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«Je marche en direction de mes racines, vers les autres, vers moi-même»

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le 13.03.18 | 12h00 Réagissez

«Je marche en direction de mes racines, vers les autres, vers moi-même»

Depuis le mois d’octobre 2017, il a arpenté les routes à partir de la Moselle pour rejoindre à pied Alger. Plus de 5000 km à parcourir. A mi-chemin, alors qu’il a été contraint à une pause, nous lui avons demandé de faire le point.

Votre expérience de joindre la Moselle à l’Algérie a-t-elle pris fin prématurément ?

Je suis arrivé à Saint Jacques de Compostelle le 12 janvier 2018,  après avoir marché plus de 3000 km depuis Boulay en France. Etant à la moitié de mon périple, il me reste à traverser le Portugal, l’Andalousie et le Maroc avant d’arriver à Alger. Je suis rentré en urgence à Metz par avion pour voir ma grand-mère gravement malade. Ma famille est ma priorité, donc j’ai mis en suspens mon aventure durant trois semaines.

Que retirez-vous de la première partie de votre périple ?

J’ai traversé plus d’une vingtaine de régions en France, avec chacune ses spécificités culturelles, architecturales, culinaires, et j’ai fait de nombreuses expériences extraordinaires, découvert des paysages splendides, des lieux inoubliables.

Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les rencontres et les relations humaines. En effet, mes meilleures histoires proviennent de rencontres improbables, mais surtout à l’improviste : un millionnaire français, un poète, un sculpteur, un présentateur TV, un écrivain, une dame en chaise roulante, des retraités, des jeunes hippies, des maires, des députés et de nombreux marcheurs.

En Espagne, j’ai découvert une nouvelle architecture, un nouveau langage et une nouvelle culture. Quelle surprise de voir ces églises gothiques richement décorées et très fréquentées, la «siesta» entre 14 et 16h, ces villages sur des collines, ces paysages désertiques.

En Espagne, j’ai marché avec un Allemand qui avait fait le chemin plus de 15 fois, un couple de Russes, un Coréen à la recherche d’une femme, un prêtre polonais, un Américain d’origine coréenne, un Français allant avec une charrette tout en se nourrissant uniquement de plantes…

Etre en milieu inconnu développe votre adaptabilité (langage, culture, réactions face aux changements rapides) ainsi qu’une relativité sur la vie. Je trouve cela excitant, car j’apprends tous les jours. L’arrivée à Saint Jacques de Compostelle marque la fin de la première moitié de mon aventure vers Alger.

Après trois ans d’aventure, je participais pour la première fois à une institution millénaire, avec ses codes et ses coutumes. Nous avions tous nos propres buts. Cette partie collective de mon aventure a répondu à de nombreuses questions en suspens.

Les moments de joie et de plaisir de cette aventure n’ont-ils pas été contrariés par les difficultés de l’expérience ?

J’ai été hébergé par mon kinésithérapeute durant 7 jours à Oloron après une tendinite au pied. J’ai également eu une infection du pied et j’ai été dans l’obligation de me faire soigner dans un hôpital en Espagne et enfin j’ai souffert d’une grave rage de dent.

J’ai traversé plusieurs tempêtes de neige, de la pluie avec de forts vents durant 15 jours consécutifs et des nuits avec des températures allant jusqu’à moins 5°. Cela a compliqué mon aventure, notamment l’impossibilité de dormir lorsque je couchais dehors en tente.

Lors de la traversée de certaines zones humainement désertiques et avec moins d’intérêt culturel ou de paysage, j’ai ressenti une grande solitude, ce qui m’a permis de privilégier l’introspection. Mon aventure étant tellement extraordinaire que je fais abstraction de ces points négatifs. De plus, j’ai déjà rencontré certains de ces problèmes lors de ma traversée de la Nouvelle-Zélande à pied (3200 km), donc je sais dorénavant réagir positivement face à ces situations difficiles.

Avez-vous eu des regrets de vous être lancé dans une telle aventure ?

Je ne regrette en aucun cas. En effet, je marche en direction de mes racines, vers les autres, vers moi-même, vers le monde. C’est le projet d’une vie, un rêve, que j’ai la chance de concrétiser à 32 ans.

Votre arrivée en Algérie sera retardée de quelques semaines, comment se précise l’accueil à Alger ?

Lorsque l’on parcourt de longues distances, il est difficile de définir une date d’arrivée. De plus, je vis mon aventure sans planifier, pour vivre pleinement le moment présent, ce qui laisse une forte probabilité d’arriver en retard. Brahim Hammouche, député en France, d’origine algérienne, ainsi que les autorités concernées, connaissent la situation actuelle. Ils vont prendre les mesures nécessaires pour m’accueillir à Alger, fin avril.
 

Walid Mebarek
 
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