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Boues résiduaires et déchets verts

Pour une production durable du compost

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le 19.04.17 | 12h00 Réagissez

Les déchets organiques tels que les boues d’épuration peuvent constituer un amendement organique (compost) de qualité pour les sols, solution idoine plutôt que d’être stockés où leur décomposition constitue un danger imminent aussi bien pour l’être humain que pour l’environnement.

Chaque année, nous générons des millions de tonnes de déchets, qui se retrouvent ensuite dans les décharges.

Si le tri sélectif permet aujourd’hui de recycler papiers, verres, cartons et plastiques, il n’en demeure pas moins que certains déchets organiques–les boues résiduaires– nécessitent une autre forme de traitement, en l’occurrence, le compostage. Ce processus s’avère une solution efficace, simple, économique et bénéfique pour l’individu, comme pour l’environnement. Les boues résiduaires des stations d’épuration sont des résidus issus de l’opération de décantation des eaux usées.

Il convient de souligner que ce type de déchets, très humides et riches en matières organiques, sont épandus comme amendement organique sur les terres agricoles, permettant ainsi une réduction significative des dépenses dans l’exploitation et l’augmentation de la qualité physique du sol. Dans une étude intitulée «Transformation de la matière organique au cours du compostage de boues des stations d’épuration et de déchets verts : approche expérimentale pour une production durable de compost», Mme Nadia Ramdani, étudiante à l’université Ahmed Ben Bella d’Oran, a réalisé un compostage des boues de stations d’épuration issues du traitement des eaux usées de la ville de Sidi Bel Abbès, afin de déterminer son impact sur le sol et le produit végétal et d’estimer sa valeur fertilisante.

«Cette étude a été exécutée pendant une période de neuf mois, les boues d’épuration on été recueillies de la station d’épuration de traitement aérobie de la ville de Sidi Bel Abbès (Ouest algérien). Les boues épaisses à 60 % on été mélangées avec des déchets verts à 40% (paille de blé 10 %, fumier 10 %, sciure de bois10 %, feuilles mortes10 %), dans un composteur en bois de 1,5 m3 de volume), pour aérer le mélange. Un brassage est effectué tous les 15 jours», précise l’étude. Afin d’estimer la valeur fertilisante du compost et d’évaluer son impact sur le sol et le produit végétal, la doctorante a procédé à des expérimentations sous serre. «Le compost est susceptible d’augmenter considérablement la croissance des plantes», révèle-t-elle. Dans le but de chiffrer le taux d’amélioration de la croissance, Nadia Ramdani utilise deux plantes, courantes en région de Sidi Bel Abbès, de familles différentes et dont les besoins en eau et en nutriments ne sont pas les mêmes. Il s’agit, d’une part, d’une variété d’orge commune (Hordeum vulgare), d’autre part, d’une plante annuelle commune, le pois chiche (Cicer arietinum).  

Pour l’effet de l’ajout du compost sur la croissance végétale, les résultats montrent «l’effet positif du compost sur la croissance de la hauteur de deux plantes (Cicer arietinum) et (Hordeum vulgare), autre que la couleur vive des plantes en présence du compost qui traduit une meilleur disponibilité de l’azote, la biomasse aérienne comme la biomasse racinaire sont significativement plus élevées dans les pots contenant du compost avec un pourcentage plus élevé que dans les pots qui en sont dépourvus», révèle la docteur. Il est également noté que pour la plante (Cicer arietinum) le poids sec total en présence du compost à 75% est de 2,74g et de 0,77g pour les témoins sol sans compost. «Le compost a donc favorisé considérablement la croissance des deux plantes. Cette augmentation est plus marquée pour les parties racinaires que pour les parties aériennes», se félicite la chercheuse. Cette dernière signale que les rendements les plus importants sont obtenus avec le traitement (75 % du compost), ce qui laisse penser que cette dose demeure satisfaisante pour améliorer la productivité du sol.

Résultats satisfaisants

En résumé, la doctorante affirme que «les résultats obtenus à travers les essais agronomiques ont montré que le compost peut être considéré comme un amendement organique qui permet d’améliorer les propriétés physiques et chimiques des sols et par conséquent les rendements des cultures, ainsi que le rythme de diffusion des nutriments et la capacité de rétention de l’eau. De même, nous avons remarqué l’amélioration des rendements des deux cultures. Cette évolution conduit à une stabilisation du produit fini que l’on peut valoriser en agriculture. Par ailleurs : Hordeum vulgare et Cicer arietinum est proportionnellement liée à la dose du compost. En effet, l’incorporation d’une dose de 75 % s’avère la meilleure alternative pour atteindre les meilleurs rendements».

Ces résultats très satisfaisants pourraient aider à faire sortir les boues des stations d’épuration de leur réputation de déchets, comme le souhaite la docteur,  pour en faire un produit utilisable en agriculture par sa valorisation en compost, sain, sans danger pour la santé et l’environnement et contenant une matière organique régénérée. «Notre étude s’est focalisée sur un procédé de compostage particulier, le compostage des boues des stations d’épuration et des déchets verts. En effet, ces deux types de déchets représentent une lourde charge pour l’ensemble des collectivités territoriales. En plus du coût engendré par la purification des eaux usées, le stockage des boues qui en résultent et la collecte des déchets verts constituent, ainsi que la valorisation de ces déchets, un fardeau financier pour les collectivités, mais aussi un problème environnemental majeur», explique-t-elle.

Selon l’étude, le compostage est une filière de recyclage prometteuse qui, à partir de ces boues, peut fournir un produit de qualité et d’aspect acceptable par le marché, tant du point de vue économique que psychologique du fait de l’hygiénisation et de la stabilisation. «Le compostage est le résultat de l’action de nombreux mécanismes chimiques et biologiques conduisant à des modifications de la composition et des structures chimiques qui permettent l’obtention d’une matière organique mature et stable. La valeur fertilisante du produit est un des premiers critères pour l’agriculteur», instruit-elle dans son travail. Ainsi, la qualité agronomique du compost des boues étudiées en tant qu’engrais a été recherchée. Le concept de maturité des composts et les méthodes de son évaluation ont été ainsi définis et discutés au cours de ce travail. Nadia Ramdani indique dans son étude que le travail de recherche a notamment été focalisé sur les processus de minéralisation et d’humification des matières organiques.

«Ces processus biochimiques successifs et parfois simultanés transforment un mélange initial de déchets constitués de matières organiques instables et très actives en un produit final contenant une matière organique homogène, stable et mature. Ils ont été examinés à l’aide d’un ensemble de méthodes chimiques et biologiques en utilisant des composts en andains d’âges et d’états d’avancement différents. Les méthodes ont tout d’abord confirmé l’existence des deux phases au sein du compostage : une première phase bio-oxydante, suivie d’une phase de maturation», note-t-elle. Ainsi donc, les résultats des analyses physicochimiques préliminaires ont démontré que leurs teneurs en azote, phosphore, potassium, calcium et magnésium sont de l’ordre des valeurs observées dans différentes études pour d’autres composts des boues utilisés comme engrais.

Fatma-Zohra Foudil
 

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