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Mobilité, détroussage

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le 14.06.17 | 12h00 Réagissez


Le programme d’échanges inter-universitaires Européen Erasmus fête ses 30 ans d’existence. Fort de sa notoriété planétaire dans un marché mondial de la mobilité estudiantine en forte concurrence -rappelons qu’aux Etats-Unis, les étudiants étrangers rapportent plus de 27 milliards de dollars par ans-, l’organisme se félicite de compter plus de 9 millions de participants et d’adhérents entre 2014 et 2016 et près de 2 millions de personnes qui ont bénéficié de ses programmes. Pour ce qui est de l’Algérie, il est révélé l’existence de 67 projets de mobilité liant des universités européennes et algériennes choisis entre 2015-2016 pour organiser la mobilité de 822 étudiants et personnels (677 en Europe et 145 en Algérie).

Ces étudiants bénéficieront ainsi de mobilités de différentes durées entre 3 et 12 mois pour obtenir des crédits dans une institution hôte afin de compléter leur formation LMD. Et Erasmus ne concerne pas que les étudiants, puisque des programmes sont également mis en place pour les enseignants et les employés de l’administration. Mais au-delà de ces chiffres et loin de l’idylle ainsi présentée, ces programmes de mobilité universitaire cachent –justement en adoptant le terme mobilité- leur essence même qui est le vol des compétences. Ce sont en fait des nouveaux outils agréés et acceptés par les différentes entités et organismes nationaux ou internationaux, pour servir de chasseurs de-têtes au bénéfice des universités, centres ou laboratoires de recherche en quête de matières grises imaginative, compétente et bon marché.

Au pire des cas, l’étudiant étranger est formaté pour servir après formation, les intérêts du pays formateur à partir de chez-lui. Ainsi, selon une enquête réalisée par BVA pour Campus France en 2014, de retour chez-eux, les étudiants formés deviennent d’«excellent ambassadeurs». «A son retour, seul un étudiant sur dix ne souhaite pas recommander la France pour des vacances, un séjour d’études, y travailler, y vivre ou investir», note l’étude.

A la lumière de ces révélations, il est aujourd’hui temps que l’Algérie de son coté et le ministère de l’enseignement supérieur fasse le bilan des acquis et avancées ou pas, réalisés à partir des conventions signés avec les différents organismes de mobilité universitaire. Dans un article au titre très explicite, «Quel gâchis !», le professeur Smaïn Goumeziane (ancien ministre et écrivain) écrit qu’«au bout du compte, le départ de 500 000 cadres d’Algérie (depuis une trentaine d’années) s’est donc traduit par un bénéfice global de l’ordre de 465 milliards de dollars pour les pays d’accueil».

Actuellement, le pays est en train de former gratuitement des universitaires pour les offrir ensuite aux chasseurs de têtes qui n’investissent finalement que peu pour tirer «le jus de neurones» pourtant très cher à acquérir. Sous l’image bienveillante et presque charitable que ces organismes aiment bien présenter, comme d’ailleurs les concours de différents types et différents horizons établis pour «filtrer» les meilleurs de nos étudiants, se cache une réalité bien moins agréable, celle d’un «détroussage» en règle de l’université et des compétences algériennes aussi jeunes soient-elles.

Samir Azzoug
 
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