d’immigration menée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, recommandent la Cimade et France terre d’asile. 
	Paris
	De notre correspondante
	
	La Cimade constate chaque jour les conséquences violentes de cette politique sécuritaire pour les personnes qu’elle accompagne, ses répercutions sur l’ensemble de la société et sur le regard porté sur les étrangers. «La maltraitance dont sont victimes les personnes étrangères doit cesser. L’amélioration des conditions d’accueil et d’instruction des dossiers dans les préfectures et l’abandon des objectifs chiffrés en matière d’expulsion doivent être une première étape», recommande l’association œcuménique, dans un communiqué.

	La Cimade appelle le président François Hollande à «mettre fin au placement en rétention des familles, y compris à Mayotte», «mettre fin aux expulsions de demandeurs d’asile en cours de procédure, quel que soit leur statut», «régulariser les personnes engagées dans le mouvement de grève des travailleurs sans papiers qui a débuté en octobre 2009», «garantir le droit au séjour des personnes étrangères gravement malades qui vivent en France». La Cimade demande aussi «l’abandon du principe du paiement d’une taxe lors de la demande de titre de séjour et que soient revus les montants exorbitants de l’ensemble des taxes liées au droit au séjour des étrangers qui les poussent à rester dans la clandestinité».

	Le changement est à construire, selon FTA

	La politique d’immigration et d’asile, «incontournable pour la reconstruction du vivre-ensemble, bénéficiera incontestablement du changement de regard apporté par l’élection de François Hollande», relève, pour sa part, France terre d’asile, qui prévient toutefois que  «l’ampleur de la tâche est immense tant le mal est profond». Aussi, pour traduire en actes ce changement, «il est nécessaire de modifier profondément la gouvernance du secteur». Cela passe par «la reconstruction d’un lien de confiance avec les différents acteurs afin de trouver les solutions de compromis sur des sujets très sensibles (asile, éloignement, rétention, régularisation)». Cela passe également par «le détachement de la politique d’asile des questions de sécurité, comme le préconise d’ailleurs le Parti socialiste».

	L’immigration reste rattachée à l’Intérieur, au moins jusqu’aux législatives

	Le nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a promis, jeudi dernier, à l’issue de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur, Claude Guéant, qu’il n’y aura «ni angélisme, ni course aux chiffres en matière de sécurité, ni stigmatisation de communautés, d’une catégorie par rapport à une autre, notre pays a besoin de tempérance et de mesure, les Français vivent une période difficile». Jusqu’aux élections législatives, au moins, l’immigration restera intégrée au ministère de l’Intérieur.  L’immigration a été rattachée à l’Intérieur, à la suite d’un remaniement du gouvernement de François Fillon en 2009. Les socialistes et les organisations de défense des droits des immigrés s’étaient alors insurgés contre cette réforme.

	Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait instauré un «ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire», qui avait été fortement critiqué à cause de l’association «immigration» et «identité nationale». Manuel Valls, le nouveau ministre de l’Intérieur, maintiendra-t-il les objectifs d’expulsion des immigrés en situation irrégulière fixés par son prédécesseur Claude Guéant ? L’idée d’une régularisation massive des clandestins n’a toutefois pas été retenue par François Hollande. Candidat, François Hollande avait affirmé que le nombre de régularisations ne dépasserait pas, annuellement, le chiffre actuel d’environ 30 000, mais qu’elles se feraient sur des critères «précis» et ne sera pas laissée à la discrétion des préfets. Et d’ajouter qu’un étranger en situation irrégulière «a vocation à être reconduit» dans son pays.  
	 </description>
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           <title>A propos de la présence algérienne à Cannes</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Il y a une dizaine de jours, un quotidien algérien s’est fait l’écho de la présence algérienne au Festival de Cannes en la présentant comme la première en termes d’importance et de surface médiatique. 
	Nos confrères ont peu de mémoire ou de réminiscences du passé… Flash back ! 1967 : l’Algérie est en compétition avec Le vent des Aurès (qui obtiendra au final le prix de la première œuvre). La délégation algérienne est l’une des plus conséquentes. Outre l’équipe artistique du film (Keltoum, Mohamed Chouikh, Tania Timgad), l’ambassadeur d’Algérie et Rédha Malek au premier chef, ainsi que le metteur en scène, Mohamed Lakhdar Hamina ont organisé sur les hauteurs de Cannes, au club de Valbonne, l’une des soirées festives parmi les plus belles que le Festival ait connues.

	Mille invités étaient attendus, deux mille se pressèrent dans les jardins du club. A l’accueil, six hôtesses de l’air de la compagnie Air Algérie (1e et 2e promotions) recevaient les invités qui se bousculaient à l’entrée. Mohamed Lakhdar Hamina avait cristallisé l’engouement de la presse et du public, surpris par la qualité et l’écho rencontrés par Le Vent des Aurès. On a même vu le public pied-noir applaudir le film et sa délégation. De plus, la présence d’un stand ne date pas de 2012, elle remonte une fois de plus dans le temps (1975, année de la Palme d’or pour Chronique des années de braise). Souhaitons une production en continu de manière à ce que le stand de présentation ne soit plus le parent pauvre en termes de nombre de films inédits réalisés par l’Algérie.
	 </description>
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           <title>Nouvel exécutif en France : diversité et parité pour le nouveau gouvernement</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Thu, 17 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 17 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, conduira un gouvernement formé de 34 ministres et ministres délégués, dont 17 femmes, qui reflète les priorités et les exigences posées par le président Hollande pendant sa campagne électorale. François Hollande avait posé un impératif de parité, de renouvellement des générations et de diversité. Il a tenu son engagement. Les courants politiques sont aussi représentés. 
	Paris
	De notre correspondante
	
	Au titre de la diversité, de nombreux noms, dont Christiane Taubira (Justice), Najat Belkacem (Droit des femmes et porte-parole du gouvernement), Yamina Benguigui (Français de l’étranger et Francophonie), Kader Arif (Anciens combattants), George-Pau Langevin (ministre déléguée à la Réussite éducative). A l’ancien Premier ministre Laurent Fabius reviennent les Affaires étrangères ; il sera secondé par deux ministres délégués. Manuel Valls a le portefeuille de l’Intérieur, Vincent Peillon celui de l’Education. Pierre Moscovici est ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Michel Sapin, ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. Un nouveau ministère dédié au Redressement productif revient à Arnaud Montebourg. La Défense revient à Jean-Yves le Drian, président du Conseil régional de Bretagne. Stephane Le Foll est nommé à l’Agriculture. Le ministère des Droits des femmes est un engagement du candidat Hollande, figurant dans la 25e de ses 60 propositions. Ce ministère devrait être notamment chargé de mettre en place la loi sur l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations.

	Martine Aubry, qui a affirmé hier matin ne pas être candidate à sa propre réélection à la tête du Parti socialiste, avait annoncé qu’elle ne ferait pas partie du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ; elle a toutefois déclaré qu’elle conduira les élections législatives jusqu’à leur terme. Déçue de ne pas avoir obtenu Matignon, la première secrétaire du PS a refusé de faire partie du gouvernement.
	En nommant Jean-Marc Ayrault à Matignon, mardi, François Hollande a fait le choix d’un fidèle qui connaît bien les élus, un homme de confiance avec qui il a l’habitude de travailler. «Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas» de tout, «pour tout et partout», avait-il notamment assuré dans son discours d’investiture, mardi, assurant que le pouvoir serait exercé «avec dignité et simplicité».
	A noter que la plupart des ministres (30 sur 34) n’ont jamais occupé de fonctions ministérielles. Le gouvernement tiendra aujourd’hui son premier Conseil des ministres.</description>
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	Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.
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           <title>Femmes issues de l’immigration : appel à François Hollande</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Thu, 17 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 17 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Les signataires de «Françaises, les grandes oubliées» interpellent le président Hollande sur les femmes issues de l’immigration. 
	Nous sommes aujourd’hui les héritières des pionnières de l’immigration devenues grands-mères, de ces “oubliées” de l’histoire… Qu’elles aient été femmes de harkis, mères du regroupement familial, orphelines des acquis issus des luttes féministes, elles ont accompli, seules, le chemin de leur émancipation et elles ont su nous inculquer, à nous leurs filles, les valeurs de la République et de la laïcité ; elles ont fait de nous des Françaises à part entière. Ces mères et ces femmes sont le pivot essentiel de l’équilibre républicain de la société. C’est pour cela que leur parole doit être écoutée et valorisée.» «C’est pour cela, qu’au nom de toutes ces femmes, nous souhaitons “Marhaba Bikoum” Bienvenue au Président du changement», écrivent, dans un texte publié par le Nouvel Observateur en ligne, les personnalités suivantes : Yamina Benguigui, Isabelle Adjani, Rachida Brakni, Bertrand Blier, Catherine Frot, Elsa Zylberstein, Firmine Richard, Biyouna, Saïda Jawad, Farida Rahouadj, Djura.

