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L’écriture de l’histoire de l’Algérie

Un travail scientifique loin de toute passion

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le 01.11.17 | 12h00 Réagissez

L’école algérienne a produit une histoire partiale dans les domaines politique et militaire», écrit le professeur Mohammed Salah Boukechour, doyen de la Faculté des sciences humaines et sociales (université Hassiba Ben Bouali de Chlef) dans un article scientifique intitulé «L’écriture de l’histoire de l’Algérie, période coloniale (1830-1962) : sources et perspectives».

L’exercice de l’écriture de l’histoire du pays est source de nombreuses polémiques souvent ravivées par les mémoires et les déclarations des acteurs de la guerre de Libération nationale. Une tâche qui devrait être prise en charge par les universitaires aujourd’hui outillés en termes de compétences et de méthodes purement scientifiques. D’ailleurs, selon le professeur d’histoire, le moment est venu pour écrire une histoire scientifique multidisciplinaire loin de toute passion.

«Deux facteurs nous laissent optimistes quant à une nouvelle phase qui s’ouvre devant les chercheurs : d’abord le recul de la passion anticolonialiste, et ensuite l’arrivée d’historiens de métier qui n’ont pas connu la période coloniale et ses injustices», note-t-il dans la conclusion du même article scientifique. Pour ce qui est des recommandations émises pour une lecture plus rigoureuse de l’histoire, le Pr Boukechour estime qu’il est temps de «sortir de la simplicité et rentrer dans les méandres de l’histoire».

«Sortir de la simplicité nous pousse à réfléchir sérieusement pour sortir de la vision duale de la lecture de l’histoire de l’Algérie de l’époque coloniale en prenant le sujet en trois dimensions : Métropole, groupe social profitant du système colonial et société victime du colonialisme», préconise-t-il. Par ailleurs, le professeur prône d’orienter les recherches vers d’autres disciplines que l’histoire politique. «Une lecture rapide des mémoires et thèses soutenues montre qu’un nombre non négligeable n’est que la synthèse des premiers travaux.

Cependant, on constate un manque dans certains domaines tels que : l’histoire sociale, l’histoire de l’économie ainsi que l’histoire locale, ‘‘la micro-histoire’’. L’histoire financière est toujours un terrain vierge, mis à part les travaux de l’historien tunisien Mohamed-Lazhar Gharbi sur la Banque d’Algérie et ceux d’Hubert Bonin sur le Crédit foncier d’Algérie et de Tunisie, aucun travail n’a été réalisé», déplore-t-il en ajoutant que les archives locales restent en majorité inexploitables pour le moment et un travail de fond attend le chercheur de demain.
 

Fatma-Zohra Foudil
 
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