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Zakaria Benguerna. 30 ans, ingénieur en développement électronique pour un cabinet de conseil dans les projets RENAULT depuis Janvier 2015

Quelle ressource humaine pour une industrie automobile

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le 12.07.17 | 12h00 Réagissez


Après 2 ans de licence en mathématiques et informatique (MI) à l’USTHB, j’ai entrepris le projet de continuer mes études en France. L’envie de découvrir d’autres horizons. En septembre 2008, je débarque à Troyes, première étape de mon parcours formation. Deux ans plus tard, diplômée en DUT (bac +2) option Génie électrique et informatique industrielle validé par un stage de 2 mois et demi à la SNCF. Au sein de la CETA (Chambre d’essais thermiques et aérauliques), ma mission était d’aider à l’obtention de l’accréditation Cofrac (Comité français d’accréditation) à la CETA, en définissant un suivi du système d’automatisation développé en interne, afin d’assurer sa pérennité.

Aussi, durant mes deux années au sein de l’IUT (Institut universitaire et technologie), l’encadrement pédagogique nous a fortement incités à effectuer un stage ouvrier. Pour ma part, je l’ai effectué dans un groupe italien, dans une usine qui fabriquait du papier pour différents usages. J’étais en rotation 3/8. Ce stage a duré 3 mois. En deux ans, j’ai pris conscience que j’ai pu cumuler un diplôme, mais aussi à la clé deux expériences professionnelles très enrichissantes, dans deux environnements différents.

Durant les deux stages, j’étais complètement intègre des projets dont j’ai été en charge, ce qui m’a permis d’avoir un aperçu assez intéressant du monde industriel, des différentes pratiques, qu’elles soient techniques, humaines ou managériales, et ce, au sein d’une organisation de type usine ou bureau d’études.

Par la suite, j’ai effectué une année supplémentaire à l’université de Reims, pour une licence sciences pour l’ingénieur, option électronique, électrotechnique et automatisme. Une formation purement académique, durant laquelle, j’ai pu découvrir le monde de la recherche avec ses différentes caractéristiques durant mon projet universitaire au sein d’un laboratoire.

En 2012, j’intègre la formation d’ingénieur généraliste par alternance à l’EICESI de Nanterre. Mon entreprise d’accueil était Valeo Eclairage (équipementier voitures). Un parcours école-entreprise, avec des connaissances de l’ingénieur acquises durant 55 semaines à l’école et des compétences opérationnelles acquises pendant 101 semaines en entreprise. Une formation qui a abouti à l’acquisition, simultanément, d’un diplôme d’ingénieur et d’une expérience riche en enseignements.

Durant mes 3 années d’apprentissage, j’ai occupé différents postes, dont celui d’assistant responsable laboratoire d’usine (suivi de la qualité de la production), ingénieur qualité système (audit de ligne) à Valeo Eclairage, mais cette fois-ci à Timisoara (Roumanie).La dernière année en tant qu’ingénieur qualité projet s’est déroulée en France chez Valeo. Si je dois choisir entre toutes les étapes de mon parcours socio-professionnel, je choisirais sans hésiter cette phase.

Durant cette plongée en milieu du travail/ apprentissage, j’ai dû m’adapter mais également développer tous les atouts qui étaient en moi, présenter mes travaux et appliquer mes connaissances. On apprend à s’imposer, à se confronter à des urgences, à gérer la pression des plannings, à s’intégrer dans l’environnement, savoir écouter, tout noter, bien observer, continuer à apprendre, à analyser, à prendre des décisions, et à savoir patienter.

Cette phase a été mon carnet anthropologique, une phase charnière dans la construction de mon projet professionnel et le renforcement de mes compétences, ce qui, à mon sens, constitue une étape fondamentale dans la formation d’un ingénieur.

En 2014, je suis ingénieur généraliste prêt à intégrer le marché du travail. Il ne me reste plus qu’une étape, décrocher un contrat de travail. Cette étape passe par des entretiens, j’en ai passés plus d’une cinquantaine et le moins que je puisse dire, c’est que ce fut laborieux pour être optimiste. J’ai découvert le «savoir se vendre», un exercice si périlleux. Au final, et selon l’avis de nombreux amis, l’étape des entretiens est un concours et dans ce cas-là cela se prépare minutieusement et rigoureusement en amont.

En janvier 2016, me voici dans l’arène, pilote développement électronique pour des projets automobiles pour un constructeur automobile français. C’est dans le plus grand centre de Recherche et développement de l’Europe, que j’entamais ma première expérience professionnelle. En charge du développement des calculateurs électroniques de la phase appels d’offres jusqu’à la phase industrialisation. Un poste qui assura la coordination entre les équipes métiers et projets et le pilotage du fournisseur. Un poste que j’apprécie particulièrement, il est en adéquation totale avec ma formation académique et ma personnalité.

En revenant sur mon parcours académique, à mon sens il a été très constructif et porteur. Ce modèle académique, qui a été une alternance entre apprentissage technique et humain m’a permis d’acquérir un savoir-faire, un savoir- être et un savoir se mettre en valeur. Aussi, grâce à mes multiples expériences professionnelles durant mes études, j’ai pu découvrir les différentes étapes d’un cycle industriel en horizontal et en vertical, je savais me situer dans une matrice industrielle. Aujourd’hui, la méthode pédagogique proposée par l’EI.CESI durant mon apprentissage, est basée sur un apprentissage actif par projet. Cette pédagogie active favorise les apprentissages à travers la résolution de problèmes et la réalisation d’une production collective concrète.

Ces projets collectifs m’ont placé dans une situation similaire à celle du monde professionnel, m’ont permis de travailler selon plusieurs types d’apprentissages en parallèle : les sciences et techniques de l’ingénieur (sciences fondamentales, sciences et techniques, sciences humaines et sociales) et aussi de développer des compétences transversales du métier d’ingénieur (résolution de problèmes, communication, langue(s), organisation, travail collaboratif, démarche créative, démarche réflexive…).

L’intérêt des stages, apprentissages est de plus en plus vital, une étroite collaboration doit être mise en place entre les entreprises et l’école/université afin de répondre au mieux aux besoins du marché du travail. Aujourd’hui, les compétences d’un ingénieur vont au-delà la technique «Savoir-faire», mais le «savoir-être» est aussi important via des méthodes formelles ou informelles.

La volonté à travers cette étroite collaboration est d’améliorer continuellement le modèle proposé. Le but est de développer les compétences techniques des étudiants, mais aussi d’en faire de véritables gestionnaires et managers conscients des problématiques actuelles et futures de l’entreprise. Ce modèle apporte une dimension concrète et humaine à ses différents cursus en formant des ingénieurs aux métiers de demain.

Enfin, pour finir, l’occasion se présente à moi, je la saisis !!! Certes, un ingénieur, ce sont des compétences techniques, des compétences managériales mais aussi des valeurs acquises tout au long de sa carrière. Etre ingénieur, c’est une entreprise, et comme toute entreprise, elle connaît des hauts et des bas et s’appuie forcément sur ses cadres. Papa, maman et ma tante Aïcha ont été mes cadres dans les réussites et dans les échecs. Ils ont été mes modèles d’inspiration, d’abnégation, de rigueur et de réussite, je ne les remercierais jamais assez. Promis, pour cette fois j’ai pris mon envol, vous pouvez tranquillement prendre votre double retraite familiale et professionnelle tranquillement, je gère le reste.
 

Z. A. M.
 
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