	Ces personnalités rappellent aussi que «certaines mamans auront la fierté de voir leurs enfants devenir diplômés. Mais, à compétences égales, leur taux de chômage est trois fois supérieur à la moyenne nationale. A la relégation sociale des familles va lentement se substituer la relégation raciale des enfants. De modèles, les aînés deviennent contre-modèles pour les plus jeunes. Beaucoup sombrent dans la délinquance et vont se retrouver dans des prisons surpeuplées… Ces jeunes Français en quête d’identité seront souvent la proie d’un islam radical importé qui va choquer les mères qui s’inquiètent et qui crient : ‘Ce n’est pas notre islam». Et d’ajouter : «Durant ces dernières décennies, des associations féminines vont se créer et soutenir ces mères et ces femmes, mais le politique restera sourd à leurs cris et à leurs inquiétudes. Aujourd’hui, sur d’autres bouts de France, d’autres mères crient leur souffrance et leur détresse face à tous les maux de la nouvelle désindustrialisation liée aux délocalisations, au chômage, à la précarité, à la délinquance, et redoutent de voir leurs enfants s’engager sur la voie des extrémismes, qu’elles soient du Pas-de-Calais, de la Seine-Saint-Denis, du Gard, du Var ou de Toulouse.»</description>
           <link>http://www.elwatan.com/hebdo/france/femmes-issues-de-l-immigration-appel-a-francois-hollande-17-05-2012-171008_155.php</link>
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        <item>
           <title>François Hollande, le 7e président de la Ve République</title>
           <author>Yacine Farah </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Les choses sérieuses commencent pour François Hollande, investi hier président de la République française lors d’une cérémonie sobre au palais de l’Elysée, en présence de nombreux invités et, pour la première fois, de représentants des organisations syndicales. 
	Paris
	De notre correspondant

	Comme annoncé, la cérémonie de passation de pouvoir entre le président sortant, Nicolas Sarkozy, et son successeur, a débuté à 10h. Nicolas Sarkozy a accueilli François Hollande sur le perron de l’Elysée. Les deux hommes se sont ensuite retirés durant trente-cinq minutes dans le bureau présidentiel. Le candidat sortant a transmis au nouveau président les codes nucléaires, les dossiers importants en cours ainsi que quelques demandes concernant le recasement de certains de ses proches comme le veut la tradition.
	De leur côté, les invités attendaient dans le grand salon de l’Elysée, où François Hollande a prononcé son premier discours de président. Le nouveau chef de l’Etat français a promis de respecter les institutions française. «Je ne serai pas le président de tout. Je ne déciderai pas de tout. Le gouvernement sera respecté. Le Parlement aussi. L’Etat, qui appartient à tous les Français, sera impartial», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Je mesure le poids des contraintes. Une dette lourde, un chômage massif et une Europe qui peine à sortir de la crise, mais les atouts de la France sont considérables.»

	Oublié le «bling-bling»

	Hollande, qui a déjà imprimé son propre style de gouvernance, opposé à celui de Sarkozy qualifié de «bling-bling», a émis le vœu que les différences qui existent entre les Français ne se transforment pas en divisions. Il a appelé tout le monde à s’unir autour des valeurs de la République. Il a également salué tous ses prédécesseurs à l’Elysée, avec une pensée particulière pour François Mitterrand dont il s’inspire. Sur le plan extérieur, M. Hollande a promis de respecter tous les peuples, notamment ceux de l’Europe qui nous regardent et attendent, a-t-il estimé. Peu auparavant, il a reçu la Légion d’honneur, l’insigne supérieur de la République. A la fin du protocole, il a salué les 380 convives, tantôt en leur serrant la main, tantôt en leur faisant la bise, notamment aux femmes.

	Mais M. Hollande n’a pas estimé nécessaire d’inviter ses quatre enfants, ni son ancienne compagne, Ségolène Royal, qui l’ont rejoint dans l’après-midi à la mairie de Paris. Encore une fois, François Hollande a tenu à se démarquer de la cérémonie de Sarkozy en 2007 où il était entouré de sa femme Cécilia et de ses enfants, à la manière des stars de cinéma. Comme le veut la tradition, François Hollande a remonté les Champs-Elysées à bord d’une berline de marque Citroën DS5. Il a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du soldat inconnu sous l’arc de triomphe.

	Dîner avec Merkel à Berlin

	Avant de revenir déjeuner à l’Elysée avec les anciens Premiers ministres socialistes, le président français s’est offert un bain de foule sous une pluie battante. Dans l’après-midi, François Hollande est allé au jardin des Tuileries où il a rendu hommage à Jules Ferry, père de l’école laïque et obligatoire. La cérémonie a été marquée par la présence de nombreux écoliers et responsables de l’éducation nationale.Dans son discours, M. Hollande a précisé qu’il a rendu visite à la statue de Jules Ferry pour célébrer deux lois, celle qui a instauré la laïcité de l’école et celle qui l’a rendue obligatoire. Il a néanmoins regretté que Jules Ferry soit un farouche partisan de la colonisation.

	Le président français a ensuite salué l’école comme un «lieu d’émancipation et d’égalité». «L’école, c’est l’arme de la justice et de la mixité sociale. C’est un lieu d’intégration nationale.» M. Hollande a aussi annoncé qu’il donnera la priorité aux établissements scolaires situés dans les quartiers pauvres et les banlieues. Pour son troisième rendez-vous, François Hollande est parti à l’Institut Curie pour rendre un hommage à Pierre et Marie Curie, Française d’origine polonaise, lauréate de deux prix Nobel, de physique et de chimie.
	Il finira sa première journée de président à la mairie de Paris où il a prononcé un discours offensif dans lequel il a dévoilé le nom de son Premier ministre, en la personne de Jean-Marc Ayrault. Après s’être offert un ultime bain de foule en compagnie des Parisiens, le nouveau président français s’est envolé à Berlin où il devait dîner avec la chancelière allemande, Angela
	Merkel, pour un premier contact.</description>
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           <title>François Hollande imprime son style : simplicité, sobriété, exemplarité</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	De la sobriété, des symboles et des messages pour l’investiture présidentielle de François Hollande hier matin. Dans la tradition républicaine. Le changement porté par François Hollande pendant toute sa campagne électorale commence par le style : sobre et dépouillé. Signe d’un Président normal ? Cette normalité dont il a fait un enjeu de sa présidentielle. 
	Paris
	De notre correspondante

	Dès son investiture, François Hollande a montré et exprimé sa volonté de rompre avec le style et les pratiques de son prédécesseur à l’Elysée, Nicolas Sarkozy. A commencer par la cérémonie officielle de son investiture que le président François Hollande – le septième de la Ve République  – a voulue «sans dimension privée», contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait associé toute sa famille à son investiture. Quant à l’exercice du pouvoir, «je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas de tout ni à la place de tous (...) Le pouvoir d’Etat sera exercé avec dignité, mais simplicité, avec une grande ambition pour le pays et une scrupuleuse sobriété dans les comportements», a déclaré François Hollande dans son premier discours présidentiel.

