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Master à distance : Une solution pour désengorger l’université

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le 20.09.17 | 12h00 Réagissez

Face à la surcharge des établissements de l’enseignement supérieur, la formation à distance est une solution à même de simplifier la gestion des flux dans laquelle se débat l’Université. Lancé l’année dernière dans quelques universités du pays, le master à distance est une formule qui attire les candidats et soulage les gestionnaires. Gain d’espace, de temps et d’argent ce mode de formation pourrait à long termes consacrer carrément l’indépendance financière des établissements qui la dispense. Pour l’heure, l’opération pilote n’a qu’une année et déjà on annonce que le diplôme dont seront titulaires les étudiants leur permettra de postuler pour le doctorat. L’avenir nous donnera plus de visibilité.

Cette année, l’université accueille plus de 1 655 000 étudiants, soit en augmentation de 16,5% par rapport à l’année précédente.

Un casse-tête pour les gestionnaires du secteur, qui annoncent toutefois avoir préparé quelque 1,4 million de places pédagogiques et 700 000 lits. L’enseignement supérieur, qui souffre d’une handicapante gestion des flux qui se répercute lourdement sur le fonctionnement général du secteur, tente de trouver un palliatif, entre autres à travers la modernisation de ses administrations et l’utilisation des nouveaux outils de communication, la e-administration.

Si pour la facilitation des opérations d’inscription, d’hébergement et autres démarches administratives une certaine amélioration est honnêtement constatée – malgré quelques couacs –, le recours à la formation à distance pourrait représenter la solution idoine pour désengorger les campus. Dès l’année dernière, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a lancé les master à distance. Une opération pilote initiée auprès de cinq universités, dont Alger 3 qui ouvrit une brèche pour la formation en comptabilité. «Jusqu’à présent, on est très satisfaits des résultats. Les étudiants inscrits dans cette formule sont très assidus et manifestent à travers leur régularité et leur sérieux l’intérêt qu’ils y accordent», assure le recteur de cette université, sans toutefois chiffrer ces «bons résultats».

Pour cette rentrée 2017-2018, Alger 3 a consacré un cinquième des inscriptions en Master à celui assuré à distance. «Sur 17 000 demandes, nous avons ouvert 5000 places de Master cette année dont 1000 en mode à distance», informe encore Rabah Chriet, en révélant la volonté d’aller plus tard vers la formation en doctorat dans ce mode d’enseignement. Mais pour l’heure, seule la spécialité «comptabilité» est assurée à distance et pour le diplôme de master.

«C’est l’avenir de la formation. Dans certains pays, l’essentiel de la formation supérieure se fait par le biais des nouveaux outils de communication ou par des modes hybrides (résidentiels et à distance). Cette formule désengorge les établissements et donne la chance à tout le monde pour parfaire sa formation. D’autant que les métiers évoluent et les techniques aussi. Les travailleurs se retrouvent parfois obligés de s’adapter et de suivre l’évolution des spécialités toujours plus pointues», explique le Pr Keddi Abdelmadjid, enseignant à la faculté des sciences économiques qui assure également le suivi des étudiants du master à distance.

«La formule est idéale pour les étudiants qui travaillent, habitent loin des établissements de formation ou ceux qui présentent un handicap», poursuit le professeur en notant que l’avantage le plus marquant de ce mode d’enseignement est qu’il permettra à long terme de garantir une certaine indépendance financière à l’établissement de formation. Car, il faut savoir que l’étudiant en Master à distance doit s’acquitter d’une somme de 10 000 DA lors de l’inscription. «C’est pour assurer le financement de l’encadrement.

Et je trouve que ce n’est pas vraiment cher pour une formation en post-graduation. Il n’y a qu’à voir dans le secteur privé, certaines formations de moindre importance sont facturées à plus de 250 000 DA», relève le recteur de l’université. Pour ce qui est de la qualité de la formation dans ce mode d’enseignement, le Pr Keddi rassure : «On dispense les mêmes cours, le même programme et les étudiants sont encadrés par les mêmes enseignants». «En plus de nos enseignants de la faculté des sciences économiques, on a fait appel à des universitaires praticiens pour accompagner ces étudiants», se félicite M Chriet. Mais est-ce que la mobilisation des enseignants pour cette formule n’ajoute pas une charge de travail supplémentaire à leur calendrier déjà assez chargé ? «Non, puisque les heures passées à suivre les étudiants à distance sont comptabilisées et déduites de leur emploi du temps», rassure le Pr Keddi. En termes pratiques, la formation à distance facilite largement la vie aux étudiants.

Ces derniers, une fois inscrits à la plateforme consacrée, ont le loisir de suivre les cours écrits ou filmés, de s’acquitter des devoirs et tests mis en ligne à l’heure qui leur sied. «Un tuteur ou encadreur est désigné pour chaque groupe d’étudiants. Il est là pour suivre leur évolution et répondre, le cas échéant, à leurs questions. Il y a, d’un côté, un système d’évaluation continue et un autre, c’est-à-dire les examens qu’ils effectuent à l’université», explique encore le Pr Keddi. Ainsi, l’enseignement supérieur à distance est une formule qui semble très avantageuse pour l’université, que ce soit en matière de réduction de coût, de gain de temps et d’opportunités offertes aux candidats.

Samir Azzoug
 
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