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Débat Marine Le PEN- Emmanuel Macron : Un face-à-face violent et tendu

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le 05.05.17 | 14h46 Réagissez

Les invectives, les insinuations, les insultes mêmes, surtout de la part de la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen, ont rythmé ces deux heures et demie d’un débat télévisé tendu et violent, celui qui a opposé les deux finalistes de l’élection présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mercredi soir. Extraits

 

Paris

De notre bureau

 

Le candidat d’En marche  a rapidement fait remarquer à Marine Le Pen qu’elle n’était pas, selon lui, à la hauteur de l’exercice. « Vous avez démontré que vous n'êtes pas la candidate d'un débat démocratique ouvert ».

Sur le thème du terrorisme, Marine Le Pen : « Il faut retrouver nos frontières nationales tout de suite, je le ferai immédiatement après mon arrivée au pouvoir. Il faut qu’on expulse tout de suite les fichiers 'S' étrangers sur nos territoires : tous ceux qui ont un lien, dehors. Tous ceux qui sont binationaux on mettra en place la déchéance de nationalité ».

Le candidat d'En marche : « ... C'est un débat qui a déjà eu lieu, ça ne règle rien, mais continuez. La déchéance de nationalité ne fait pas trembler, il faut aller plus profond et plus concret. » « Depuis novembre 2015, nous avons rétabli des contrôles aux frontières et interpellé plus de 60.000 personnes. Ce que vous proposez, c'est de la poudre de perlimpinpin. La clef, c’est de repérer les menaces, les terroristes ne passent pas les frontières en se signalant, nous avons besoin d’une plus grande coopération entre les Etats membres de l’UE, pouvoir sur des fichiers contrôler les potentiels terroristes qui circulent d’un territoire à l’autre et passent les frontières en se signalant, en prenant l’avion. Vous avez voté contre ! »

Sur le sujet de la radicalisation en France, Marine Le Pen :  « La radicalisation doit être gérée par les tribunaux. Encore une fois, on arrête toutes les associations sportives, sociales, culturelles qui se sont développées partout sur notre territoire avec la complaisance des élus locaux. » …« Vous avez dit : 'c’est de la faute de la France' ».

Emmanuel Macron: « J’ai dit qu'on doit s’interroger quand des jeunes français qui ont grandi en France et qui ont été élevés dans notre pays suivent des fanatiques et détruisent nos propres enfants, on doit s’interroger. Et j’ai dit que nous avons notre part de responsabilité. La cause première ce sont les djihadistes, je veux mener une guerre contre eux en Irak et en Syrie. Comment des enfants nés dans la République en arrivent là ? Un travail préventif est indispensable. » Et de contre-attaquer, en citant Gilles Kepel : « Le plus grand souhait des djihadistes, c’est que Marine Le Pen arrive au pouvoir en France, car ils cherchent la radicalisation et la guerre civile que vous portez dans le pays. Le piège de la guerre civile qu’ils nous tendent en insultant les Français en jetant le trouble dans notre pays. Je ne laisserai jamais le pratiquer ».

Marine Le Pen : « Est-ce que vous ne croyez pas que vous avez, vous, une part de responsabilité dans la haine qui se développe chez un certain nombre de jeunes? Quand vous allez en Algérie pour accuser la France de crime contre l’humanité, c'est-à-dire le crime le plus grave qui puisse exister. »

Emmanuel Macron : « Il y a eu des crimes contre l’humanité en France, et quand vous êtes revenus sur le Vel d’Hiv et sur la responsabilité de l’Etat français, ce sont des policiers français qui ont été chercher des juifs, c’est un crime contre l’humanité ce qu’a fait l’Etat français. »

Sur les questions économiques et l’Europe, «L’euro, c’est la monnaie des banquiers, ce n’est pas la monnaie du peuple », et « c’est la raison pour laquelle il faut que l’on arrive à s’arracher à cette monnaie », a affirmé la candidate du FN et eurodéputée, pour défendre son projet de passage d’une monnaie unique à une monnaie nationale

Alors que la présidente du FN l’accusait d’agiter « le projet peur » « comme pour le Brexit », Emmanuel Macron a répliqué : « Qui joue avec les peurs de nos concitoyens ? C’est vous (…) La grande prêtresse de la peur, elle est en face de moi »… « Votre stratégie, ça fait des décennies que ça dure, c’est de dire beaucoup de mensonges et de dire ce qui ne va pas dans le pays, mais vous ne dites rien. [...] Les Françaises et les Français méritent mieux que cela. »

Sur les relations internationales, Emmanuel Macron veut « une France forte qui soit crédible et forte en Europe car notre monde est déstabilisé sur le plan économique avec une guerre sans merci et sur le plan de la sécurité internationale car le terrorisme se joue en dehors de notre frontière aussi dans la zone saharienne, en Irak, Syrie, etc. et par une recomposition des alliés, je veux une France qui sache construire la paix. »… « Je ne serai pas soumis au diktat de Poutine. C'est ma différence avec le projet de Marine Le Pen qui est soumise à Poutine : soumission financière de son parti et à l’égard des valeurs qu’il porte qui ne sont pas les nôtres. »

 « On dira que je suis ringarde mais j’aime la France telle qu’elle est avec sa culture, sa langue, son patrimoine, avec ses frontières qui font que sans frontières il n’y a pas de pays libre et indépendant, avec son peuple qui mérite mieux que d’être jeté dans une guerre fratricide visant à obtenir un maximum de profits pour eux-mêmes. C’est la France que vous voulez vous. Une France ouverte à tous les vents» a conclu Marine Le Pen, ajoutant

« il y a une chose que vous ne voulez pas fermer : les frontières. Vous voulez livrer la France à une immigration massive, les grands patrons n’attendent que ça. C’est pour ça que vous êtes allés en Algérie réclamer une autoroute migratoire entre la France et l’Algérie, vous êtes entre les mains des communautaristes. »

 « Marine Le Pen a utilisé sa conclusion toute entière pour dire des mensonges sans dire ce qu’elle veut pour le pays, je ne veux pas des profiteurs de l’échec et des exploitants de la colère."…"Je veux un esprit de conquête avec des vrais réformes et des changements, nous le ferons ensemble en étant fidèle à ce que nous sommes, nous sommes un pays généreux, des limites et pas de l’obscurantisme. C’est cela ce que je veux et c’est cela que je mènerai », a conclu pour sa part Emmanuel Macron.

 

Nadjia Bouzeghrane
 
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