	«Le chef de l’Etat ne doit pas être le chef de tout. Le Premier ministre conduira la majorité», avait-il précisé lundi à la Mutualité où était réuni le conseil politique du parti socialiste pour le lancement officiel de la campagne pour les élections législatives. A la Mutualité, il a également affirmé : «Comme président de la République, je me suis fixé une règle : je ne participerai plus à aucune instance partisane», pour signifier sa rupture avec l’habitude qu’avait son prédécesseur Nicolas Sarkozy de recevoir les parlementaires de la majorité à l’Elysée.

	Pour pouvoir gouverner la France, mettre en œuvre son programme et réaliser les engagements de sa campagne électorale, François Hollande veut une majorité présidentielle large et cohérente. C’est l’objectif qu’a défini le conseil du Parti socialiste qui a lancé lundi la campagne des élections législatives des 10 et 17 juin, sur le thème de «Donnons une majorité au changement» pour permettre le changement que les Français ont voulu le 6 mai. «Il faut que François Hollande ait la majorité la plus large possible pour changer de politique», a résumé la première secrétaire du PS, Martine Aubry, lundi.

	«Le changement commence», a commenté Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. Pas d’état de grâce, pas de vacances pour le 7e président français de la Ve République. A peine investi, François Hollande s’est envolé pour Berlin, afin de rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel, pour parler de la crise de la zone euro et des mesures pour stimuler la croissance dans une Europe presque entièrement plongée dans la récession – à l’exception notable de l’Allemagne. Très présente dans la campagne, l’Europe a constitué l’essentiel des travaux de la première semaine de François Hollande qui a rencontré les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Autre dossier chaud : la situation de la Grèce. Puis il aura dans son agenda le retrait problématique des troupes françaises d’Afghanistan avant la fin de l’année. Ce sera au menu des discussions du Sommet de l’OTAN à Chicago (20 et 21 mai), juste après le G8 à Camp David (18-19 mai).

	Les priorités nationales du quinquennat de François Hollande sont l’éducation, la jeunesse, le respect de la laïcité. Symboles de ces priorités, c’est l’hommage qu’a rendu le président François Hollande à Jules Ferry, fondateur de l’école publique gratuite pour tous et Marie Curie qui symbolise la diversité et son apport à la notoriété de la France, une façon de répondre à la circulaire Guéant restrictive sur les étudiants et diplômés étrangers que François Hollande veut supprimer. Autre signe de l’importance qu’il accorde au dialogue social, l’invitation faite par François Hollande à son investiture des responsables syndicaux.
	 </description>
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           <title>Les autres brèves</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-Premières nominations Jean-Marc Ayrault, Premier ministre
	
	Le député maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, a été nommé Premier ministre. Celui-ci présentera aujourd’hui son gouvernement. Président du groupe PS à l’Assemblée nationale depuis 1997, M. Ayrault est un proche du nouveau chef de l’Etat. François Hollande a indiqué à plusieurs reprises qu’il souhaitait s’entourer de personnes avec lesquelles il s’entend «bien». Jean-Marc Ayrault a été le conseiller spécial du candidat François Hollande. Parmi les atouts de M. Ayrault, sa connaissance de l’allemand et de l’Allemagne, qui pourrait être précieuse au nouveau couple «Merkhollande». A noter que Jean-Marc Ayrault n’a jamais exercé de responsabilité ministérielle.
	
	-Face à Martine Aubry et Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault faisait figure de favori depuis plusieurs jours

	Martine Aubry est une femme d’expérience. Ministre de l’Emploi sous les gouvernements Cresson, Bérégovoy et Jospin, elle connaît parfaitement le fonctionnement gouvernemental et en maîtrise tous les codes. Mais la «dame des 35 heures» n’est pas une proche du président élu. Les relations entre l’actuel et l’ancien premier secrétaire du PS ont souvent été électriques. Ouvertement candidate pour Matignon, elle est prête à quitter son poste de patronne du PS.

	-Pierre-René Lemas, secrétaire général de l’Elysée

	Pierre-René Lemas, un proche de François Hollande, né à Alger, accède à 61 ans au poste stratégique de secrétaire général de l’Elysée. Ancien élève de la promotion Voltaire à l’ENA (1980), la même que celle du nouveau Président, de Ségolène Royal, de Michel Sapin,de  Jean-Pierre Jouyet ou l’ancien secrétaire général de l’Elysée Dominique de Villepin, il fut très tôt conseiller technique de Gaston Defferre et Pierre Joxe à l’Intérieur. M. Lemas était directeur de cabinet du président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel, depuis novembre 2011. Il a été préfet de Corse de 2003 à 2006. Il a occupé la direction générale de Paris Habitat de 2008 à 2011, auprès du maire socialiste Bertrand Delanoë, avant sa nomination au Sénat.

	M. Lemas sera secondé par deux secrétaires généraux adjoints. Le premier, Emmanuel Macron, énarque et inspecteur des Finances, travaillait jusque-là à la banque Rothschild. Le second, Nicolas Revel, fils des journalistes Jean-François Revel et Claude Sarraute, occupait les fonctions de directeur de cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS). Le poste de directeur de cabinet a été confié à Sylvie Hubac. Enarque de la promotion Voltaire (celle de M. Hollande)  Mme Hubac a travaillé au cabinet du Premier ministre Michel Rocard (1988-1991), puis du ministre de la Culture Jack Lang, ensuite à la région Ile-de-France. Elle était jusque-là présidente du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique. Actuellement préfet des Landes et ancien préfet de Corrèze, le département dont M. Hollande vient de quitter la présidence du Conseil général, Alain Zabulon, a, lui, été nommé directeur de cabinet adjoint. Enfin, Pierre Besnard, l’actuel chef de cabinet du président du Sénat Jean-Pierre Bel, a été nommé chef de cabinet du nouveau chef de l’Etat.</description>
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           <title>«147 femmes députés en Algérie, c’est un bond spectaculaire»</title>
           <author>Rémi Yacine </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Fadila Mehal a mené de nombreux combats pour la représentation politique des femmes. Elle s’est aussi beaucoup investie dans le champ économique pour l’adoption de la loi Copé-Zimmermann, qui donne 40% des sièges aux femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Elle compte s’investir pour plus de représentation de la femme dans tous les secteurs. 
	-Que vous inspirent les résultats des législatives algériennes ?

	Les résultats sortis des urnes apportent une grande et belle surprise à toutes les féministes qui doutaient ou désespéraient. Toutes les femmes du monde doivent être heureuses qu’en Algérie 147 députés femmes vont désormais siéger à l’Assemblée nationale aux côtés de leurs pairs. Cela représente 32%, et c’est un bond spectaculaire. Pour la France, le très sérieux Forum économique mondial (WEF), dans sa dernière étude sur le classement mondial des égalités hommes/femmes 2010, fait chuter la France à la 46e place sur 134. Cette étude pointe du doigt les défaillances de la politique hexagonale en matière de parité.

	C’est vrai qu’en France, le pourcentage de femmes à l’Assemblée est de 18,5%, ce qui fait de nous la lanterne rouge des pays européens et même dans le monde, puisque nous occupons la 169e rang  pour la parité. C’est dire s’il reste du chemin à faire. Je suis vraiment fière que l’Algérie, mon pays de naissance et de cœur, ait  accompli cette «révolution culturelle» silencieuse, alors que les freins, les frilosités et les résistances étaient encore nombreux.
	
	-Pensez-vous qu’il soit utile d’avoir un ministère dédié à la femme dans ces conditions ?

	Lors de la campagne présidentielle française, j’ai milité pour que soit créé un ministère de l’Egalité tout court. Car l’égalité ne se découpe pas en tranches. Quand on est victime de discrimination en raison de son sexe, de son âge, de son handicap ou de son lieu d’habitation, ce sont toujours les mêmes mécanismes qui sont à l’œuvre. Pour certains jeunes Français, le fait d’habiter par exemple le département 93 leur ferme parfois les portes des entreprises. Certaines femmes peuvent cumuler tous ces handicaps à la fois, et un ministère de l’Egalité aurait une démarche plus transversale. J’espère que les présidents algérien et français retiendront cette proposition, plus efficace et qui offre une meilleure gouvernance.

	-Comment voyez-vous les relations entre la France et l’Algérie sur ce thème ?

