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Retour aux origines : La longue marche de Sofiane Boubahlouli

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le 05.12.17 | 12h00 Réagissez

C’est une prodigieuse leçon de courage que prodigue ce jeune Franco-Algérien, qui a décidé, pour son premier voyage vers l’Algérie,
d’y aller à pied en parcourant plus de 5000 km.

Sofiane Boubahlouli est parti à pied de Boulay, en Moselle, le 24 septembre (lire notre édition du 31 octobre). Nous l’avons eu au téléphone alors qu’il arrivait à la frontière espagnole. Il rejoindra Alger en mars, après une longue marche quasi initiatique de plus de 5000 km. Fils d’une mère française et d’un père algérien, originaire de La Casbah d’Alger, il veut lier les deux bouts de son origine.

«Je n’ai jamais vu l’Algérie et, comme tout être humain, on est à la recherche de ses racines, moi l’Algérie cela m’a toujours attiré car c’est mes racines», a-t-il déclaré à El Watan. «Comme j’aime la marche et que j’ai envie de découvrir l’Algérie, pourquoi ne pas y aller en marchant. Ainsi je retrouve mes origines du côté paternel et je traverse la France de ma mère, un pays  que je ne connais pas tant que ça.

C’est un double retour aux origines, celles de ma mère et celles de mon père.» Juste de quoi penser au long de son périple à son pays paternel ! Un grand challenge, car il aurait été si simple de prendre un billet d’avion ou s’il voulait rallonger le temps du voyage, prendre le bateau à Marseille ou Alicante.

La raison de cet épuisant mais nourrissant itinéraire qui l’amène au bout de ses forces ? Il nous l’a confiée : «En juillet 2016, j’ai fait en Nouvelle-Zélande un trail de 3600 km qui traverse le pays. En marchant, j’ai eu un flash. J’ai serré, en rêve, dans mes bras une tante que je ne connais pas. En revenant, j’ai vu le film The Way, qui parle du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Là, tout s’est mis en place dans ma tête : partir de Boulay, là où j’ai grandi, en passant par les chemins de Compostelle  : Espagne, Portugal, France et Maroc, pour arriver en Algérie. L’envie de marcher, ce flash et ce film m’ont poussé. Avec un ami, j’ai mis le projet en forme et le voilà abouti.» Effectivement, raconté de cette manière, cela paraît très facile. Sauf que cela ne l’est pas vraiment. Se lancer dans ce challenge, cela a été pour Sofiane Boubahlouli une vraie aventure, avant même de faire le premier pas.

Il lui a d’abord fallu entamer une opération de communication pour se faire connaître dans les médias, essentiellement locaux en Moselle au début. Un tel sujet ne peut que titiller l’intérêt des journalistes, ce fut ainsi une première étape réussie, avec une notoriété médiatique et une grande sympathie envers lui.

Il nous le confirme : «J’ai vu que mon aventure était positive et a touché énormément de personnes. Le message passé était positif : quand on a un rêve, on peut le réaliser, à nous de nous en donner les moyens. En plus, avec tout ce qui se passe en France, et l’image qu’on peut avoir des Maghrébins, d’une façon générale négative, je voulais dire que ce n’est pas parce qu’on s’appelle Sofiane qu’on ne peut pas  faire ce type d’aventure.»

La première manche dans la poche, le deuxième besoin concernait les sponsors qui l’aideraient. «Il faut des partenaires. J’ai eu des entreprises, des équipementiers sportifs. Il faut aussi des soutiens psychologiques, loin de chez soi, sous la tente, ce n’est pas forcément simple», ajoute-t-il.

Sur ce dernier point de la solitude à vaincre, autant que la fatigue de la marche, il y a les réseaux sociaux avec lesquels on n’est jamais tout à fait seul et, nous dit-il, des amis qui sont venus faire avec lui quelques kilomètres, pour le soutenir.

Sans compter, sur le parcours, les inconnus qui se joignent à lui, et les personnes qui l’accueillent pour la nuit, sans parler, dans les communes traversées, le regard très bienveillant des élus et des journaux locaux. Pourtant, Sofiane garde intact son besoin de laisser le hasard le guider. «C’est vraiment l’aventure. Je ne prévois rien. Je sais par où je dois passer.

Je sais que je dois marcher 35 km par jour, que le matin j’entame ma marche quand le soleil se lève et j’arrête quand le soleil se couche. 65% du temps, je dors sous ma tente et le reste du temps je suis hébergé par des personnes qui me voient et m’interpellent. Par la discussion on se rapproche et ils m’invitent. Il m’arrive de rencontrer d’autres personnes. Je marche alors avec eux, mais la plupart du temps je suis seul.»

L’arrivée en Algérie, qui est en train de se préparer, se fera vraisemblablement via l’aéroport d’Alger, en provenance de Casablanca, après avoir fait quelques étapes en marchant au Maroc, par Marrakech notamment. Sa famille algérienne lui fera un accueil, mais pour l’instant il avance et il a du mal à se projeter vraiment sur l’aboutissement de son rêve pour lequel il s’est investi à fond.          

Walid Mebarek
 
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