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Lancement des «états généraux des migrations»

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le 28.11.17 | 12h00 Réagissez

Près de 470 associations nationales et locales, petites et grandes, viennent de lancer les «états généraux des migrations».

Parmi les associations qui regroupent ainsi leurs actions: Emmaüs France, Amnesty International, La Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, le Secours catholique, la Cimade, Attac. Face aux projets gouvernementaux, les associations veulent établir un registre de constatations et de propositions sur le thème «Pour une autre politique migratoire».

Déjà, le 15 juin 2017, 470 associations et collectifs avaient lancé un appel «à un changement radical de la politique migratoire en France». Il fut suivi d’un second texte, le 24 juillet, signé par 300 organisations autour de l’idée d’une «Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire en France».

«Calais (Nord), Grande-Synthe (Nord), Paris, la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), ou plus récemment le Briançonnais (Hautes-Alpes). Plusieurs cas locaux traduisent la tension actuelle entre le monde associatif et les autorités autour de la gestion humanitaire des migrants. Et l’annonce en septembre par Emmannuel Macron de la ‘‘refondation complète’’ de la politique d’immigration à travers une loi prévue pour début 2018 a fait bondir un certain nombre d’organisations, convaincues de la nécessité de se réunir», notait récemment le quotidien Le Parisien.

«Une explosion de la violation des droits»

Sur France info, un responsable de la Cimade devait être plus précis encore sur le mal à l’aise associatif concernant cette question migratoire : «Les exemples sont nombreux. L’Etat refoule à la frontière italienne des personnes migrantes sans qu’elles puissent demander asile, alors que c’est leur droit. Il y a des mineurs isolés laissés sans protection, alors qu’ils sont sur le territoire français et que c’est une obligation de l’Etat français de les prendre en charge. Il y a des personnes migrantes laissées dans la rue, empêchées de subvenir à leurs besoins fondamentaux. On détruit leurs biens, on les gaze pour les disperser.

Les centres de rétention sont remplis avec une explosion des violations des droits. Puisque ces dernières semaines, 40% des personnes enfermées ont été libérées par un juge qui sanctionnait des pratiques administratives illégales. Autrement dit, on a un problème d’Etat de droit et d’abus de droit, puisque pratiquement une personne sur deux est enfermée dans nos centres, alors qu’elle ne devrait pas y être. Il y a un certain nombre d’exemples comme cela qui nous font dire ‘‘Stop’’.»

Enfin, Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d’Emmaüs international, faisait remarquer dans les colonnes du Monde : «On a longtemps laissé faire, mais désormais, face à la situation de violence contre les migrants, à la multiplication des interpellations de citoyens solidaires et à la préparation d’un projet de loi très répressif, il nous fallait agir, dire haut et fort que cette politique n’est pas menée en notre nom», observe cette nouvelle initiative des Etats généraux des migrations ; la première de cette ampleur inédite, lancée le 21 novembre, est un événement fédérateur «face au durcissement des politiques migratoires», écrit l’association Attac%.

Il s’agit d’affirmer que «la politique inacceptable des précédents gouvernements, et durcie par la nouvelle équipe au pouvoir, faite de violations des droits humains, centrée sur la chasse aux migrants et la répression des citoyens solidaires, n’est pas conduite en notre nom». Ainsi, les organisateurs du regroupement des 470 associations souhaitent créer un mouvement d’opinion pour interpeller le gouvernement. Il s’agirait de mettre en place des débats et des actions décentralisées, partant des expériences concrètes, avec le recueil des cahiers de doléances.

Le collectif d’association entend entraîner une «mobilisation contre le projet de loi répressif que prépare le gouvernement, par des actions pour le respect du droit d’asile et de la protection des mineurs isolés, l’accès au logement, à la santé, à l’éducation et par des mobilisations de soutien aux citoyens solidaires». Cependant, les associations veulent aussi être une force de propositions «pour une politique alternative au niveau national et européen. Ainsi, des actions sont prévues autour du 18 décembre, Journée internationale des migrants, et un événement national sera organisé au printemps 2018. Il coïnciderait avec les initiatives gouvernementales».

Walid Mebarek
 
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