	D’abord, il faut commencer par se débarrasser des travers paternalistes du passé.  On a toujours cru qu’en matière de parité et de droits des femmes, l’Algérie devait s’inspirer de la France. C’est une erreur. L’Algérie est fière de sa culture et de ses traditions, mais elle a su avancer sur le chemin de l’émancipation des femmes. En la matière, seuls les résultats comptent. Le message de parité de l’Assemblée nationale algérienne est un message cinglant à ceux qui continuent de voir l’Algérie avec les lunettes du passé. Pour  ma part, si les relations franco-algériennes doivent se refonder pour être plus équilibrées et respectueuses, elles le seront aussi par les femmes. Les femmes sont plus pragmatiques et iront à l’essentiel : dans l’entreprise, les médias ou le monde politique, il faut qu’elles soient partie prenante des partenariats qui vont se créer. En tant qu’association entre les deux rives nous y sommes prêtes.
	 </description>
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           <title>Engagements et déchirements : les intellectuels et la guerre d’Algérie</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	L’Institut mémoires de l’édition contemporaine (IMEC) présente une exposition, un livre en coédition avec les éditions Gallimard et un cycle de rencontres sur le thème  «Engagements et déchirements. Les intellectuels et la guerre d’Algérie». 
	A partir de lettres, tracts, brochures, journaux, revues, manifestes… plus de 250 documents vont permettre à travers l’exposition une autre approche de l’histoire de ces engagements. Ils seront présentés en six espaces chronologiques, accompagnés de focus thématiques (la torture, la conscription, le nationalisme…). Pour la première fois seront présentés les «ennemis complémentaires» et les alliés objectifs, «sans point de vue surplombant, de sorte que chaque visiteur, à partir des documents et des éléments de contextualisation proposés, pourra mieux comprendre la nature des questions morales et politiques engagées dans ce conflit», précisent les concepteurs de ce projet. Aux côtés des fonds conservés à l’IMEC,  notamment ceux de Jean- Marie Domenach, Jean Paulhan, Franz Fanon, Kateb Yacine, Dionys Mascolo, Vladimir Pozner, Alain Robbe-Grillet, Michel Vinaver, La table ronde, Le Seuil… des collections privées sont associées.

	Avec la coopération de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges, la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, la Bibliothèque municipale à vocation régionale-Marseille (BMVR), les Archives nationales de France, le Centre d’histoire de la résistance et de la déportation / Ville de Lyon, Fonds Ricoeur, la bibliothèque de l’Institut protestant de théologie de Paris, La Parole errante, la Maison Jules Roy, la Société de l’histoire du protestantisme français, la BDIC, l’EHESS et l’INA. L’exposition se tiendra dans l’abbaye d’Ardenne, du 16 juin au 14 octobre 2012. Le livre - qui paraîtra en juin aux éditions Gallimard / IMEC - se compose de 360 documents, dont de nombreux inédits, dans une version augmentée de l’exposition.

	Les auteurs, Catherine Brun et Olivier Penot-Lacassagne y présentent de manière détaillée chacun des documents. Des rencontres sont programmées du 15 juin au 5 juillet 2012 à l’abbaye d’Ardenne. Cinq conférences vont réunir des historiens et des intellectuels qui évoqueront «l’intensité des combats d’idées», mais aussi le «retentissement de l’histoire dans la création contemporaine». Ces rencontres apporteront des éclairages sur quelques-uns des grands sujets qui ont mobilisé et qui ont fait l’objet de débats : la torture, la lutte interne aux mouvements de résistance algériens, les Européens d’Algérie…A noter que les commissaires de l’exposition et auteurs du livre, Catherine Brun et Olivier Penot-Lacassagne, sont  maîtres de conférences à l’Institut de littérature française de l’université Paris III et membres de l’équipe «Ecritures de la modernité, littérature et sciences humaines». Les travaux de Catherine Brun portent principalement sur les rapports de la littérature et du politique, l’écriture de la guerre d’Algérie dans la littérature française et francophone et le théâtre du vingtième siècle.  
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           <title>Villeurbanne : musulman et citoyen</title>
           <author>Walid Mebarek </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Les équivoques autour de la présence de musulmans en France ont alimenté une partie très désagréable  de la campagne présidentielle française avec les coups de boutoir de l’ex-président Sarkozy et ceux de l’extrême-droite. Le scrutin est derrière nous, la question n’en demeure pas moins toujours d’actualité. 
	Lyon
	De notre correspondant
	
	La mosquée Othmane, de Villeurbanne, organise ainsi sa cinquième journée culturelle jeudi 17 mai, sur ce thème vivement ressenti : «Islamophobie, musulmans de France : de la victimisation à l’engagement citoyen», au Centre culturel et de la vie associative à Villeurbanne (234 cours Emile Zola, de 15h à 21 heures). Deux tables rondes sont prévues, la première autour de la problématique «Les musulmans, les institutions, les médias : tous responsables de l’islamophobie ?» avec Eric Vandorpe (psychologue clinicien-psychothérapeute, membre fondateur de la «Muslim Pride»), Wahiba Besbas (membre du bureau de l’association Enfant de la patrie). Le deuxième carrefour tournera autour de «Le musulman : pratiquant de la citoyenneté», en présence d’Eric Vandorpe et Abdelwahab Bakli, (initiateur de l’action «Bouger/voter»), et Boualem Azahoum (association El Ghorba).

	Le modérateur de ces débats sera le recteur de la mosquée de Villeurbanne, Azzedine Gaci. Ensuite, les participants pourront assister à un spectacle intitulé «One man halal chaud», de Farid Abdelkrim avant une soirée culturelle avec le groupe «Le rappel». Pour mémoire, face aux débats lancés depuis 2009 sur l’identité nationale et l’Islam, quelques personnalités musulmanes avaient appelé, avant le premier tour du 22 avril dernier, les Français de confession musulmane à exercer leur droit de vote pour faire entendre leur voix.

	* Plus d’informations au 04 78 85 57 25
	 </description>
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           <title>Saint-Etienne et Annaba : 30 ans de jumelage</title>
           <author>Walid Mebarek </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Quatre pays, dont l’Algérie, le Bénin, Haïti et Sao-Tomé et Principe seront à l’honneur de la deuxième édition de la Journée mondiale de l’Afrique, intitulée «JMA 2012 Lyon/Rhône-Alpes», avec pour thème général «Art, littérature et coopération », qui se déroulera du 21 au 26 mai 2012 en Rhône-Alpes. 
	Cette manifestation fédérative bénéficie du patronage de la Commission nationale française pour l’Unesco, du soutien actif des acteurs de l’international, d’institutions et d’associations lyonnaises. La Journée mondiale de l’Afrique célèbre l’anniversaire de la création de l’Organisation de l’Union africaine (OUA) créée le 25 mai 1963, devenue l’Union africaine (UA) depuis 2002. Plus qu’un anniversaire, la JMA à Lyon et en Rhône-Alpes est une occasion de renforcer les liens entre les Africains de la région, leurs amis, et de célébrer l’Afrique à Lyon et en Rhône-Alpes.La Journée mondiale de l’Afrique est aussi une occasion de mettre à l’honneur l’ensemble des acteurs du territoire qui œuvre au quotidien à la promotion du continent africain dans notre région.

	Plusieurs événements et festivités sont prévus sur six jours, avec une étape importante à Saint-Etienne. Les organisateurs mettent à l’honneur quatre pays, dont l’Algérie, pour le 50e anniversaire de l’accession à l’indépendance, le Bénin, pour sa présidence de l’UA, Haïti, pour son intégration à l’UA, Sao-Tomé et Principe.Ainsi, le lundi 21 mai à Saint-Etienne, à l’Hôtel de Ville, une table ronde aura pour thème «La place de la culture dans la coopération en Rhône-Alpes», avec projection de films. Ce sera aussi l’occasion de célébrer les 30 ans de jumelage entre les villes d’Annaba et de Saint-Etienne dans les 50 ans de l’indépendance algérienne.
	 

	Contact : Abel Billong Billong  06 60 46 31 29
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           <title>Une longue histoire d’amitié</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	François Hollande éprouve de longue date un intérêt profond et une proximité réelle avec l’Algérie. Nous avons pu le mesurer à la faveur de deux interviews qu’il nous a accordées dans l’intervalle de quatre années, la première en juillet 2006 alors qu’il était premier secrétaire du parti socialiste, la seconde en décembre 2010 alors qu’il était candidat à la candidature des primaires socialistes pour la désignation du candidat de ce parti à l’élection présidentielle qu’il vient de remporter.
	  
	
	Paris.
	De notre correspondante
	
	Qu’est-ce qui motive cet attrait pour l’Algérie et les Algériens que François Hollande a une nouvelle fois exprimé en dépêchant quatre de ses proches à Alger, fin avril, pour rencontrer les Français d’Algérie mais aussi pour porter un «message d’amitié» aux Algériens ?
	«Nous sommes porteurs d’un message de François Hollande aux Algériens. Un message d’amitié, mais aussi du changement qui est le slogan de notre candidat. On est aujourd’hui une génération qui considère qu’il faut tourner la page et installer la relation entre la France et l’Algérie au niveau qu’elle mérite, pas simplement pour des raisons historiques, mais aussi au regard du poids politique, économique, démographique et de l’influence de l’Algérie», a affirmé le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lors d’une conférence de presse animée, lundi 30 avril à Alger, en compagnie de Bariza Khiari et Pouria Amirshahi. Le propos est constant et relève, de la part de François Hollande, des convictions profondes. Qu’on en juge.

	François Hollande a séjourné plus de huit mois à l’ambassade de France à Alger, lors de sa scolarité à l’ENA. Voici ce qu’il en dit (El Watan du 8 juillet 2006) : «Je découvrais une Algérie fière de son indépendance, mais qui, déjà, attendait beaucoup de la France. Je mesurais le potentiel de l’économie algérienne trop bridée par les rigidités bureaucratiques. Mais, je garde surtout l’image d’Alger pleine d’une jeunesse qui a fait l’Algérie d’aujourd’hui et déjà de ses antennes de télévision qui nous relient au-delà de la Méditerranée».  Alors qu’il était premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande nous affirmait dans une interview à la veille d’un déplacement en Algérie, en juillet 2006 (El Watan du 8 juillet 2006) : «La colonisation a été un système inéquitable et oppresseur. La guerre d’Algérie a produit, comme toute guerre, des tragédies humaines. Dire cette vérité n’est pas rajouter du malheur à la douleur, c’est accomplir notre devoir à l’égard de toutes les victimes de cette période. Le retour sur notre passé est nécessaire pour préparer l’avenir». «La loi du 28 février 2005, votée par la majorité de droite, en France, a suscité incompréhension et colère, ici, en Algérie, mais aussi en France. C’est pourquoi la gauche s’est mobilisée pour l’abrogation de son article 4 qui reconnaissait le caractère positif de la colonisation. Nous avons obtenu gain de cause et Jacques Chirac a fini par faire annuler cette disposition.»

	
	«Des liens tissés par l’histoire, la géographie et des valeurs communes»

	
	Et aussi : «Près de 3 millions de citoyens français puisent une part de leurs racines en Algérie. Nos deux pays sont liés par l’histoire, par la géographie, mais aussi, par des valeurs communes que les échanges entre nos populations contribuent de diffuser. Enfin, la place de l’Algérie au cœur du Maghreb en fait pour moi le partenaire naturel de la France pour promouvoir une politique ambitieuse en Méditerranée.»  «Il s’agit pour nous de faire en sorte que l’Europe engage une coopération renforcée avec l’ensemble du Maghreb, et en particulier avec l’Algérie, sur les domaines-clés du développement, les infrastructures, la question énergétique, l’éducation. De cette dynamique nouvelle, nous devons pouvoir espérer une croissance économique plus soutenue de chaque côté de la Méditerranée. Dans ce monde qui se globalise, l’Europe et l’ensemble des pays de la Méditerranée doivent se construire une communauté d’intérêt commune. C’est en tout cas le sens que nous entendons donner à notre politique envers l’ensemble du Maghreb. Dans ce cadre européen, il va de soi que des relations privilégiées doivent être développées entre la France et l’Algérie, tant nos deux pays ont des intérêts communs.» Pour précision dans son livre Devoirs de vérité (Entretiens avec Edwy Plénel, éditions Stock, 2006) François Hollande prend position pour que la France présente ses excuses pour son passé colonial et ses conséquences.

	Quatre ans après (El Watan du 6 décembre 2010), il nous réaffirme que l’Algérie est un pays qui lui est très proche et, de ce fait, son souhait d’une construction entre l’Algérie et la France d’une relation durable, au-delà de la conjoncture politique et du pragmatisme. «Nos relations doivent dépasser le pragmatisme pour se donner des objectifs au long cours», nous précisait François Hollande. «L’Algérie est un pays qui m’est proche. J’y compte beaucoup d’amis. Ma visite est d’abord fondée sur l’amitié, mais c’est aussi un témoignage de fidélité, une préparation de l’avenir. Ce voyage est l’occasion de dessiner les perspectives d’avenir dans lesquelles la coopération entre nos deux nations peut être utile à nos deux peuples. Au-delà de la conjoncture politique, je m’intéresse à l’amélioration durable de la relation entre la France et l’Algérie». Et encore : «Ces relations doivent se fonder sur un socle solide d’échanges économiques et commerciaux. Les positions internationales de nos deux pays, attachés à des rapports mondiaux justes et égalitaires, se rejoignent souvent.

	La coopération en matière de lutte contre le terrorisme montre chaque jour son efficience. Il reste un immense champ à élargir : le territoire de la culture. Nos relations doivent dépasser le pragmatisme pour se donner des objectifs au long cours». Aussi «il est temps de l’investir pour les générations futures». A noter que parmi ses proches collaborateurs figurent des responsables comme Faouzi Lamdaoui, son directeur de cabinet pendant sa campagne électorale, Kader Arif, député européen, ou Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat. A la tête de l’Etat français pour cinq ans, François Hollande traduira-t-il en actes ses déclarations de rénovation des relations entre l’Algérie et la France ? Dans quelques mois l’Algérie célèbrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. Voilà une opportunité pour ce faire.  
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           <link>http://www.elwatan.com/hebdo/france/une-longue-histoire-d-amitie-07-05-2012-169554_155.php</link>
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           <title>François Hollande, l’homme qui a défait le «sarkozysme»</title>
           <author>Yacine Farah </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Né en 1954 à Rouen (nord-est de la France), d’un père médecin et d’une mère assistante sociale, François Hollande a étudié les sciences politiques avant d’être diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1980. 
	Paris. De notre correspondant

	
	Il a débuté sa carrière politique, en 1979, en adhérant au Parti socialiste français. Depuis, il n’a pas cessé de grimper les échelons politiques jusqu’à devenir, en 1997, premier secrétaire de ce même parti, et ce, jusqu’en 2008. Il avait, à l’époque, remplacé Lionel Jospin, arrivé en troisième position à l’élection présidentielle de 2002 derrière Jean-Marie Le Pen. En 1970, il avait fait un stage à l’ambassade de France à Alger, une ville qu’il a aimée et visitée régulièrement.

	François Hollande a été également élu député de la Corrèze (centre de France) à plusieurs reprises, en plus du poste du maire de la ville de Tulle qu’il a occupé jusqu’à hier, dimanche soir. Dans les années 1980, il a travaillé aux côtés du défunt président Mitterrand comme conseiller économique, puis dans le cabinet de Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères.
	Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle avec 28,63% des voix, ses adversaires critiquent sa méconnaissance des affaires de l’Etat due au fait qu’il n’a jamais occupé de poste ministériel. Mais ses partisans louent son calme à toute épreuve, sa «normalité» et sa volonté de fer de gagner l’élection présidentielle et de diriger la France.

	
	Gouverner avec équité et justice

	
	Mais le chemin pour y arriver n’était pas de tout repos. D’abord, François Hollande a fait face à la candidature, même non déclarée, de Dominique Strauss-Kahn que tous les sondages donnaient gagnant face à Nicolas Sarkozy. Mais le scandale sexuel dans lequel s’est empêtré l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) l’a vite disqualifié. Ensuite en affrontant une primaire difficile face à des ténors socialistes chevronnés tels que Martine Aubry, Ségolène Royal ou Arnaud Montebourg.

	Toutefois, son idée de rassemblement et son obsession de gouverner avec justice et équité ont fini par convaincre les électeurs socialistes qui l’ont désigné, avec une grande majorité, candidat du parti qui devait affronter celui de la droite, face à Martine Aubry, maire de Lille. Enfin, M. Hollande a eu à affronter aussi les critiques de son propre camp, notamment de la même Martine Aubry, première secrétaire du PS, qui l’a qualifié de «mou», mais aussi de la part de Laurent Fabius qui le traitait de «flamby» (une sorte de crème moelleuse et onctueuse, ndlr). Il était, selon eux, incapable de trancher, d’imposer ses points de vue et ses idées.

	A la différence de Nicolas Sarkozy, François Hollande est un homme qui n’aime pas trop étaler en public sa vie privée. Père de quatre enfants avec Ségolène Royal, candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2007, leur union a volé en éclats au lendemain de la défaite politique de Mme Royal. Depuis, il vit en ménage avec Valérie Trieweller, journaliste à Paris Match. Même devenu Président, F. Hollande ne semble pas très chaud pour passer devant le maire et officialiser sa relation juste pour des raisons diplomatiques et protocolaires, notamment dans les pays arabes qui ne reconnaissent pas les liaisons libres.

	
	Pas de régularisation massive des sans-papiers

	
	Sur le plan politique, François Hollande ne traîne pas de casseroles risquant de discréditer son action politique. Jugé «propre», il défend l’idée du rassemblement de tous les Français, divisés et esquintés par les cinq années de «sarkozysme», selon lui.  
	Attaché au principe de la justice sociale et de l’égalité, son ami Julien Dray, ex-député socialiste, le qualifie de «rassembleur» qui a toujours mis l’intérêt du pays au-dessus de toute autre considération. Un brin moqueur et doté d’un humour vif, il en a souvent usé   dans son action politique. C’est lui qui a évité le clash politique au PS lors du congrès du Mans, en 2005. Son action a toujours été d’unir les différentes sensibilités du parti, ce qui lui a permis au passage de rafler la majorité des mairies et des conseils généraux de France.

	Récemment, le Sénat est passé à gauche. Il reste à présent le Parlement pour que toutes les institutions du pays soient de gauche.  
	Partisans des relations apaisées avec l’Algérie, F. Hollande ne veut pas renégocier les accords de 1968 entre Alger et Paris.
	Du moins pour le moment. S’il veut aussi donner le droit de vote aux étrangers dans les élections municipales, il refuse en revanche de régulariser tous les clandestins ou de pratiquer une politique laxiste en termes d’immigration. Mais c’est sur sa capacité à redonner espoir, à lutter contre le chômage et la tentation ultralibérale de l’Europe que l’enfant de Rouen est surtout attendu.</description>
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           <title>Hollande, l'autre image de la France</title>
           <author>Rémi Yacine </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Les Français ont choisi la réconciliation à la peur, le vivre- ensemble à l’islamophobie. François Hollande a été élu par ses concitoyens pour devenir le président de la France, tournant définitivement la page Nicolas Sarkozy. Près de 52% pour le candidat socialiste contre 48% pour le candidat sortant, selon les estimations en début de soirée. 
	Paris.
	De notre correspondant
	
	Toute la journée, les résultats n’ont pas cessé de tomber. Les journaux belges et suisses, tout comme El Watan, ont suivi le scrutin présidentiel, donnant minute par minute les sondages sortis des urnes.
	Le suspense n’a été entretenu que par les médias français, tenus par la loi, tant l’élection de François Hollande semblait évidente. Pour la seconde fois lors de cette élection, les sondeurs n’ont pas été pris à défaut. Dès 19h, les Parisiens avaient compris que l’élection était jouée. La droite a annulé la fête prévue place de la Concorde si son challenger venait à être élu, les prestataires ayant été informés avant 18h, alors qu’à la Bastille, les citoyens continuaient à affluer par centaines. A l’annonce des résultats, les ténors de la droite faisaient la queue sur les plateaux de télévision avec des éléments de langage : le vote a été démocratique, le troisième tour (les législatives) commence et le président sortant a été formidable. Au passé. Le feuilleton a pris fin, dramatiquement pour la droite. Jamais, dans l’histoire de la Ve République, un président en exercice n’a été sorti aussi piteusement. Dans son discours ultime, narcissique et digne à la fois, Nicolas Sarkozy a reconnu sa défaite, tout en égratignant le camp d’en face. Comme un amoureux éconduit, il ne voit toujours pas le désamour profond des Français à son égard.

	De Tulle (Corrèze), le nouveau Président, que personne n’attendait il y a quelques mois, a pris soin de baliser son chemin. Sans triomphalisme, François Hollande, quelques minutes après le discours intimiste de son rival, se lance dans une réponse non dénuée d’humour. Il réplique avec un tact qui lui est propre. Il refuse de laisser le patriotisme à Nicolas Sarkozy ou à la fille de Jean-Marie Le Pen, il s’en fait le dépositaire et avertit l’Europe qu’il faut désormais compter sur lui, qu’il n’est pas question d’accepter la ligne directrice de l’Allemagne, l’austérité. Son pari : la croissance. Les chancelleries européennes lui donnent raison, même Angela Merkel. François Hollande a envoyé un message : il sait ce qui l’attend, il est socialiste, il est au service de la France, il veut rassembler tous les Français.</description>
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           <title>A peine élu, Hollande va batailler avec Berlin sur son pacte de croissance</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Le nouveau président élu français, François Hollande, va vite devoir engager d’âpres négociations avec ses partenaires européens, l’Allemagne en tête, s’il veut atteindre son objectif de «renégocier» le pacte de discipline budgétaire pour y ajouter un «volet croissance». 
	La passation de pouvoirs avec Nicolas Sarkozy aura lieu au plus tard le 15 mai. Sans attendre, M. Hollande devait avoir dès hier soir un échange avec la chancelière Angela Merkel, selon son conseiller spécial, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, dont le nom est cité comme pressenti pour Matignon. Berlin s’est dit prêt à aller de l’avant avec le nouvel élu. «Nous allons nous mettre rapidement au travail pour ajouter au traité budgétaire un pacte de croissance pour plus de compétitivité», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, à la presse dominicale allemande. L’équipe de François Hollande entend mettre en musique dans les prochains jours sa promesse emblématique via des «consultations» avec les capitales. Objectif : parachever le «mémorandum» sur un «pacte de croissance» pour le transmettre aux partenaires avant la fin du mois.

	Dès son entrée en fonction, François Hollande ira rencontrer Mme Merkel pour préparer la réunion informelle des dirigeants de l’Union européenne prévue fin mai ou début juin, puis le sommet des 28 et 29 juin, consacré à la croissance. Pour Angela Merkel, il n’est pas question de remettre sur le métier le traité budgétaire, signé début mars par 25 Etats de l’UE et déjà ratifié par certains d’entre eux. C’est toute l’ambiguïté de François Hollande, qui a tour à tour promis de «renégocier» ou de «compléter» ce traité par des mesures censées doper la croissance. Reste à savoir sur lequel de ces termes l’accent sera mis. «En réalité, les règles de discipline budgétaire nous conviennent globalement», assure à l’AFP un proche du futur chef de l’Etat. «On ratifiera le traité, à condition de l’inclure dans un paquet équilibré avec un vrai volet croissance», ajoute-t-il.

	Selon un autre proche, Berlin sait à quoi s’en tenir : à défaut de contacts directs avec la chancellerie, «l’ambassade d’Allemagne à Paris a fait le travail pour comprendre nos positions». François Hollande se montre confiant d’avoir déjà fait bouger les lignes : les uns après les autres, les dirigeants européens font désormais de la croissance une priorité, même si leurs recettes diffèrent parfois des siennes. «L’impression générale c’est que, malgré des désaccords, il est possible de discuter» avec les Allemands, affirme à l’AFP Karine Berger, membre de l’équipe de l’ex-candidat socialiste qui s’est rendue récemment auprès des milieux économiques et financiers outre-Rhin. Pour elle, «les points avancés par François Hollande sont très pragmatiques, il s’agit de lancer des projets favorisant la croissance». De fait, les quatre axes de son «mémorandum» semblent avoir été retenus dans un esprit de compromis.

	Il s’agit de financer des investissements dans les infrastructures, les énergies nouvelles ou l’industrie, par plusieurs biais : emprunts européens ad hoc, capacité de financement renforcée de la Banque européenne d’investissement, mobilisation des fonds structurels inutilisés et taxe européenne sur les transactions financières. Ces propositions, en souffrance à Bruxelles, «pourraient bénéficier d’un nouvel élan avec l’élection de Hollande», estime un diplomate européen. «Le problème le plus complexe, c’est la forme juridique que devront prendre ces projets», estime-t-on dans l’entourage du président élu. Difficile pour lui de se contenter d’une déclaration d’intentions ou d’un protocole non contraignant. «Les incertitudes devront être levées le plus rapidement possible, y compris pour rassurer les marchés», glisse-t-on de même source. D’autres points controversés pourront ressurgir par la suite. François Hollande n’a pas totalement écarté l’idée de conférer un rôle accru à la Banque centrale européenne ou de mutualiser les dettes via des euro-obligations, deux projets dont Berlin refuse d’entendre parler. </description>
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           <title>L’Etat socialiste ?</title>
           <author>Walid Mebarek </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Le jeu des urnes est paradoxal. L’élection de François Hollande à la magistrature suprême accroît la toute-puissance socialiste dans l’ensemble des instances élues en France. 
	Lyon, de notre correspondant
	
	Le premier tour de la présidentielle avait révélé une majorité d’électeurs plutôt sensibles aux programmes des candidats de droite et d’extrême droite dont les suffrages cumulés atteignaient le taux vertigineux de près de 65% des voix (dont 18% au Front national).  Pourtant au soir de l’élection de François Hollande, la gauche est majoritaire dans 21 régions sur les 22 que compte la France métropolitaine. Elle a d’autre part affirmé sa domination aux dernières élections cantonales sur 60 départements (conseils généraux) contre 40 pour la droite. Sur la toute puissance électorale de la gauche, majoritaire en voix aux élections municipales, elle a conforté son avance locale en 2008. Ainsi, avant le scrutin des 9 et 16 mars de cette année décisive (un an seulement après l’arrivée au pouvoir de Sarkozy), la droite détenait 21 villes de plus de 100 000 habitants sur 37 grandes communes.

	Au soir du 16 mars, elle n’en dirigeait plus que 12. Enfin, en septembre 2011, la gauche raflait, pour la première fois depuis le début de la Ve République (1958), la majorité au Sénat. Désormais, avec la propulsion de François Hollande à la présidence de la République, c’est un nouveau jalon du pouvoir socialiste qui se met en place, avec vraisemblablement une majorité prévisible lors des législatives de juin prochain. Une situation inédite ! Historiquement, la gauche n’aura jamais concentré autant de leviers de décision de toute son histoire, rejoignant les années soixante lorsque le pouvoir RPR, du nom du parti majoritaire de droite de l’époque, était si fort, qu’on parlait d’«Etat RPR». Les temps changent.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/hebdo/france/l-etat-socialiste-07-05-2012-169562_155.php</link>
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           <title>«Le but des hommes politiques ne devrait pas être de garder le pouvoir, mais de promouvoir des valeurs»</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Directeur de recherche honoraire au CNRS, historien des idées, auteur de nombreux ouvrages(1), Tzvetan Todorov livre à El Watan ses réflexions sur la campagne pour la présidentielle française et, par-delà, s’interroge sur ce que devrait être la mission des dirigeants politiques. 
	-Quel regard portez-vous sur la campagne de l’élection présidentielle ?

	La politique, au sens étroit du terme, m’intéresse, mais je me sens davantage concerné par les problèmes sociaux que par la rivalité des partis au pouvoir. Je ne les renvoie pas  dos à dos, ils n’ont pas la même idéologie, ils n’apportent pas les mêmes réponses à des sujets importants, mais il est vrai que de part et d’autre, il y a une sorte de renoncement au rôle du politique. Il y a une soumission au caractère, présenté comme inévitable, de certains impératifs économiques et les choix qu’on nous propose sont assez limités.
	Cela étant, l’un des candidats a fait vraiment campagne sur des thèmes nationalistes, identitaires, dans un style populiste d’exacerbation des contrastes, de  simplification, de manichéisme, alors que l’autre a voulu garder un ton plus modéré et donc présenter un visage plus civil, pour ne pas dire civilisé.

	De ce point de vue, mes préférences vont au candidat socialiste. Mais est-ce démocratique sur le fond ? Pas tout à fait. La démocratie devrait débattre, dans des occasions de ce genre, des questions de fond qui concernent le pouvoir du peuple, les limites du pouvoir des dirigeants, l’équilibre entre les libertés individuelles et le souci du bien commun. Ces questions, j’ai l’impression qu’on ne les a pas posées. On s’est disputé sur des détails, en évitant de façon systématique d’aborder des problèmes essentiels. Pourtant, ce ne serait pas de trop si, une fois tous les cinq ans, on  mettait sur le tapis des questions de fond : dans quel monde souhaitons-nous vivre, quel genre de vie voulons-nous mener ? 

	Ces questions ne peuvent pas être posées dans le quotidien où domine l’urgence de l’action, mais quand ont lieu des élections présidentielles, elles devraient être soulevées. Je sais bien que la France est prise dans les entrelacs des relations entre pays européens et que le peuple français ne peut pas décider de manière souveraine de son avenir, puisqu’il fait partie de l’Union européenne. Mais je pense que la France a l’avantage d’être un pays assez important par sa population, son économie, son histoire et, donc, si les dirigeants français traçaient une voie et l’affirmaient avec force, cela pourrait avoir de l’impact sur la vie politique tout entière.

	-Certains estiment que les deux candidats ont donné l’impression d’être avant tout des gestionnaires, de ne pas avoir de projet de société…

	Oui. Mais je ne pense pas qu’on puisse décider, dans l’abstrait, de changer de société : ce type de changement se fait indépendamment de la volonté des leaders politiques, ce sont des mutations sociales qui se produisent qu’ils le veuillent ou non.
	Cela dit, je pense que des questions de fond devraient être périodiquement posées pour qu’on puisse se rendre compte qu’il y a quelque chose de profondément déshumanisant dans le mode de vie que nous nous imposons à nous mêmes, puisqu’après tout, ce n’est pas un dictateur sanguinaire qui nous l’impose, c’est notre société elle-même qui fait ces choix.

	Les hommes politiques devraient servir à cela : éclairer, formuler des questions, énoncer de vrais dilemmes, et réagir, évidemment, par rapport à ces questions, qu’il s’agisse de l’écologie, de la place du travail dans la société… Il y a vraiment des questions vitales qui se posent pour l’orientation globale de la société, mais sans même proposer, comme les révolutionnaires d’autrefois, de «changer de monde», les responsables politiques n’abordent pas ces sujets. Or, si les hommes et les femmes d’aujourd’hui ne sont pas tellement portés sur les grands projets politiques, ils sont très sensibles aux orientations fondamentales dans lesquelles leur existence est engagée.

	Aucun des deux candidats à la présidence de la République n’a tenté d’évoquer ces problèmes, aucun des deux n’a donné une perspective d’ensemble de l’organisation de la vie en société, aucun n’a situé dans une pareille perspective les mesures qu’il propose ou défend. Cela nous révèle quelque chose non seulement de ces candidats, mais de notre société, car ces candidats ont été des élus, ils ont été choisis, à l’occasion d’une élection municipale ou parlementaire, comme les meilleurs représentants de leur camp. Cela suscite en moi des réflexions un peu désabusées sur l’état de notre société : on ne peut pas blâmer seulement les individus qui s’affrontent, on peut surtout regretter que notre société n’ait pas réussi à susciter des vocations différentes, à se laisser entraîner par des visions différentes.

	-Mais lorsqu’il s’agit d’un duel pour la présidence de la République, est-il possible de formuler de «vraies questions»  et d’oublier que le débat est un combat ?  Autrement dit, les hommes politiques peuvent-ils ne pas répondre à ce qu’ils croient être le désir du peuple, même si celui-ci fait fausse route ?

	Si cette objection était fondée, c’est le principe démocratique lui-même qui se trouverait  mis en question au profit de la démagogie. Or la démocratie s’est entourée d’un certain nombre de garde-fous pour qu’une volonté aberrante ne puisse pas la conduire au désastre. Ces garde-fous s’appellent la Constitution avec son préambule, qui définit les principes fondamentaux la République ; c’est aussi la législation et des institutions qui, par leur équilibre, peuvent contribuer à ce qu’on évite des dérapages.
	Il y a par exemple en France une indépendance du pouvoir judiciaire, sans cesse menacée, mais qui pour l’instant parvient à survivre tant bien que mal, au point qu’elle peut mettre en procès des personnages de premier plan. Il y a encore des institutions comme le Conseil constitutionnel, le Comité d’éthique, qui essaient de nous protéger contre des dérives éventuelles de la volonté populaire. Enfin, l’appartenance à l’Union européenne et la soumission du droit national au droit européen sont aussi une garantie. Même si le Parlement français voulait voter le rétablissement de la peine de mort, il ne pourrait pas le faire, à moins que la France ne quitte l’Union européenne. Il y a un certain nombre de valeurs inscrites dans les textes, mais  cela ne suffit pas.

	-Pourquoi ?

	La nouvelle situation, par rapport à il y a cent ans, c’est la place prise par la communication. On a le sentiment qu’aujourd’hui les hommes politiques se contentent de communiquer, de lancer des formules et que cela tient lieu d’action. C’était souvent le cas du Président sortant, toujours prêt à annoncer toutes sortes de mesures jamais suivies d’effets. Le retour périodique aux urnes est par certains côtés très inquiétant. A peine élu, le responsable politique commence à se soucier de sa réélection et cherche donc à flatter les goûts du peuple – il s’abstient de lutter, par exemple, contre le rejet de l’émigration et la xénophobie, parce qu’il sait qu’une importante minorité rejetterait cette politique.

	Ce qu’on peut souhaiter, c’est que les hommes politiques gardent quelques convictions et que l’unique but de leur action ne soit pas de préserver leur pouvoir, mais aussi de défendre certains principes, de promouvoir certaines valeurs. Je ne pense pas qu’ils soient uniquement avides de pouvoir, je pense qu’ils ont aussi le désir de faire valoir des idées, des choix. Il faut aussi compter là-dessus.

	-N’êtes-vous pas trop optimiste ?  De Guy Mollet le «pacifiste» qui intensifie la guerre en Algérie, du «socialiste» François Mitterrand qui fait les beaux jours de la Bourse, à Jacques Chirac qui proclame la «rupture» et ne change rien, de ce dernier à Nicolas Sarkozy qui promet de «travailler plus» et condamne les travailleurs au chômage, quel homme politique n’a pas trahi ses engagements et trompé ses électeurs ? Excepté de Gaulle, lequel a compris et utilisé au mieux les possibilités de son temps ? La démocratie ne porte-t-elle pas trop souvent au pouvoir des individus à l’esprit court ?

	Quelles que soient les faiblesses du régime démocratique, ou plutôt de la façon dont il fonctionne actuellement, quelle est l’alternative ? Confier le pouvoir à des mandarins, à des hommes éclairés comme le souhaitait Flaubert ? Ce serait remplacer la démocratie par un système aristocratique : comment choisirait-on ces hommes éclairés ? Mon expérience me dit que les décisions de la population sont parfois plus judicieuses que celles de sa partie la plus éclairée – les intellectuels.
	Les intellectuels se laissent souvent emporter par des rêveries utopiques qui, dans la réalité, se retournent contre leurs intentions. Ils parlent volontiers de ce qu’ils ignorent et se conduisent comme des donneurs de leçons, alors qu’ils n’ont aucune légitimité particulière pour en donner. Pendant cette campagne, j’ai eu le sentiment que c’était quasiment une obligation, pour moi, de ne pas intervenir. De ne pas utiliser le peu d’autorité que j’ai pour influencer mes lecteurs. Je préfère intervenir en parlant de sujets précis, que je connais. Par exemple, j’ai écrit des «tribunes» sur la Libye, sur les menaces qui pèsent sur la démocratie. Ce sont pour moi des sujets de société, pas des questions de personnalités. Mon rôle n’est pas d’appeler à voter pour tel ou tel candidat, mais d’éclairer le public sur le sens de ses choix.

	-Comment voyez-vous l’avenir ?

	Quand on parle de l’avenir, ce sont nos cœurs qui parlent. On hésite toujours entre «la lucidité de l’intelligence et l’optimisme de la volonté». La démocratie n’est plus à la hauteur de ses promesses, elle est malade de sa démesure, la liberté y devient tyrannie, le peuple se transforme en masse manipulable. Mais si certains jours, ce processus me paraît irréversible, je constate aussi que dans bien des pays d’Europe, des débats de fond se déroulent actuellement, que des citoyens de plus en plus nombreux s’indignent et manifestent, que chaque jour ils expriment, d’une façon ou d’une autre, leur volonté de changement. Que ce changement ait lieu «maintenant» ou demain, je veux croire qu’il aura lieu et refuse d’être totalement pessimiste.
	1) Dernier paru : Les Ennemis intimes de la démocratie (Ed. Robert Laffont, 2012)
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           <title>Quelle France pour les Français et ses partenaires internationaux ?</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>France-actu</category>
           <pubDate>Sun, 06 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Donné favori par les sondages d’opinion, François Hollande a montré, lors du face-à-face avec Sarkozy, une stature d’homme d’Etat. Y aura-t-il, aujourd’hui, en sa faveur le verdict des urnes ? 
	Le Président qui dirigera la France pendant les cinq prochaines années sera connu ce soir à 20h. Les électeurs français auront à s’exprimer aujourd’hui sur la France qu’ils veulent : une France «forte», retranchée dans ses frontières nationales, sociales, ethniques, culturelles, religieuses, telle que portée par le président sortant, Nicolas Sarkozy, ou une France de «rassemblement» de tous les Français, respectueuse de sa diversité et de sa pluralité, telle que la veut le candidat du «changement maintenant», le socialiste François Hollande. Le choix des Français est de ce fait déterminant, d’abord pour eux-mêmes et pour tous les étrangers qui vivent avec et parmi eux, ensuite pour leurs voisins européens et ceux de la rive sud de la Méditerranée, plus particulièrement le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.  

	«Le combat électoral, où l’islam et l’immigration ont beaucoup été mis en avant, n’a pas contribué à grandir l’image de la France, non seulement dans les pays musulmans ou africains, mais également chez nos partenaires occidentaux. S’il est réélu président, Nicolas Sarkozy devra faire face aux conséquences des déclarations qu’il a faites comme candidat. Si François Hollande est élu, l’une de ses priorités devra être de tourner cette page. Dans un monde globalisé où l’image est devenue l’un des facteurs principaux de puissance, comment la France veut-elle apparaître au reste du monde ?», analyse le politologue Pascal Boniface (qui vient de publier Le monde selon Sarkozy, éditions Jean-Claude Gawsewitch) dans une tribune publiée par Le Monde.

	Tous les sondages dessinent avec constance, depuis plusieurs mois, un rapport de force en faveur du candidat socialiste François Hollande. S’ils se confirment, ce soir la victoire ne sera que plus belle et surtout si elle est signe d’un désaveu net et sans appel du président sortant. Pour que ce soit possible, l’espoir doit l’emporter sur la peur. Réponse ce soir, à la fermeture des bureaux de vote.
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